Benoit Delage, le président du Conseil régional de l’environnement et du développement durable de l’Outaouais, essaie de sensibiliser les gens aux problèmes environnementaux sans les culpabiliser.

Benoit Delage: repositionner l’environnement

On peut dire que Benoit Delage n’a pas le profil ni le discours d’un environnementaliste. L’étiquette ou l’image ne colle pas vraiment à cet ancien mannequin qui a fait une carrière en Asie, plus particulièrement en Chine et en Thaïlande, avant d’arriver en Outaouais, il y a cinq ans.

C’est à son retour au pays qu’il a commencé à s’impliquer auprès d’organismes environnementaux dans la région de Montréal. Lorsque sa conjointe a accepté un transfert pour le gouvernement fédéral, il y a cinq ans, il a décidé de poursuivre son engagement à la direction du Conseil régional de l’environnement et du développement durable de l’Outaouais (CREDDO), un poste qu’il occupe depuis trois ans.

Depuis son arrivée, il a non seulement obtenu du financement pour plusieurs projets importants, mais il a surtout réussi à mobiliser l’Outaouais « vers la transition énergétique », une phrase qui caractérise bien le grand virage qu’il est en train de réaliser.

« Moi, je me donne le mérite d’avoir repositionné l’environnement comme quelque chose qui n’est pas lourd. Je dis souvent aux employés du CREDDO qu’on ne peut se permettre de culpabiliser les gens. À la place, il faut se demander qu’est-ce qu’on peut leur rapporter et comment on peut le faire. Si on leur demande de dépenser de l’argent, c’est pour leur en rapporter. Il faut toujours se rappeler que les besoins en environnement sont illimités, alors que les moyens sont limités », explique M. Delage.

Rendez-vous
Lors du premier Sommet Énergie verte Outaouais (ÉVO), organisé le 27 avril dernier, plus d’une centaine de personnes incluant des experts, des acteurs économiques, des élus et des citoyens, ont répondu à l’invitation du CREDDO et de ses partenaires, dont la SADC de Papineau et la Chambre de commerce de Gatineau. Lors de cette rencontre, le gouvernement québécois a annoncé une augmentation du financement accordé à tous les conseils régionaux en environnement de la province.

L’engouement créé par ce premier rendez-vous d’envergure sur la transition énergétique en Outaouais aura été remarquable, et permettra aux entreprises et aux municipalités de la région de profiter de cette effervescence pour créer de nouvelles opportunités d’affaires marquées par l’innovation, souligne M. Delage. Il espère que l’Outaouais pourra ainsi profiter du financement disponible pour des projets innovateurs.

Du côté des transports, le sommet OVÉ a permis aux divers intervenants de pousser leur réflexion sur le projet de train léger dans le secteur ouest et l’arrimage avec celui d’Ottawa.

Il y a aussi ce projet prometteur de voitures électriques en partage qui implique cinq municipalités dans le secteur desservi par le réseau Trans-Collines, un projet qui pourrait avoir un impact majeur dans plusieurs secteurs ruraux.

« On étudie actuellement les besoins des municipalités pour des véhicules électriques. Là où la magie opère, c’est qu’on regarde la possibilité que ces nouveaux véhicules puissent servir aussi à des citoyens qui utilisent le réseau Trans-Collines. Lorsque les véhicules ne sont pas utilisés par les employés municipaux, ils pourraient servir aux citoyens débarquant de l’autobus à se rendre à leur résidence. »

Les municipalités et les entreprises n’ont pas toujours les ressources pour analyser et proposer des projets, et le CREDDO, qui compte trois ingénieurs parmi son personnel, est là pour les appuyer en préparant des études comme celle visant à rétablir la couverture végétale sur l’Île de Hull. « Notre rôle est de présenter des projets d’innovation et de les propulser avec des idées concrètes. »

En raison du financement obtenu pour divers projets liés à l’environnement, M. Delage souligne d’ailleurs que le CREDDO a vu son personnel passer d’un employé et demi à neuf en moins de trois ans, soit depuis son arrivée. « Nous serons douze cet été avec les stagiaires », dit-il fièrement.