La militante, Elsa Lalonde

La mission d’Elsa Lalonde

La Franco-Ontarienne Elsa Lalonde, 21 ans, milite depuis trois ans pour que l’Université d’Ottawa améliore l’accessibilité sur son campus aux personnes handicapées. Ses efforts ont été récompensés cette semaine alors qu’on lui a décerné le prestigieux prix Dr. John Davis Burton qui reconnaît la contribution exceptionnelle d’un étudiant des universités et des collèges d’Ottawa à l’amélioration de la qualité de vie des personnes vivant avec un handicap. Le Droit et Radio-Canada la félicitent à leur tour en lui décernant le titre de Personnalité de la semaine.

« Je suis très contente de recevoir ce prix, a-t-elle dit. Je suis contente de savoir qu’il y a d’autres personnes qui reconnaissent le travail que je fais et qui ont les mêmes valeurs que moi face à l’intégration des étudiants ayant une variété de handicaps. »

Elsa Lalonde se déplace en fauteuil roulant depuis qu’un grave accident de ski survenu en 2009, alors qu’elle était âgée de 12 ans, lui a presque coûté la vie et l’a laissée paraplégique. Et à son arrivée à l’Université d’Ottawa pour poursuivre ses études en sciences sociales, cette diplômée de l’école secondaire publique Gisèle Lalonde a vite constaté plusieurs lacunes sur le campus en ce qui a trait à l’accessibilité pour les personnes handicapées.

« En tant qu’étudiante qui se déplace en fauteuil roulant, dit-elle, j’ai fait face à beaucoup de difficultés pour avoir accès à mes classes dans certains locaux. Je n’ai donc pas le choix de me battre pour que l’université améliore l’accessibilité aux personnes handicapées. Et j’y travaille depuis plusieurs années. Pourrait-on, par exemple, changer un cours de place quand la classe n’est pas accessible aux personnes handicapées ? C’est quelque chose que l’Université a beaucoup de difficultés à faire. Et puisque personne à l’Université n’a pris en charge ces problèmes-là pour y apporter des changements, il a fallu que je me tourne vers le Tribunal des droits de la personne », laisse-t-elle tomber.

Une décision dans cette cause devrait être rendue après les Fêtes.

En plus de ses études universitaires à temps plein, Elsa Lalonde travaille à temps partiel comme analyste au Bureau de la condition des personnes handicapées du Canada où elle contribue à l’élaboration d’une loi pour l’accessibilité dans les édifices et lieux fédéraux.  

Elle est aussi bénévole à Lésions médullaires Ontario, au Centre de réhabilitation d’Ottawa, où elle offre conseils et soutien aux patients qui ont subi un accident grave.

« Ce sont souvent des gens qui seront en fauteuil roulant pour le restant de leurs jours, explique-t-elle. C’est un choc lorsqu’on apprend ça. J’en sais quelque chose. 

« Donc puisque je suis passée à travers ce traumatisme il a plusieurs années, je rencontre ces gens pour leur dire que c’est possible de vivre une belle vie satisfaisante malgré son handicap. J’ai une expérience de vie que je peux partager et que les médecins n’ont pas nécessairement.

« Et je travaille aussi sur un projet personnel, ajoute-t-elle. Soit celui de construire un parc pour enfants totalement accessible aux personnes handicapées dans ma ville natale de Rockland. Ce projet a été approuvé par la Ville. Il faut maintenant recueillir les fonds nécessaires pour sa réalisation. »