Nicolas Villeneuve, 18 ans, accumule les kilomètres sur le circuit des courses à obstacles Spartan.

La passion des obstacles

Nicolas Villeneuve n’a pas peur des obstacles. Il court même pour les affronter.

Le jeune homme de 18 ans, de la municipalité de Saint-Sixte dans la Petite-Nation, vient de participer au Championnat du monde des courses Spartan, disputé au lac Tahoe en Californie.

L’épreuve regroupait les meilleurs du monde entier sur un parcours montagneux où ils doivent affronter différents obstacles. Nicolas a terminé 134e sur 186 dans la course de 23 kilomètres, en un temps de 3 h 45. Il était là-bas, dit-il, pour apprendre.

« Au début, j’y allais pour prendre de l’expérience, voir le niveau de calibre mondial, pour constater mes forces et mes faiblesses. Maintenant, je vais pouvoir ajuster mon entraînement. Je veux bâtir sur ce que j’apprends lors de mes courses, a raconté Nicolas, à son retour des États-Unis. J’ai toujours aimé les sports. Et j’adore le concept de ces courses Spartan qui te pousse à des limites physiques et mentales. C’est un beau mixte. »

Lors du Championnat du monde, il a pu s’entraîner avec le Montréalais Samuel Hébert, un des meilleurs athlètes canadiens. « Il a toujours été une inspiration pour moi. Nous avons pu courir ensemble et il m’a beaucoup encouragé. »

Malgré son jeune âge, Nicolas cumule déjà une bonne dizaine de participations à ces courses Spartan. Selon la distance, les coureurs doivent franchir entre 25 et 35 obstacles. Sa toute première fut en août 2015 alors qu’il n’avait que 15 ans. L’épreuve avait lieu au Mont-Ste-Marie où il avait terminé 64e sur plus de 1500 compétiteurs.

Puis, à peine un mois plus tard, soit le 19 septembre 2015, il faillit perdre la vie lors d’un accident de quatre roues (VTT).

« Mon ami qui roulait en face de moi est arrivé devant des chevaux qui se trouvaient dans une courbe sur la piste. Il a pu ralentir et les éviter. Mais moi, j’ai freiné, et j’ai été propulsé en avant. Le VTT est ensuite passé sur moi. J’ai eu des côtes fracturées, les poumons perforés, la rate lacérée et j’ai subi une commotion cérébrale. J’ai été transporté d’urgence à l’hôpital de Hull, puis au CHEO à Ottawa. À mon arrivée, les médecins n’étaient pas certains si j’allais survivre. J’ai passé trois jours aux soins intensifs, puis sept jours à l’hôpital. »

Quand on veut, on peut

Malgré cet accident qui aurait pu lui être tragique, Nicolas a dû arrêter la pratique de sports pendant trois mois. Puis, il s’est remis à s’entraîner. Encore plus sérieusement.

« Je n’ai pas eu de séquelles, sauf deux petites cicatrices. Par la suite, l’accident a été pour moi, une source de motivation. Malgré tout ce qui est arrivé, je me suis toujours dit : “quand on veut, on peut”. »

Puis à 16 ans et 17 ans, il court plus d’une dizaine d’autres courses à Stoneham près Québec, dans les Cantons de l’Est, à Calabogie près d’Ottawa, puis Toronto. Cet été, iI a gagné sa participation au Championnat du monde lors d’une course à Québec où il avait terminé 7e au pays. « Lors du dernier sprint, j’ai donné le tout pour le tout. »

Les meilleurs athlètes de cette discipline arrivent au sommet de leur forme vers la fin de la vingtaine, début trentaine. Nicolas a donc encore plusieurs années pour arriver à ce niveau et il a bien l’intention de faire les sacrifices pour y arriver.


«  L’accident a été une source de motivation. Malgré tout ce qui est arrivé, je me suis toujours dit : “quand on veut, on peut”.  »
Nicolas Villeneuve, de Saint-Sixte

Sur la ferme familiale, il s’est construit un module d’entraînement avec un mur d’escalade qui lui permet de développer sa force musculaire. Il s’entraîne aussi dans la montagne située tout près. Sans entraîneur, il adapte lui-même ses entraînements. L’hiver, c’est le studio 148, de Papineauville, qui l’appuie en lui offrant de s’entraîner gratuitement.

S’il a bien l’intention de poursuivre sa carrière de coureur dans les courses Spartan, Nicolas étudie au Collège d’Alfred dans le but de prendre la relève de la ferme familiale de Saint-Sixte.

« Je me fixe toujours des buts. Je travaille ensuite pour les atteindre », a raconté Nicolas.

Avec une telle détermination et assurance, on osera croire qu’il est bien parti pour y arriver.