Personnalité de la semaine

L’artisan des fromages gagnants

Grâce à son fromage Adoray, la Fromagerie Montebello a décroché le Prix Innovation en alimentation dans la catégorie Produit laitier lors du plus récent Gala de l’Événement marketing organisé par le Conseil de la transformation alimentaire du Québec (CTAQ), lequel avait lieu le 22 novembre dernier à Montréal. Afin de souligner ce prestigieux honneur et de mettre en lumière cette entreprise de la Petite-Nation, Le Droit et Radio-Canada décernent le titre de Personnalité de la semaine au fromager et président et fondateur de l’entreprise, Alain Boyer.

Alain Boyer est plutôt fier de son mur de trophées. Malgré sa jeune histoire, la Fromagerie Montebello est déjà largement décorée. Gagnante dans la catégorie Agrotourisme et produits régionaux lors des Grands Prix du tourisme québécois en 2014, récipiendaire du prix Caseus la même année pour le fromage Rébellion 1837, premier prix pour le Manchebello au British Empire Cheese Show en 2015, voilà quelques exemples des honneurs qu’a reçus la fromagerie ces dernières années. 

Somme toute, la palme octroyée par le CTAQ a cependant un petit quelque chose de vraiment spécial, note l’entrepreneur et fromager de 47 ans dont la dernière création lancée en 2016, l’Adoray, rend hommage à son grand-père et à son père, Adorice et Raymond Boyer. C’est ce fromage à pâte molle intégrant la sangle d’épicéa qui a séduit le jury il y a trois semaines. Il faut dire que la fromagerie de la Petite-Nation est la seule au Québec à produire un fromage sanglé de bois.

« Nous étions en nomination avec des entreprises qui sont en affaires depuis 75 ou 80 ans. Nous existons depuis juste six ans. Je ne m’attendais vraiment pas à ça », affirme d’entrée de jeu Alain Boyer.

Ce dernier confie que ce récent prix sert de tape d’encouragement à l’aube des quelque 17 000 tonnes de fromages européens par année qui doivent éventuellement faire leur entrée au pays à la suite de la mise en application partielle de l’Accord économique et commercial global et du traité de libre-échange négocié entre le Canada et l’Europe.

« Quand on met sur pied une entreprise, la dernière chose à laquelle on pense, ce sont les nominations et les concours. Mais quand on gagne un prix innovation dans un concours qui n’a pas de rapport comme tel avec les fromages, pour moi ça prend tout son sens. C’est là que je me suis dit que j’avais probablement fait quelque chose de bien qui sort de l’ordinaire et qui va nous aider à passer à travers la quantité de fromages qui va rentrer sous peu au Québec », indique M. Boyer.

Du rêve à la réalité

Alain Boyer avait 19 ans à peine quand il a postulé pour un travail à la Fromagerie de Plaisance qui venait tout juste d’ouvrir ses portes à l’époque. « Dès que je suis entré, j’ai été promu au poste de fromager directement. L’entreprise était nouvelle et pour la transformation, c’était extrêmement physique comparativement à aujourd’hui. J’étais jeune, j’avais l’énergie. J’ai appris la formation sur le tas », raconte-t-il.

Après cinq ans à cet endroit, des rumeurs de fermeture planaient sur la Fromagerie de Plaisance. Il a ensuite travaillé une quinzaine d’années pour la compagnie de productions de produits absorbants Concert – achetée en 2010 par Gladfelter – où il a grimpé les échelons pour accéder à des fonctions de gestionnaire. À ce moment, le principal concerné avait malgré tout en tête une idée de projet qui germait depuis bien longtemps.

« Déjà à 22 ans, je parcourais les petits emplacements pour lancer mon entreprise. Dans mon entourage, tout le monde savait que je caressais le rêve de partir ma fromagerie un jour », confie M. Boyer.

