Le responsable du Cercle littéraire de l’Institut canadien-français, Rhéal Sabourin, était un ami du frère Maurice Lapointe (ci-contre).

Frère Maurice Lapointe: une histoire à ne jamais oublier

Le frère Maurice Lapointe a accompli un travail titanesque au cours de sa carrière en étant à l’avant-garde dans la promotion des droits à une éducation complète en français en Ontario.

Enseignant, il a compris qu’il pouvait faire une grande différence auprès des étudiants par son enseignement. Mais c’est surtout pour son rôle déterminant dans la mise sur pied des conseils scolaires francophones pour la jeunesse franco-ontarienne qu’il aura laissé sa marque. 

Dans le livre 50 ans en francophonie ontarienne, le frère Lapointe, qui est décédé en 2015, relate tout le chemin parcouru au cours de sa longue carrière vouée à l’éducation de la jeunesse franco-ontarienne. 

La rédaction de ses mémoires s’est terminée en septembre 2007. Mais ce n’est que récemment, le 22 septembre dernier, qu’elles ont été officiellement publiées. Le lancement du livre a eu lieu en présence de plus d’une centaine de personnes à l’Institut canadien-français d’Ottawa. 

« Malgré tout le travail qu’il faisait pour nos institutions scolaires francophones, il n’aimait pas faire la une. Il avait écrit ses mémoires et il en avait donné des copies à quelques amis. Nous sommes un groupe d’amis qui tenions à ce que ses mémoires soient publiées parce que nous tenions à ce que son histoire soit connue », a indiqué Rhéal Sabourin, responsable du Cercle littéraire de l’Institut canadien-français, et ami du frère Lapointe.   

« Des historiens ont fait un excellent travail au sujet de l’histoire de nos institutions scolaires depuis les années 1960. Mais ce que Maurice nous laisse aujourd’hui est unique. Ce sont ses mémoires et à ce que je sache, il est le seul à l’avoir fait », a-t-il ajouté. 

Le frère Maurice Lapointe

Fils d’une famille modeste de la basse-ville d’Ottawa, le jeune Maurice fréquenta gratuitement l’Académie De La Salle qui était alors une institution privée. 

Dans le prologue de son livre, il dit avoir pris conscience très jeune de « l’injustice qui frappait les francophones dans la poursuite de leurs études […    ] Mais à douze ans, que peut-on faire ? », écrit-il. 

Ses enseignants deviennent des modèles pour lui et l’admiration qu’il leur voue le mène à se joindre à la communauté des Frères des écoles chrétiennes. « Ils ont sans doute influencé implicitement mes luttes pour que les Franco-Ontariens aient leurs écoles et jouissent de l’enseignement dans leur langue. »

Après avoir été enseignant, le frère Lapointe est nommé en 1962 directeur adjoint de l’Académie De La Salle (aujourd’hui l’école secondaire publique De La Salle). Trois ans plus tard, il est promu directeur de l’institution d’enseignement.  

Il jouera ensuite un rôle clé dans la mise sur pied des premières écoles secondaires publiques de langue française en Ontario, du Conseil scolaire de langue française d’Ottawa-Carleton et de La Cité collégiale.   

Dans son livre, M. Lapointe explique son engagement pour la cause : « Pour moi, les engagements successifs ont créé l’appartenance. Ils ont fait de moi un Franco-Ontarien qui s’est soucié de plus en plus du bien-être des siens et qui a voulu le faire dans le domaine de sa compétence et de la carrière choisie », écrit-il. 

C’est toujours avec humilité, raconte M. Sabourin, qu’il a assumé le destin qui était le sien.  Un passage de son livre en témoigne : « Dans cet édifice franco-ontarien, j’ai pu poser ma pierre à la suite d’autres qui avaient établi les fondations. Je l’ai fait avec beaucoup d’autres. Leurs pierres ont été aussi importantes que la mienne. Je souhaite que leur contribution soit mieux connue. »