«Après la première mission, j’ai eu un coup de cœur», affirme l’opticienne de Gatineau, Élisabeth Duncan.
«Après la première mission, j’ai eu un coup de cœur», affirme l’opticienne de Gatineau, Élisabeth Duncan.

La vision du monde humanitaire d'Élisabeth Duncan

Depuis plus de 15 ans, Élisabeth Duncan, opticienne de Gatineau, participe à des missions humanitaires dans des régions du monde où les soins en optométrie sont souvent inaccessibles.

Tout juste rentrée de Tanzanie, où elle a travaillé pendant trois semaines, Mme Duncan tient à dire qu’elle a reçu plus des gens qu’elle a soignés qu’elle a donné au fil des ans. C’est tout dire de sa grande générosité et de son engagement pour l’entraide envers les plus démunis de la planète. 

« L’idée de faire une mission me trottait dans la tête et le projet s’est présenté pour aller en Amazonie, en 2004. J’avais trois enfants, âgés de 16, 13 et 10 ans. Avec l’entreprise et les enfants, il fallait que je m’organise. Mais après la première mission, j’ai eu un coup de cœur », a expliqué Mme Duncan, qui, depuis, a toujours dit oui à aller offrir ses services dans diverses missions à travers le monde.  

Sa mission en Tanzanie était sa 15e, avec Terre sans frontières. L’organisme québécois s’occupe de réunir une équipe multidisciplinaire composée de divers professionnels de la santé, notamment d’optométristes, d’opticiens, de dentistes, de physiothérapeutes, médecins et infirmières, qui vont offrir de la formation aux professionnels locaux et des soins à la population. 

L’opticienne gatinoise a ainsi offert ses services dans divers pays notamment en Haïti, au Bénin, au Togo, au Mexique.  

« Chaque mission a son lot de défis au niveau de la logistique, puisqu’il faut s’adapter aux conditions dans lesquelles on doit offrir les soins. Nous ne sommes pas dans nos bureaux. Quand on arrive sur les lieux, il faut trouver des tables, des chaises, des cordes d’extension, des batteries pour faire fonctionner nos appareils. Nous avons toujours une belle collaboration sur place », a expliqué Mme Duncan. 

En Tanzanie, Mme Duncan affirme avoir encore une fois eu la grande satisfaction d’avoir pu offrir des soins à plus de 1917 personnes en moins de 10 jours. De longues journées de travail, près de 10 heures par jour, qui demandent beaucoup d’énergie, pour offrir des services qui peuvent changer la vie des gens. 

« L’attente est souvent longue pour obtenir des services, mais les gens restent pacifiques et résilients. Et la réalité que les gens vivent est très différente de ce qu’on connaît ici. Par exemple, nous avons vu plusieurs personnes pour lesquelles il était nécessaire de faire des interventions pour des cataractes. Souvent, la perte de vision est presque totale. Alors, l’intervention qui sera faite au cours des prochains mois permettra dans plusieurs cas de libérer un enfant qui s’occupait de cette personne plus âgée afin qu’il puisse retourner sur les bancs d’école. » 

Au cours de ces missions, des liens se tissent entre les professionnels. Et plusieurs d’entre eux acceptent de renouveler l’expérience.  

« Sur les 22 participants de la mission en Tanzanie, j’en connaissais dix. » Elle ajoute que ses collègues sentent aussi le besoin de venir en aide à ces populations pour qui les soins sont difficiles d’accès ou carrément inaccessible. Ils sont aussi là pour vivre cette expérience unique qui permet de vivre de beaux moments, souvent inoubliables.  

« Quand on revient d’une telle mission, il y a quelque chose qui te permet de remettre les choses à la bonne place », dit-elle. 

Quand on lui demande si elle sera d’une 16e mission humanitaire, Mme Duncan voit déjà dans sa boule de cristal et répond sans hésitation : « Il y en a déjà une en préparation pour l’automne prochain. C’est à peu près certain que je vais m’organiser pour y aller. »