C’est en 2011 que le rêve du quadragénaire est devenu réalité. Avec l’aide de son comparse comptable de l’époque Guy Boucher, Alain Boyer a décidé de lancer sa production. Au départ, l’entrepreneur faisait tout ou presque : la gestion, les appels téléphoniques, la production, la livraison... « Je faisais la livraison dans ma Toyota Echo. Je dormais dans mon auto. Je ne sais pas comment j’ai réussi à faire ça », se souvient-il. Aujourd’hui, la Fromagerie Montebello compte 12 employés et produit quatre variétés de fromages spécialisés, soit le Tête à Papineau, le Rébellion 1837, le Manchebello et l’Adoray. 

À ces produits tous baptisés en lien avec des pans d’histoire de la région s’ajoute la gamme du cheddar frais. 

Toutes les meules concoctées par la petite équipe d’artisans sont fabriquées à partir de lait en provenance de fermes locales. Entre 40 000 et 50 000 kilogrammes de fromage sont produits annuellement au sein de la petite usine fromagère dont les créations se retrouvent dans plusieurs épiceries Metro et IGA du Québec et depuis récemment dans certains commerces de l’Ontario.

En matière de développement de marché, M. Boyer voit grand pour le futur. « Le défi, c’est de grossir l’entreprise en gardant le caractère de l’artisan. C’est tout un défi, mais je veux y arriver. J’aimerais que nos fromages soient partout au Québec et dans beaucoup d’endroits au Canada dans les prochaines années. Dans cinq ans, je nous vois comme chef de file en Outaouais dans les fromages de spécialité », souligne-t-il.

Personnalité de la semaine

Défendre la diversité

Alexandre Baril est devenu la première personne transgenre francophone au Canada, spécialiste en études trans, à être embauchée pour enseigner la diversité sexuelle et de genre à l’université. Le professeur Baril offrira à compter de janvier le cours Construction des identités sexuelles et service social à l’Université d’Ottawa. Cette nomination a suscité l’intérêt du journal Le Droit et de Radio-Canada, qui ont choisi M. Baril comme Personnalité de la semaine.

Les étudiants au cours apprendront comment devenir de meilleurs intervenants et travailleurs sociaux, notamment auprès de clientèles souvent stigmatisées.

« Ça prend beaucoup d’ouverture d’esprit. Ces travailleurs-là feront de l’intervention de première ligne, vont rencontrer des gens qui vivent toutes sortes de problématiques sociales, donc des gens en détresse. Parmi ces personnes, il y en aura issues des communautés LGBTQ. Mon enseignement vise à les informer de ces réalités. Plusieurs étudiants sont hétérosexuels et ne connaissent pas ou peu de personnes gaies, lesbiennes et bisexuelles. Même s’ils ont un oncle ou une tante dans ces communautés, ils ne connaissent pas ces réalités-là et ce que ça implique au quotidien », a expliqué le professeur Baril.

Au Canada anglais, il y a une dizaine de professeurs trans spécialisés dans les questions des transgenres. Selon le Dr Baril, la recherche universitaire dans ce domaine est capitale pour bien comprendre les difficultés que vivent les trans et autres membres de la diversité sexuelle, et les impacts sur leur santé et leur bien-être.

« Ces personnes vivent des réalités difficiles. Les recherches que nous avons déjà nous le prouvent, a-t-il indiqué. Malgré le changement des lois, on sait qu’elles vivent beaucoup de discrimination, beaucoup de marginalisation, beaucoup de stigmatisation. On voit que ça a des impacts. Alors les recherches universitaires permettent de trouver des solutions nouvelles, novatrices, et de développer des cadres qui nous permettront de penser de nouvelles politiques, de nouveaux programmes d’aide ».

Alexandre Baril a commencé sa transition à 29 ans. Il en a aujourd’hui 38. Il a dû surmonter de nombreuses embûches et épreuves au fil des ans, notamment concernant le changement de nom, de mention de sexe et en matière d’accessibilité aux services de santé. Les défis sont encore nombreux. Certains médecins spécialistes et omnipraticiens refusent de voir des personnes transgenres, comme lui, précise-t-il, même si la consultation n’est aucunement liée aux organes sexuels. Les difficultés des personnes trans sont aussi aux chapitres économique et personnel, a-t-il ajouté.

