Le Gatinois Alexis Guimond a remporté la médaille de bronze à l’épreuve du slalom géant debout aux Jeux paralympiques de PyeongChang.

Alexis Guimond: le médaillé populaire

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Il est le seul athlète francophone de la région de la capitale nationale à avoir gagné une médaille à PyeongChang.

Alexis Guimond commence à réaliser l’impact de sa troisième place, il y a une dizaine de jours, aux Jeux paralympiques. Le skieur alpin de Gatineau, qui souffre d’hémiparalysie, est monté sur le podium à l’épreuve du slalom géant debout.

« C’est intense. Je n’ai jamais vu autant de réactions de la part des gens à une de mes performances. Je reçois même des messages de vieux amis. C’est incroyable de voir autant de gens derrière moi, avoue l’athlète âgé de 18 ans.

«C’est un feeling assez bon !»

L’entrevue se déroulait vendredi dernier. Guimond récupérait au domicile de ses parents. Il a pu retrouver son lit après avoir passé une partie de son hiver en Europe et en Asie.

«Ça ne fait que trois jours que je suis revenu... Et je dois déjà repartir.»

Guimond a pris la direction de Mammoth Mountain, en Californie au cours des dernières heures. Là-bas, il prendra part à ses dernières courses de la saison alpine. Plus précisément aux championnats canadiens et américains.

Ensuite, ce sera du repos. Beaucoup de repos.

Un repos mérité selon ses proches, qui l’ont vu grimper les échelons à une vitesse incroyable dans les 18 derniers mois.

Guimond a remporté son lot de médailles en 2016-2017 à son année recrue sur le circuit de la Coupe du monde. C’est sans compter l’or qu’il a empoché à la veille des Jeux paralympiques.

Ce qui en faisait un des favoris à PyeongChang malgré son jeune âge.


« «Ça me donne déjà beaucoup de motivation en vue des quatre prochaines années. Je vais travailler fort pour aller chercher cette médaille-là aux prochains Jeux.» »
Alexis Guimond

Guimond a commencé son séjour aux Jeux avec une quatrième place à la descente. Le lendemain, il a pris à nouveau le quatrième rang, mais au super-G.

Ce qui a rendu sa médaille de bronze encore plus savoureuse.

«J’ai été compétitif aux Jeux. Mais en même temps, j’ai l’impression qu’il me manque quelque chose. J’étais si près de toucher à l’or, dit-il.

«Ça me donne déjà beaucoup de motivation en vue des quatre prochaines années. Je vais travailler fort pour aller chercher cette médaille-là aux prochains Jeux.»

Guimond répétera qu’il s’est beaucoup amusé en sol sud-coréen. «Nous sommes habitués de voir 15 à 20 spectateurs au bas de la piste en Coupe du monde, souligne-t-il.

«Là aux Jeux, tu en avais entre 300 à 400. C’était extraordinaire pour nous. Nous n’étions pas habitués d’avoir autant de gens à nos courses.»

D’ici le prochain rendez-vous paralympique en 2022 à Pékin, Alexis Guimond compte bien briller aux championnats du monde. La prochaine édition aura lieu en février 2019.

«Ça va me permettre de satisfaire ma soif de médaille, lance-t-il. Je compte bien pousser la machine et m’entraîner très fort. Les Jeux, ce n’est pas le seul grand événement d’envergure pour nous.»

Un petit deux aussi que des écoles de l’Outaouais feront appel à lui dans les quatre prochaines années afin de partager son histoire de persévérance.

Celle d’un athlète qui a surmonté deux AVC durant son enfance.

«Je ne pensais pas être aussi compétitif dès mes premiers Jeux. Je ne t’aurais pas cru si tu m’avais dit à l’âge de neuf ans que je gagnerais une médaille paralympique quelques années plus tard. C’est un bel exploit.»

Pas autant que l’exploit d’avoir prouvé le contraire à des médecins qui avaient dit à ses parents qu’il ne serait peut-être jamais capable de marcher après son premier accident vasculaire cérébral subi à l’âge de six mois.