Jean-Gabriel Pageau jouera souvent au golf d'ici son retour à l'entraînement dans quelques semaines. La première édition de la Classique Pageau-Brière, événement visant à recueillir des fonds pour aider les enfants de l'Outaouais, sera présentée le 16 juin au Club Le Sorcier.

Détermination, coeur à l'ouvrage et désir de vaincre

Les Sénateurs d'Ottawa viennent de compléter une des plus belles saisons de leur histoire. En s'inclinant en deuxième période de prolongation du septième match de la Finale de l'Association Est, ils ont suscité l'admiration de toute une région. Parce qu'il a incarné à lui seul la détermination, le coeur à l'ouvrage et le désir de vaincre qui a animé toute l'équipe, Jean-Gabriel Pageau mérite le titre de personnalité de la semaine.
Les plaies ne vont pas se refermer de sitôt. Une dizaine de jours après le dernier match de la saison, Jean-Gabriel Pageau a beaucoup de mal à digérer la défaite.
« C'est encore trop frais en mémoire, disait-il, lorsque nous avons récemment discuté avec lui. Je ne suis tout simplement pas capable de regarder les matches de la finale à la télévision. Je me réveille chaque matin, je regarde ma blonde, j'ai du mal à réaliser que notre saison est finie. »
Il n'est sûrement pas seul.
« Dans les partys d'équipe, à la fin de la saison, je regardais les gars... Ils avaient tous l'air de penser la même chose que moi. C'est vraiment difficile de se faire à l'idée qu'il n'y aura plus de hockey. Nous étions tellement dans une mentalité... Nous voulions tous que ça continue. Au fond, nous étions tous sur un nuage. C'est dur de se faire à l'idée que nous sommes éliminés. »
Pageau aura possiblement plus de mal à faire son deuil que certains de ses coéquipiers. La saison terminée, la plupart des joueurs se réfugient dans d'autres régions du Canada. Les Américains retournent aux États-Unis. Les Européens traversent l'Atlantique.
Le centre gatinois, lui, a choisi de rester dans le coin. Il n'a même pas pris le temps de planifier un voyage pour s'évader un peu.
« Partout où nous allons, les gens viennent me voir. Ils veulent me féliciter pour la run que nous venons de connaître. »
« Ça se voit que les gens sont contents. Ils sont fiers d'avoir vu leur équipe, les Sénateurs se rendre aussi loin. J'ai même parlé avec des partisans du Canadien de Montréal et des Bruins de Boston qui nous avaient adoptés. Ils nous ont encouragés jusqu'à la fin. Les gens me disent qu'ils sont fiers de nous, car nous avons tout laissé sur la patinoire. C'est gentil. C'est le genre de choses qu'on aime entendre à la fin d'une saison de hockey. »
Pageau préfère parler du travail collectif que de ses prouesses individuelles.
Il comprend quand même que ses huit buts marqués en 19 parties, dans un rôle d'attaquant à caractère défensif, lui ont permis de gagner de précieux points.
Il devra négocier son prochain contrat dans les prochains mois et les Sénateurs sont prêts à s'engager à long terme auprès de lui. Durant la conférence de presse marquant la fin de la saison, le directeur général Pierre Dorion a même soulevé la possibilité de faire de Pageau un « Sénateur à vie ».
Quand on lui ramène cette déclaration, Pageau rit. Il semble à la fois flatté et un peu gêné.
« Ce serait le fun, convient-il. J'ai toujours été fier de jouer pour les Sénateurs. C'est d'ailleurs ce que j'ai dit à Pierre ainsi qu'à notre entraîneur durant ma rencontre individuelle de fin de saison. Nous avons vraiment eu du fun cette année. Quand l'équipe gagne, l'ambiance est toujours agréable à l'aréna. J'ai bien aimé faire partie d'une équipe qui ne panique pas après une défaite. »
« Faire partie des Sénateurs durant toute ma carrière, en fin de compte, je n'ai pas énormément de contrôle là-dessus. Si ça fait partie des options qui se présentent à moi, je n'aurais pas de misère à la choisir », ajoute-t-il.