Étienne Bélanger, étudiant en cinquième secondaire, tente de comprendre la manière dont réagissent les gens.

Étienne Bélanger : mieux comprendre l’empathie des gens

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Devant une cause humanitaire, les gens réagissent en fonction de différents facteurs qui sont parfois difficiles à comprendre pour offrir des dons à des organismes ou des causes humanitaires. Les sommes amassées ne concordent pas toujours avec l’ampleur de la souffrance vécue par les victimes.

Étienne Bélanger, un étudiant de cinquième secondaire de l’école secondaire du Versant à Gatineau, n’a pas hésité à aller au bout de sa curiosité pour comprendre le phénomène, même si les gens de son entourage se demandaient si le sujet de recherche qu’il voulait aborder avait vraiment un lien avec l’Expo-sciences Hydro-Québec, événement reconnu pour les expériences menées en sciences pures. Les gens oublient toutefois que cet événement offre la possibilité à des étudiants de faire des expériences en sciences sociales.

Après l’étape régionale, Étienne a remporté à l’Expo-sciences Hydro-Québec provinciale une place à la finale pancanadienne, qui aura lieu à Fredericton les 11 au 18 mai prochain. L’étudiant gatinois sera en lice pour mettre la main sur un prix dans la catégorie Découverte.

« Dans mon projet, j’ai fait un sondage auprès de la population pour vérifier si des facteurs comme l’engourdissement psychique et la pseudo-efficacité avaient de l’influence sur la volonté des gens à donner pour la cause. Mon but est d’établir des stratégies que peuvent employer les organismes communautaires afin de maximiser les dons pour les victimes de catastrophes humanitaires », a indiqué Étienne.

À l’origine, c’est la réaction spontanée des gens qui ont donné 12 millions $ en seulement une dizaine de jours pour les victimes de la tragédie impliquant les joueurs de hockey décédés dans un accident d’autocar en Saskatchewan, qui a incité Étienne à élaborer un sondage pour tester les réactions des gens face à une cause qui implique des victimes de tragédies.

« Dans le sondage que j’ai élaboré, il y avait deux situations fictives. Dans le premier, il y avait 100 000 blessés et 20 000 victimes lors d’un séisme en Haïti, ainsi que 50 orphelins laissés à la rue. Les dons devaient servir à aider 10 enfants sur les 50 orphelins. Dans le second cas du sondage, il s’agissait d’une petite orpheline de 8 ans du Yémen, appelée Soura, pour laquelle les gens pouvaient donner des dons afin qu’elle puisse immigrer au Canada. Les répondants devaient indiquer à quelle cause il acceptait de verser un don de 50 $ », a raconté Étienne.

En théorie, selon les nombreuses études réalisées sur les dons, dont celles menées par le psychologue américain Paul Slovic, la majorité des gens contribuent au cas où ils peuvent voir la photo d’une victime. Selon le phénomène d’engourdissement psychique, plus le nombre de victimes est élevé, plus l’empathie envers les victimes diminue.

Plus de 220 personnes ont répondu au sondage, et contrairement à ses attentes, seulement 25 % des gens étaient favorables à contribuer pour aider la jeune orpheline du Yémen.

Une photo d’une enfant accompagnait la présentation du cas lors du sondage, ce qui aurait normalement dû lui accorder plus de soutien de la part des répondants. C’était toutefois intéressant de constater que 40 % du 25 % des répondants favorables à aider la jeune orpheline du Yémen donnait davantage parce qu’il y avait une photo d’elle », souligne Étienne

« J’étais restreint dans le temps, si bien que j’ai réalisé le sondage auprès de personnes de 18 ans et plus, à qui je devais demander leur consentement par écrit, ce qui aurait été plus difficile avec des répondants de moins de 18 ans. J’ai demandé l’aide des membres de ma famille, mais aussi du personnel et des enseignants de mon école. J’ai aussi eu l’aide des enfants de mon enseignante qui ont fait circuler le sondage dans leur milieu de travail. Je les remercie tous d’avoir accepté de participer à mon sondage », a indiqué l’étudiant qui doit entreprendre des études en sciences biomédicales dès l’an prochain, à l’Université d’Ottawa.

« Je pourrai alors combiner différentes passions, comme la physique, la chimie, la biologie et la psychologie », souligne Étienne, qui a bien hâte de se rendre à Fredericton pour partager les résultats de son expérience avec les autres grands débrouillards du pays.