Ginette Gratton adore travailler avec son équipe de bénévoles et de stagiaires à la Maison Marie-Louise.

Ginette Gratton: ne jamais avoir peur de ce que l’on veut

Chaque semaine, Le Droit rencontre une personne afin de souligner une réalisation exceptionnelle ou une contribution significative à la vie ou au rayonnement de la région. Cette semaine, Ginette Gratton, pour son engagement et son implication envers la francophonie ontarienne.

L’enseignante et animatrice Ginette Gratton, de Vanier, est bien connue pour son engagement et son implication à l’avancement et l’épanouissement de la francophonie ontarienne. 

Depuis un an et demi, elle occupe un nouvel emploi qui l’a sortie de sa zone de confort, mais qui lui sied comme un gant.

Après avoir été tour à tour enseignante au primaire, à l’université, au collégial et avoir passé plusieurs années dans le monde des communications en relations publiques puis comme animatrice de télévision, elle a décidé de faire un détour inattendu pour devenir directrice de la Maison Marie-Louise dans le secteur Vanier.

Cette maison de quartier francophone, située au 235 avenue Ste-Anne, est unique en son genre tant par son accueil que par ses activités pour soutenir et outiller les familles, notamment les nouveaux arrivants, dans leur cheminement.

Le projet, lancé il y a déjà plusieurs années avec l’appui des Sœurs de la Sagesse, est un organisme à but non lucratif qui sert en même temps de lieu d’aiguillage vers les différents services disponibles dans la communauté.

Alors qu’elle était déjà membre du conseil d’administration, Ginette Gratton n’a pas hésité à faire connaître son intérêt pour assumer le rôle de direction lorsque l’ancienne directrice a quitté l’organisme.

« Lorsque j’ai su que la directrice partait, je ne pouvais pas dormir la nuit en me disant qu’il fallait que je donne mon nom pour cet emploi. Je suis entourée d’une équipe formidable, avec plusieurs bénévoles et des stagiaires de technique en travail social de la Cité collégiale. J’ai toujours trouvé très important partout où je suis passée comme chef de file d’accueillir des stagiaires avec qui on peut partager notre expérience et qui peuvent apprendre beaucoup dans un milieu comme celui-ci. L’enseignement fait partie de ma vie », a expliqué l’aînée d’une famille de sept enfants de Vanier.

Si ses frères Michel et Denis se sont fait connaître par leur plume dans les médias, ses deux fils Jean-François, 42 ans, réalisateur de documentaires et Pierre-Yves, 40 ans, musicien, ont des carrières eux aussi « en dehors du statu quo », comme l’explique leur mère.

« Moi, je suis née à Vanier. Et comme l’aînée d’une famille de sept enfants, j’ai appris à ne jamais avoir peur, de ne pas avoir peur de faire ce que l’on veut. Moi, je ne fais pas de distinction entre ma vie personnelle, professionnelle et communautaire. L’important, c’est d’être intègre de la même manière partout. Si je fais quelque chose et que ma tête ou mon cœur n’est pas d’accord, ça me rend physiquement malade », a expliqué la directrice de la Maison Marie-Louise.

C’est d’ailleurs le défi lancé par les Sœurs de la Sagesse, de redonner son caractère unique à la Maison, qui a motivé la décision de Mme Gratton d’y consacrer ses énergies alors que plusieurs autres projets intéressants se présentaient à elle. Depuis, elle a relancé les activités de financement, parmi lesquelles le Service d’aide aux familles et un magasin d’articles essentiels qui connaît beaucoup de succès dans la communauté.

« Les Sœurs de la Sagesse ont toujours occupé une place dans ma vie depuis que je suis toute petite. Elles m’ont formée. Elles m’ont appris le piano. C’est la même chose pour ma mère, ma tante Gisèle Lalonde. Alors je peux vous dire que je me sens très bien parce que nous avons réussi à redonner à la Maison sa mission première qui était d’aider les familles. Ici, tout se passe en français et nous encourageons même les nouveaux arrivants à envoyer leurs enfants à l’école française, en rappelant l’importance de garder notre langue », explique Mme Gratton.

Malgré tout le temps qu’elle consacre à sa nouvelle mission, Ginette Gratton n’a pas réussi tout à fait à laisser tomber son amour pour les médias. Et surtout pour les entrevues, un art qu’elle a peaufiné pendant toutes ces années à la télévision communautaire Rogers où elle a animé une émission.

En septembre, elle fera des entrevues diffusées tous les jeudis à l’émission du midi à l’antenne de la radio Unique FM. Un retour où elle promet de présenter des gens de la communauté franco-ontarienne qui font partie de son monde et qui continuent à occuper encore tout son temps.