La double carrière de Jérôme Dupras a toujours été bercée par une motivation: la préservation de l’environnement.

Au service de l’environnement

Professeur au Département des sciences naturelles à l’Université du Québec en Outaouais et chercheur à l’Institut des sciences de la forêt tempérée de Ripon, Jérôme Dupras a reçu mercredi dernier des mains de la vice-première ministre du Québec, Dominique Anglade, l’un des Prix finalistes de la relève scientifique accompagné d’une bourse de 2000 $. Cet honneur vise à récompenser les jeunes chercheurs en début de carrière qui sont âgés de moins de 40 ans et dont l’excellence des travaux est reconnue. Pour l’occasion, Le Droit et Radio-Canada décernent le titre de Personnalité de la semaine à M. Dupras.

Le professeur Dupras n’aurait pas pu espérer un meilleur scénario pour souffler ses 38 bougies, lui qui célébrait son anniversaire de naissance le 3 novembre. Les Cowboys Fringants, le groupe musical maintes fois récompensé au fil des ans et dont il est le bassiste et l’un des membres fondateurs, était une fois de plus en nomination cette année au gala de l’ADISQ – dans deux catégories –, à la fin octobre. Ensuite, il y a eu cette remise de prix à l’Assemblée nationale du Québec en milieu de semaine dernière. 

« C’est super flatteur pour moi, mais aussi pour mes objets de recherche, lance le chercheur au bout du fil, à propos de la distinction qu’il a reçue. Les sciences sociales, ce ne sont pas toujours les premières à être soulignées. Souvent, ce sont les sciences biomédicales qui obtiennent une résonnance plus rapide et plus forte. Pour nous les géographes, c’est plus difficile de sortir du lot, donc je suis content que le travail que je fais en environnement avec mon équipe de l’ISFORT ait retenu l’attention. »

La feuille de route du jeune chercheur est impressionnante. Détenteur d’un doctorat en géographie obtenu à l’Université de Montréal en 2014 et titulaire d’un postdoctorat de l’Université McGill en biologie, Jérôme Dupras est auteur de plusieurs publications. Il a entre autres signé l’étude publiée en décembre 2016 qui concluait que les 55 000 hectares d’espaces verts et de terres agricoles de la Commission de la capitale nationale représentaient chaque année des bénéfices environnementaux d’une valeur de 332 millions de dollars. M. Dupras a récemment été nommé président de la Société canadienne d’économie écologique. Il a aussi mis son expertise à contribution dans l’élaboration du plan écoresponsable de MosaïCanada 150, l’été dernier à Gatineau.

Deux passions, une priorité

La double carrière de Jérôme Dupras a toujours été bercée par une motivation : la préservation de l’environnement. Avec les Cowboys Fringants, il assouvit son côté revendicateur. Le groupe sert de « tribune » pour faire passer des messages au grand public. Dans le laboratoire, le scientifique s’attarde aux questions de l’évaluation économique des services écosystémiques, à la conservation de la biodiversité, à la gouvernance et à l’aménagement du territoire. 

« Dans le laboratoire, on est au coeur de la ville, de l’agriculture, de la forêt boréale, mais c’est toujours en fonction de l’économie écologique qui est de dire que le développement doit se faire autrement en respectant les liens d’interdépendance entre l’humain et la nature », indique M. Dupras, qui offrira une conférence, le 7 novembre au soir, au pavillon Alexandre-Tâché de l’UQO. Lors de sa présentation, il traitera notamment des inondations du printemps 2017 dans le contexte des changements climatiques et de l’étalement urbain. « On ne doit plus aménager nos villes en se basant sur 2010. Il faut penser à 2030 ou 2050. Les infrastructures, qu’elles soient vertes ou grises, doivent être conçues pour faire face à une plus haute fréquence d’événements perturbateurs », note le professeur.

À travers son horaire bien chargé, Jérôme Dupras est aussi – et surtout – père de deux jeunes garçons âgés d’ un an et demi et trois ans et demi. À cet égard, le combat qu’il mène pour l’environnement a aujourd’hui encore plus de sens.

« Ma motivation, ce sont mes deux garçons. Je suis hautement préoccupé par la planète qu’on va leur laisser. À 38 ans, je vais déjà vivre sur une planète assez stable pour le reste de mes jours. Eux, ce sont leurs enfants qui vont vivre des situations assez problématiques si on n’agit pas maintenant », conclut-il.