Marc Corriveau se tient sur la patinoire du canal Rideau.

Le canal Rideau: la patinoire de Marc Corriveau

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De l’étang gelé de son village natal du nord de l’Ontario à la patinoire du canal Rideau, il y a tout un monde. Pour Marc Corriveau, il y aura quand même toujours eu la même joie, la même passion, pour la glace.    

Responsable de la patinoire du canal Rideau à titre de directeur des terrains urbains et de la Ceinture de verdure à la Commission de la capitale nationale (CCN), il connaît tous les secrets de la plus grande patinoire du monde à laquelle il a été associé pendant toute sa carrière. D’abord comme employé saisonnier, jusqu’à ce qu’il en devienne le gestionnaire responsable, il y a plus de 15 ans. Un long chapitre professionnel qui se conclura bientôt puisque l’heure de la retraite a sonné.

« J’ai commencé à travailler à la CCN au début des années 1980 lorsque j’étais étudiant. J’étais alors responsable du concours de sculptures sur glace. Pendant presque un mois, nous couchions là et nous allions nous chercher du café sur la rue Preston. C’était le début de Bal de neige. Depuis ce temps, les choses ont bien changé », raconte M. Corriveau, natif d’Azilda, petit village situé près de Sudbury en Ontario.

C’est l’ancien président de la CCN, Douglas Fullerton, qui avait eu l’idée de faire une patinoire sur le canal Rideau, rappelle ce résidant d’Embrun.

« La première année, les employés utilisaient des pelles et des balais pour nettoyer la glace. Des chalets ont défoncé la glace. Par la suite, on a installé des bases de gravier pour régler le problème. Puis, on a commencé à nettoyer avec des souffleuses. Il fallait 25 employés qui prenaient quatre à cinq jours juste pour enlever la neige. Je disais qu’il manquait juste de la musique pour qu’on appelle ça un défilé. »

Puis, les équipements lourds ont fait leur apparition sur la surface glacée, avec les risques que cela comportait.

« C’était commun que les tracteurs s’enfoncent. Il fallait alors des grues pour les sortir. Il y avait un risque, mais les employés n’attachaient pas leur ceinture. Ils avaient le temps de sortir du tracteur avant qu’il ne s’enfonce. »

«Mon plus beau souvenir, c’était de mettre des sourires sur les visages des usagers», affirme le responsable du canal Rideau,
Marc Corriveau.

En 1994, un contrat est donné à l’entreprise Lafleur de la capitale pour l’entretien et d’ex-employés de la CCN ont continué à y travailler.

En 2000, l’entrepreneur Robert Taillefer (fils du propriétaire du pont de glace de Rockland-Thurso), propose de changer les méthodes d’entretien de la patinoire.

« Au lieu d’enlever la neige, il l’arrose, ce qui permet d’obtenir une surface glacée plus rapidement. L’entretien de la patinoire est désormais fait par trois machines, des Zamboni géantes », explique M. Corriveau.

« En moyenne, nous avons 52 journées d’ouverture du canal dont 40 de patinage. Nous sommes rendus à 62 jours [vendredi], dont 50 jours de patinage. Nous avons donc une très bonne année. La saison 1970-71 avait été exceptionnelle avec 80 jours d’ouverture. »

Pendant sa longue carrière, il a aussi longtemps été impliqué dans la programmation d’événements présentés à la pointe Nepean, des concerts pop, le spectacle Sons et lumières sur la colline parlementaire. Il a aussi mis en œuvre le programme Lumières de Noël ainsi que le Centre de service à la clientèle devant le parlement.

S’il a toujours été impliqué avec le canal Rideau l’hiver, l’été venu, il faisait partie du Cirque en bicycle sur le marché By, et s’est aussi occupé de faire tourner le train à vapeur à Wakefield.

Marc Corriveau peut dire qu’il a réussi à mettre des sourires sur les visages de millions de patineurs sur le canal Rideau, mais aussi de festivaliers qui ont assisté à des concerts et des événements dans la grande région de la capitale nationale.

Grand sportif, M. Corriveau souhaite profiter de la retraite pour faire diverses activités sportives, course à pied, vélo en salle, ski alpin, ski de fond, patinage, en plus de voyager. Et l’an prochain, il sera présent pour le 50e de la patinoire du canal, promet-il.

« Mon plus beau souvenir, c’était de mettre des sourires sur les visages des usagers. L’an prochain, nous allons vivre le 50e anniversaire de la patinoire du canal. J’y serai, mais cette fois-ci, comme usager du canal. Et j’aurai le sourire moi aussi sur mon visage. »