Bilal Tahid (droite) a été honoré à l’Assemblée nationale après qu’il eût porté secours à sa mère qui venait de perdre connaissance pendant qu’elle préparait le souper.

Bilal Tahid: jamais trop jeune pour être secouriste

Ce n’est pas toujours évident pour quiconque de porter secours à une personne en détresse.

Quand c’est un enfant qui arrive à le faire en venant en aide à un proche, c’est encore plus courageux et en même temps touchant.

Dans le cas de Bilal Tahid, on pourrait dire aussi qu’il n’y a pas d’âge pour être secouriste.

Le 23 janvier dernier, Bilal Tahid, qui était alors âgé de seulement 10 ans (il a maintenant 11 ans), a posé un geste courageux en portant secours à sa mère qui venait de perdre connaissance pendant qu’elle préparait le souper dans la cuisine.

« J’avais une bronchite, et ce jour-là, j’étais allée voir le médecin qui m’avait prescrit un antibiotique. Mais j’étais malade depuis un bout de temps et j’étais très faible et très fatiguée. En préparant le souper, j’ai perdu connaissance et j’ai frappé la chaise haute de mon bébé âgé d’un an en tombant », a expliqué la mère de Bilal, Naïma Erragued.

Malgré son jeune âge, Bilal a réagi avec calme. Il a commencé par confirmer que sa mère inconsciente respirait toujours, que son cœur battait, puis a téléphoné au 9-1-1 et suivi les consignes qui lui étaient données.

Pendant ces minutes d’attente, il a pris le temps d’avertir la voisine afin qu’elle puisse s’occuper de son petit frère. Puis il s’est occupé de sa mère jusqu’à l’arrivée des ambulanciers, quelques minutes plus tard en l’aidant à avoir la meilleure position possible pour qu’elle puisse continuer à respirer.

« J’ai suivi un cours de secouriste avec les cadets au Manège militaire de Salaberry à Gatineau. C’est là que j’ai appris ce qu’il fallait faire. J’ai vérifié si ma mère respirait, en mettait mon doigt sous le nez. Puis, j’ai vérifié si son cœur battait. Ensuite, j’ai composé le 9-1-1. J’ai redressé ma mère pour qu’elle soit en bonne position pour respirer. Ensuite, les ambulanciers sont arrivés. Ma mère s’est réveillée, et ils l’ont transportée dans l’ambulance. Elle a pu avoir son congé vers 2 ou 3 heures dans la nuit », a expliqué Bilal.

Sa mère a raconté qu’elle n’a appris que plus tard des ambulanciers ce qui s’était vraiment passé et comment son fils l’avait secourue avec calme, en s’assurant de sécuriser les lieux, puis de prendre soin d’elle.


« Je suis très fière de mon fils. C’est très impressionnant ce qu’il a fait pour moi. »
Naïma Erragued

Cette expérience l’a convaincue qu’il fallait en parler publiquement afin que d’autres jeunes décident eux aussi de suivre ce cours afin de pouvoir être en mesure de venir en aide à des personnes en détresse.

« Je suis originaire du Maroc, et dans mon pays, nous n’avons pas ce genre de cours offerts aux jeunes. Alors je pense que nous sommes chanceux d’y avoir accès. Je tente de convaincre le plus de personnes de l’importance de suivre ces cours. Quand une telle situation arrive, on est souvent faible quand cela arrive à nos proches. On ne sait pas comment réagir. Alors je suis très fière de mon fils. C’est très impressionnant ce qu’il a fait pour moi », a expliqué la mère de Bilal.

Pour son geste, Bilal, qui fréquente l’école Jean-de-Brébeuf du secteur Hull, a reçu une médaille lors d’une cérémonie récemment à l’Assemblée nationale du Québec.

« Moi, je veux devenir neurochirurgien. Je veux être capable de sauver la vie des gens », a-t-il mentionné, avec assurance et détermination. On lui souhaite de réaliser son rêve de sauver des vies car il est déjà une inspiration et un modèle de courage.