La Dre Magali Bigras.

Dre Magali Bigras, une guide pour les nouveaux médecins

Chaque semaine, Le Droit rencontre une personne afin de souligner une réalisation exceptionnelle ou une contribution significative à la vie ou au rayonnement de la région. Cette semaine, Dre Magali Bigras, reconnue pour son engagement et sa contribution en enseignement de la médecine de famille.

Sa bonne humeur est contagieuse, et elle est douée d’un sens de l’organisation à toute épreuve.  

Elle a su mener à bien l’augmentation progressive du nombre de médecins résidents à Gatineau, tout en s’assurant d’avoir les effectifs médicaux et les espaces nécessaires pour les accueillir.

Elle n’épargne aucun effort ni moyen pour améliorer continuellement la qualité de la formation des résidents. Elle incarne aussi un modèle de disponibilité et d’écoute.

Autant de témoignages marqués par le respect et l’admiration ont été recueillis par le Collège québécois des médecins de famille pour reconnaître l’engagement et la contribution de la Dre Magali Bigras qui vient de remporter le Prix d’excellence 2019 pour sa contribution à l’enseignement de la médecine de famille.

«C’est tout un honneur que de recevoir ce prix d’excellence. Je ne fais pas tout ce travail pour avoir des hommages comme celui-là. Mais j’apprécie que mes efforts pour l’enseignement aux résidents soient reconnus», a souligné la Dre Bigras lors d’une entrevue.

Diplômée de l’Université de Sherbrooke, la Dre Bigras, âgée de 32 ans, est native de l’Abitibi. 

Elle a terminé sa résidence en médecine de famille à l’Université McGill en 2011 et a commencé cette année-là à travailler au Groupe de médecine familiale-universitaire (GMF-U) de Gatineau.

Elle s’est aussi intéressée rapidement à l’enseignement et est devenue responsable de la médecine basée sur les données probantes et de l’organisation des demi-journées académiques des résidents. 

En 2012-2013, elle a quitté brièvement la région et poursuivi son enseignement à Campbellton au Nouveau-Brunswick, avec les résidents de l’Université de Sherbrooke en stage dans ce milieu.

À son retour à Gatineau en 2013, elle a assumé des responsabilités liées à la recherche clinique et au développement de l’informatisation du dossier patient.

Elle est ensuite devenue directrice à l’éducation par intérim du GMF-U de Gatineau en 2015 et a été nommée officiellement à ce poste en 2017. 

Elle s’occupe de la direction académique d’un groupe de 35 résidents en médecine. 

Elle travaille aussi à l’hôpital de Gatineau.

«Ma semaine de travail varie généralement entre 80 et 90 heures. Je m’occupe de 1000 patients et j’ai aussi mon poste à temps plein de directrice de l’enseignement et je travaille aussi à l’hôpital de Gatineau», confie la médecin de famille.

Pourquoi alors avoir ajouté l’enseignement aux résidents à sa lourde tâche ?

«D’emblée, l’enseignement fait partie du bagage reçu lorsqu’on étudie la médecine. Nous sommes en quelque sorte enseignants auprès des patients. Comme médecin enseignant, ce que je trouve intéressant, c’est d’être en contact avec la relève, de parler d’innovation. On revit notre passion avec les résidents, en voyant le positif et le nouveau. C’est très motivant. Et dans mon cas, je pense que j’ai une facilité pour vulgariser l’information, pour l’adapter à leurs besoins. Comme enseignant, on diagnostique nos apprenants.»

La Dre Bigras admet que son agenda est très chargé, et tient à souligner qu’elle réussit avec l’appui de son conjoint.

Son enseignement se fait la plupart du temps à Gatineau, mais nécessite des déplacements fréquents à l’Université McGill à Montréal, où sa tâche prévoit aussi qu’elle doit consacrer du temps à la recherche. 

Elle s’affaire également aux préparatifs en prévision de l’ouverture du nouveau campus de médecine en Outaouais qui doit ouvrir en août 2020 à Gatineau, un projet de collaboration entre l’Université McGill et le CISSSO.

Malgré le rythme effréné, la Dre Bigras s’estime chanceuse d’avoir pu terminer sa résidence à l’âge de 24 ans, ce qui lui a permis de cumuler plusieurs expériences qui lui permettent maintenant malgré son jeune âge d’appuyer les résidents dans leurs études postdoctorales. 

«Je suis très chanceuse. Je trouve aussi que c’est très valorisant».