La Gatinoise Daphnée Brais a remporté le championnat des dames lors du Championnat canadien de tir à la carabine de gros calibre en août dernier.

Daphnée Brais atteint la cible avec sa carabine

Chaque semaine, Le Droit rencontre une personne afin de souligner une réalisation exceptionnelle ou une contribution significative à la vie ou au rayonnement de la région. Cette semaine, Le Droit s'est entretenu avec la tireuse sportive Gatinoise Daphnée Brais.

Lors du Championnat canadien de tir à la carabine de gros calibre, tenu du 17 au 24 août à Ottawa, la Gatinoise Daphnée Brais a remporté le championnat des dames en battant des tireuses venues de sept pays.

En même temps, l’athlète âgée de 20 ans s’est démarquée en remportant le prestigieux prix de la fondation Macdonald-Stewart en terminant au premier rang chez les moins de 25 ans.

Très satisfaite de sa performance à ce championnat canadien, la jeune tireuse a immédiatement fait un lien avec son mentor et entraîneur de l’équipe nationale, Alain Marion, lui-même sacré champion canadien à plusieurs reprises.


« Les gens sous-estiment l’importance de la psychologie dans mon sport. Tout se joue dans la tête. »
Daphnée Brais

Née à Laval, Daphnée s’est installée dans la région récemment pour poursuivre son entraînement, mais aussi ses études en psychologie à l’Université d’Ottawa.

Après un séjour en résidence près de l’Université, elle habite maintenant à Gatineau depuis le printemps dernier.

Le prix de la Fondation Macdonald-Stewart qu’elle a reçu pour sa performance était doté d’une bourse de 3 500 $, une somme qui lui a permis de se procurer de l’équipement dont elle a besoin pour pratiquer son sport.

Une aide qui lui permet aussi de se consacrer à son entraînement qu’elle poursuit de manière individuelle, accompagnée d’Alain Marion, entraîneur de l’équipe nationale et de l’équipe provinciale.

« Je me compte très chanceuse d’avoir Alain Marion comme mentor, et de pouvoir le côtoyer souvent à l’entraînement. Je m’entraîne deux à trois fois par semaine. Il me permet d’avoir cette mentalité de championne, car il a lui-même gagné très souvent des championnats », a-t-elle expliqué.

C’est dans le cadre du programme des cadets de l’Armée canadienne que Daphnée a participé pour la première fois à un camp d’été au champ Connaught, situé à Kanata, où elle a fait son immersion au tir à la carabine.

« Lors du premier camp, il y avait 80 jeunes, et les 30 meilleurs étaient invités à participer au camp d’été de l’année suivante. J’ai fait ensuite la sélection des 18 meilleurs pour le troisième été alors que les jeunes ont été invités à représenter le Canada en Angleterre. »

Depuis, la progression de Daphnée est fulgurante. En plus des précieux conseils d’Alain Marion, elle souligne qu’elle apprend encore beaucoup en étant elle-même entraîneuse du camp d’été auquel participent les cadets au champ de tir Connaught. « C’est le meilleur job pour moi. En étant entraîneuse, je dois revenir à la base, me rappeler ce qu’il faut faire, revenir aux choses que je néglige parfois moi-même. Pour enseigner, il faut vraiment maîtriser la matière. »

En janvier dernier, elle a eu la chance de participer aux Championnats mondiaux de tir à la carabine chez les moins de 25 ans tenus en Nouvelle-Zélande, une expérience et un voyage inoubliables.

« On dit que c’est le champ de tir le plus difficile au monde, car il est entouré de montagnes. Le vent nous arrive en spirale. Mais l’équipe canadienne s’est très bien débrouillée. »

Elle a choisi d’étudier la psychologie du sport parce que c’est un domaine qui est très important lorsqu’on pratique une discipline comme le tir à la carabine.

« Les gens sous-estiment l’importance de la psychologie dans mon sport. Tout se joue dans la tête. Il faut être très concentré. Il ne faut pas penser à son score. Il faut penser à autre chose pour ne pas se décourager. Je peux dire que c’est le sport qui m’a dirigée vers la psychologie. Les deux m’ont aidée beaucoup. »

Lors du Championnat canadien à Ottawa, Daphnée a bien sûr terminé au premier rang chez les dames et chez les moins de 25 ans, mais elle a aussi terminé 17e au total parmi les 194 participants venus de partout dans le monde entier.

Pour elle, c’est un accomplissement d’avoir ainsi fini dans le haut du classement alors que plusieurs de ces compétiteurs pratiquent ce sport depuis plusieurs décennies.

L’athlète gatinoise entend maintenant s’entraîner pour assurer sa participation aux Championnats mondiaux qui auront lieu en Afrique du Sud, en 2023. « J’espère bien faire la qualification pour 2023. Alors je vais continuer à m’entraîner pour atteindre cet objectif. »