La Dre Claudel Pétrin-Desrosiers s’intéresse aux conséquences de la pollution atmosphérique et de ses effets néfastes sur la santé humaine.

La Dre Desrosiers interpelle la planète

Chaque semaine, Le Droit rencontre une personne afin de souligner une réalisation exceptionnelle ou une contribution significative à la vie ou au rayonnement de la région. Cette semaine : la docteure Claudel Pétrin-Desrosiers.

Les inondations, les chaleurs et les froids extrêmes ont des conséquences sur la santé des personnes que les autorités ne peuvent plus ignorer. Depuis déjà quelques années, la médecin gatinoise Claudel Pétrin-Desrosiers s’implique pour faire reconnaître l’urgence que posent les changements climatiques sur la santé des populations du monde entier.  

« Les changements climatiques ont des conséquences majeures et sont désormais un défi de santé publique universelle », explique la Dre Desrosiers, médecin-résidente en médecine familiale au CLSC des Faubourgs et responsable des relations médias du comité québécois de l’Association canadienne des médecins en environnement (ACME).

Native de Gatineau, la Dre Desrosiers est une ancienne étudiante du collège Saint-Alexandre et du Cégep de l’Outaouais. Elle a ensuite entrepris en 2011 ses études en médecine à l’Université de Montréal, tout en s’intéressant aux conséquences de la pollution atmosphérique et de ses effets néfastes sur la santé humaine.

Elle a déjà remporté plusieurs honneurs, dont le prix de leadership pour les étudiants en médecine du Collège des médecins de famille du Canada. Elle a notamment participé à divers stages de recherche au Nunavik, à l’Organisation mondiale de la santé à Genève, de même qu’à l’Agence de la santé et des services sociaux de l’Outaouais. Elle a aussi été impliquée au Centre de pédiatrie sociale de Gatineau.

Selon l’Organisation mondiale de la santé, il s’agit de la plus grande menace à la santé du XXIe siècle. Au Canada, la pollution est responsable de 14 000 décès par an et au Québec, 20 000 personnes en mourront au cours des 50 prochaines années.


«  Je veux poursuivre le travail dans le cadre de cette réflexion globale au sujet de la santé dans la perspective des changements climatiques.  »
Dre Claudel Pétrin-Desrosiers

Récemment, c’est en partie grâce à son travail et son engagement que plus de 20 organisations de santé ont décidé de faire front commun pour manifester dans différentes villes du Québec afin de rappeler que les changements climatiques ont des conséquences négatives sur la santé.

« Nous avons fait une sortie le 23 avril dernier. Il y a eu plus de 200 mentions dans les médias québécois. L’ampleur de la réaction témoigne de l’importance de notre message pour les parents et les enfants. Nous voulons rappeler le côté humain du défi des changements climatiques sur le plan de la santé », a expliqué la Dre Desrosiers.

Lors d’un stage à Genève, elle a travaillé avec quatre autres étudiants pour préparer des arguments pour défendre la santé lors de la conférence de Paris sur l’environnement. C’est pendant son séjour qu’elle s’est rendu compte de l’ampleur des conséquences planétaires des changements climatiques sur la santé, a-t-elle expliqué en entrevue.

« Les événements météo extrêmes vont augmenter en fréquence et ne seront pas sans risques. On parle beaucoup de situations dramatiques qui créent de la vulnérabilité psychologique allant jusqu’au stress post-traumatique, les infections, et autres. Si on parle d’une maladie qui va tuer 20 000 personnes, c’est difficile de dire ‘je m’en balance’. Alors quand on parle des impacts, avec des cas concrets sur des impacts sur la santé, cela permet d’activer les choses », a-t-elle souligné.

Récipiendaire d’un prix du concours Forces Avenir en 2012, elle se trouvait récemment à l’Université du Québec en Outaouais à titre de membre du jury de la prochaine édition de ce concours qui récompense le travail des étudiants du Québec.

Au cours des prochaines années, la Dre Desrosiers a bien l’intention de continuer à s’impliquer dans l’espace public afin que la santé devienne une priorité lorsqu’il est question d’environnement. Elle entend poursuivre son travail en clinique et au niveau communautaire. Elle aimerait aussi faire une maîtrise en environnement afin de mieux intégrer les deux composantes dans son engagement dans l’espace public et son engagement citoyen.

« Ce qui est important pour moi, c’est de continuer à faire de la médecine clinique, poursuivre mon engagement communautaire et faire de la recherche. Je veux poursuivre le travail dans le cadre de cette réflexion globale au sujet de la santé dans la perspective des changements climatiques. »