Le Gatinois Germain Carignan a reçu le prix Renaud-Brochu pour son engagement bénévole de la Fédération québécoise des sociétés de généalogie.

Germain Carignan: de la chimie à la généalogie

Chaque semaine, Le Droit rencontre une personne afin de souligner une réalisation exceptionnelle ou une contribution significative à la vie ou au rayonnement de la région. Cette semaine, Germain Carignan, pour son engagement bénévole auprès de la Fédération québécoise des sociétés de généalogie.

Quand Germain Carignan a pris sa retraite comme chimiste au ministère fédéral de la Santé, il avait déjà trouvé un hobby pour occuper son temps. 

La généalogie. 

Et depuis 15 ans, il a non seulement découvert ses origines à lui, mais il a passé son temps à aider les autres à découvrir leurs ancêtres.

Son engagement et son dévouement à la Société de généalogie de l’Outaouais (SGO) lui ont permis de décrocher le prestigieux prix Renaud-Brochu pour son engagement bénévole de la Fédération québécoise des sociétés de généalogie.

Membre de la SGO depuis 2004, il a fait partie du conseil d’administration de 2009 à 2012, puis en 2014 et 2016. 

Il est bénévole depuis 2005 et est devenu chef de l’équipe. 

Avec sa collègue adjointe, Marie-Josée Raby, il supervise une trentaine de bénévoles qui assurent une présence dans la salle de recherche pour conseiller les visiteurs et guider les chercheurs. 

Il s’assure aussi que les conseillers bénévoles reçoivent la formation adéquate, et élabore l’horaire de travail des conseillers.

« Lorsque j’ai pris ma retraite, j’avais simplement une curiosité de savoir d’où venaient mes ancêtres. Et depuis 15 ans, ça ne lâche pas », raconte M. Carignan, qui est originaire d’Amos. 

Après des études à Sherbrooke, il a travaillé à Montréal, puis a commencé sa carrière dans la fonction publique à Ottawa. 

Il habite la région depuis 1973.

À partir de ses recherches sur son nom de famille, il a découvert quelque chose de particulier. 

Le nom Carignan est typiquement québécois et il s’en trouve peu en France.

Son ancêtre portait le nom de famille Duclos. 

Mais à l’époque, en 1650-1660, le Régiment de Carignan était très connu.

Un des enfants Duclos qui portait un uniforme de la milice se faisait appeler soldat de Carignan par les villageois, même s’il n’était pas membre du régiment. 

Après quelques générations, les Duclos-Carignan sont devenus les Carignan.

Autre fait inusité : les cinq branches de Carignan au Québec avaient un seul point de départ commun et ils portaient tous l’uniforme.


«  Lorsque j’ai pris ma retraite, j’avais simplement une curiosité de savoir d’où venaient mes ancêtres. Et depuis 15 ans, ça ne lâche pas.  »
Germain Carignan

« Les origines des noms, c’est un peu cela. C’est simple. Ils relatent des lieux, des métiers, des façons de faire, un trait commun comme les Carignan qui portaient l’uniforme », explique-t-il.

Mais ses recherches l’ont aussi un peu déçu. Il aurait bien aimé qu’un lien soit confirmé avec le régiment Carignan. 

« C’était plus une déception qu’une surprise, car j’aurais aimé que mon ancêtre soit du régiment Carignan. Mais ce n’était pas le cas. Il portait seulement l’uniforme de la milice, qui servait à défendre les villageois. »

M. Carignan se plaît à aider les autres à découvrir leurs origines. 

« C’est sûr que j’aime aider les gens. C’est aussi un peu mon réseau social, car on discute de choses et d’autres. Je m’implique parce que je voulais redonner à la société ce que j’avais reçu. Nous formons une belle et bonne équipe. Lorsqu’un bénévole doit s’absenter, c’est facile de trouver quelqu’un pour le remplacer car les gens travaillent en équipe. »

Le travail de recherche s’appuie évidemment sur différentes bases de données, sur les ordinateurs. Le programme de démographie historique initié par l’Université de Montréal est aussi très utile.

« Nous avons accès à tous les documents de 1608 à 1800, tous les actes de baptêmes, de mariages, de sépultures de la Nouvelle-France. C’est toutefois plus difficile à partir de 1900. Nous avons très peu de bases de données et la confidentialité des données personnelles nous limite. Il faut souvent se baser sur les documents de familles. »

M. Germain aimerait bien que les jeunes s’intéressent davantage à la généalogie. En 2010, il avait participé à un projet de « jeunéalogie » de la SGO qui a permis d’initier des élèves de 6e année à la généalogie. 

Le projet leur a valu un prix de la Fédération québécoise des sociétés de généalogie.

« Il y a encore trop peu de jeunes qui s’intéressent à la généalogie. Mais je peux imaginer qu’ils vont s’y intéresser lorsqu’ils seront plus âgés. »