Pendant 38 ans, Gérard Desjardins a consacré 30 heures par semaine au Club des ornithologues de l'Outaouais.

Aux petits oiseaux depuis 30 ans

Après avoir présidé le Club des ornithologues de l'Outaouais pendant près de 30 ans, il est temps pour Gérard Desjardins de tirer sa révérence. Pour souligner son implication dans les combats reliés à la protection de l'environnement de la région, Le Droit et Radio-Canada lui décernent le titre de Personnalité de la semaine.
Gérard Desjardins est passionné par la nature et l'ornithologie depuis longtemps.
Pendant 38 ans, il a consacré 30 heures par semaine au Club des ornithologues de l'Outaouais.
Un travail à temps plein ? Oui. Mais bénévolement.
« Il faut être maniaque un peu ! », plaisante M. Desjardins.
En 1978, deux ans après avoir complété son cours en aménagement de la faune et de la flore à St-Félicien, Gérard Desjardins est revenu à Gatineau, sa ville natale, pour travailler.
« Le gouvernement avait besoin de biologistes et de techniciens de la faune », explique-t-il.
Mais un peu plus tard, il a voulu pousser sa passion un peu plus loin. Il a donc décidé de fonder le Club des ornithologues de l'Outaouais avec des collègues qu'il appréciait beaucoup. Parce qu'avant tout, le projet est né d'une grande amitié, de laquelle il garde de précieux souvenirs.
« On était des jeunes fous à l'époque ! », s'exclame le président du Club. Mais ces « jeunes fous » étaient surtout remplis d'ambition.
« Un jour, on s'est dit : 'Québec a un Club, pourquoi pas Hull ?' », poursuit-il.
Aujourd'hui, l'organisme compte 325 membres. Et même s'il agit à titre de président, M. Desjardins travaille en collaboration avec ses confrères. Il n'aime pas être considéré comme étant le dirigeant.
« J'aime dire qu'il y a 325 patrons, et un employé ! », rigole-t-il.
Un rôle important
Durant sa contribution au sein du Club des ornithologues, Gérard Desjardins a dû gérer plusieurs dossiers environnementaux et projets spéciaux.
Prolongement du boulevard St-Raymond, plantation d'arbres aux abords du ruisseau de la Brasserie, animation d'activités dans les écoles, M. Desjardins a toujours été très occupé.
« J'ai été le conseil exécutif du Club à moi tout seul pendant plusieurs années », indique-t-il. 
Gérard Desjardins peut être fier du travail qu'il a accompli. Au fil des années, il a accumulé un bon nombre de mentions honorifiques, notamment le prix d'administrateur de l'année du secteur Aylmer au Gala de reconnaissance des bénévoles, en 2015.
Trouver une relève
Son mandat de président tire à sa fin et M. Desjardins est dans l'obligation de passer le chapeau à quelqu'un d'autre.
Il est écrit noir sur blanc dans les nouveaux règlements du Club : un président ne peut pas être à la tête de l'organisme pendant plus de huit ans.
« Ce n'est vraiment pas parce que je veux démissionner, c'est parce que je n'ai pas le choix », explique-t-il.
Le président, presque retraité, espère un vent de fraîcheur dans l'organisme ; il aimerait que des jeunes prennent la relève.
« Ça permettrait d'amener le Club ailleurs, à un niveau supérieur », croit-il.
Et M. Desjardins anticipe depuis quelques années le moment où il aura à quitter son poste.
Après s'être dévoué corps et âme dans l'organisme aussi longtemps, ce ne sera pas une tâche facile.
« Je ne peux pas laisser tomber le Club comme ça, s'attriste M. Desjardins. Il va vraiment falloir que je fasse un deuil, que je laisse les choses aller et que j'aie confiance en la relève. »
Mais il compte tout de même demeurer aux alentours.
« J'aimerais continuer d'être responsable de petits dossiers, confie-t-il. Je ne peux pas couper les ponts du jour au lendemain. »
Marika Bellavance, collaboration spéciale