François Bazinet est devenu le spécialiste des projets de Monuments de la francophonie dans l’Est ontarien.

François Bazinet: le vent dans les voiles

Chaque semaine, Le Droit rencontre une personne afin de souligner une réalisation exceptionnelle ou une contribution significative à la vie ou au rayonnement de la région. Vous connaissez une personne qui mérite d'être notre tête d'affiche, communiquez avec nous. Écrivez-nous à nouvelles@ledroit.com.

Lorsqu’il était professeur de mathématiques et d’informatique, à Cornwall, François Bazinet avait l’habitude d’inviter ses étudiants à écouter une émission de télévision en langue française par semaine. Puis, il les invitait à discuter du contenu, un petit geste qui lui permettait de contribuer à maintenir vivante la francophonie dans son école secondaire.

Depuis qu’il a pris sa retraite de l’enseignement, il a trouvé bien d’autres façons de poursuivre cet engagement envers la francophonie, en s’impliquant dans un nombre impressionnant d’organismes francophones, tant de Stormont, Dundas et Glengarry que dans Prescott-Russell.

Récipiendaire du Prix Richelieu de la francophonie 2018, M. Bazinet, de Fynch, petite municipalité située dans l’Est ontarien entre Cornwall et Ottawa, est un membre actif du Club Richelieu depuis 2010. Il en est d’ailleurs trésorier depuis 2013.

En plus d’être conseiller élu au Conseil scolaire de district catholique de l’Est ontarien, il en est le président depuis deux ans, une expérience qui lui a permis d’apprendre beaucoup, dit-il, lui qui avait été président local de son syndicat d’enseignants.

« Je n’avais aucune idée de ce que pouvait représenter le travail de président d’un conseil scolaire. Mais je me suis dit que je pourrais contribuer en connaissance de cause, puisque j’avais été impliqué auparavant comme président de mon syndicat », raconte-t-il.

Monuments de la francophonie

Au cours de la dernière décennie, François Bazinet est surtout devenu le spécialiste des projets de Monuments de la francophonie dans l’Est ontarien.

Entre 2004 et 2008, il avait été nommé responsable de la Politique d’aménagement linguistique au niveau du Conseil scolaire de district catholique de l’Est ontarien, une expérience qui l’a ensuite incité à coordonner le projet de Monument de la francophonie de Cornwall, inauguré en 2010. Par la suite, il a été invité à participer à l’organisation et au financement du Monument de la francophonie à Hawkesbury, inauguré en 2014.

Depuis, il participe à titre de consultant pour un projet semblable auprès de la communauté d’Embrun, qui doit être inauguré en septembre prochain.

« Avec un monument, il y a maintenant un symbole de la vitalité francophone, autant pour nous que pour les visiteurs ou les gens qui désirent venir s’installer dans nos communautés. Des fois, en passant devant un tel monument, cela peut faire la différence entre aller s’installer à Ottawa, par exemple, ou dans une de nos communautés où les francophones sont actifs », explique M. Bazinet.

Mais un monument dédié à la francophonie est aussi une façon de rendre hommage aux bâtisseurs francophones.

« C’est un hommage à nos ancêtres. Beaucoup font une contribution au nom de leurs parents ou grands-parents. C’est un legs patrimonial pour tout le monde », poursuit-il. C’est en cumulant toutes ces expériences au niveau scolaire et communautaire qu’il dit avoir compris l’importance de s’impliquer pour faire une différence.

« Toutes ces expériences m’ont permis de mieux comprendre l’importance de travailler non seulement au niveau scolaire, mais aussi au niveau communautaire. Maintenant, j’appelle cela de l’aménagement linguistique communautaire. »

Lors de la remise de son prix Richelieu de la francophonie 2018, M. Bazinet a reçu une plaque du Club Richelieu, mais aussi un Atlas universel de l’Unesco remis par des représentants de l’Ambassade de France, un geste lui a fait chaud au cœur, tout comme les messages d’appuis qu’il a reçus depuis.

« Je dois à mon tour rendre hommage à toute ma famille. Lorsque je reçois un message de mes petits-enfants qui disent qu’ils sont fiers de ce que je fais, c’est l’appui que me donne le vent dans les voiles. Après tout, c’est un héritage que je veux leur laisser. »