« Il y a seulement 37 % des personnes trans au Canada qui occupent un emploi à temps complet, ce qui veut dire qu’il y a une énorme partie des communautés trans qui sont sur le chômage, qui sont sans emploi ou dans des emplois précaires. Ça a pris quatre ans avant que je trouve mon poste de professeur alors que j’ai un c.v. très étoffé. Souvent les personnes trans attendront plus longtemps en moyenne que d’autres pour se trouver un emploi. Plusieurs vont aussi rapporter des discriminations importantes dans leur milieu d’emploi. Il y a donc des taux de pauvreté assez élevés. Au Canada, la moyenne du revenu annuel pour les personnes trans est de 15 000 $ ou moins par année », a expliqué M. Baril.

Quant aux excuses du premier ministre Justin Trudeau à l’endroit des communautés LGBTQ et la loi sur la protection des droits des personnes transgenres, Alexandre Baril dit qu’il s’agit de pas dans la bonne direction.

« Ce sont des lois et des messages qui ont des portées symboliques importantes. Ça envoie un message clair à la population pour dire que la discrimination n’a plus sa place envers les communautés LGBTQ au Canada. Cela étant dit, il faut que ça s’accompagne de mesures concrètes et de soutiens financiers pour produire du changement. Si on veut avoir des programmes d’éducation, de sensibilisation et d’aide, il faut des sous. Il faudra que le gouvernement débloque des fonds. Au-delà des excuses, il faudra des actions concrètes qui soutiennent ces excuses », a souligné M. Baril.

Personnalité de la semaine

Montfort à plein régime

La Ville d’Ottawa a récemment rendu hommage à plusieurs de ses citoyens pour leurs contributions à la qualité de vie de la capitale en les décorant de la médaille de l’Ordre d’Ottawa. Parmi eux, le Dr Bernard Leduc qui occupe depuis 2004 des rôles cruciaux de gestionnaire à l’Hôpital Montfort, dont celui de président-directeur général depuis 2010. Le Droit et Radio-Canada ont choisi le Dr Leduc comme Personnalité de la semaine à la suite de l’honneur que lui a rendu la Ville d’Ottawa.

Pour le Dr Leduc, la médaille de l’Ordre d’Ottawa, c’est celle de tout l’hôpital.

« Ce fut un honneur de recevoir cette marque de reconnaissance. Mais pour moi ça témoigne du travail accompli par toute l’équipe de l’Hôpital Montfort, dans laquelle j’ai le privilège d’évoluer depuis janvier 1999 », a expliqué le Dr Leduc concernant l’obtention de la distinction honorifique municipale.

Le Dr Leduc a commencé à travailler comme médecin à l’Hôpital Montfort en 1999, au beau milieu du combat pour la survie du centre hospitalier pour Franco-Ontariens dont la fermeture avait été recommandée par la Commission de restructuration des services de santé de l’Ontario. SOS Montfort a d’ailleurs remporté une importante bataille en 1999 alors que la Cour divisionnaire ordonne le maintien de l’hôpital. En 2001, ce fut la victoire en Cour d’appel de l’Ontario. 

Le gouvernement de Mike Harris a par la suite décidé de ne pas porter la cause devant la Cour suprême du Canada, assurant ainsi le triomphe de SOS Montfort.

« Je me joignais à une organisation qui avait le potentiel de fermer, s’est rappelé le Dr Leduc. Je travaillais à Gatineau avant. J’ai vécu le premier jugement, la décision du gouvernement de faire appel, l’annonce de la décision de la Cour d’appel. J’étais médecin aux soins aux patients à l’époque. Même si je ne faisais pas partie de l’administration, je faisais partie de l’équipe ».

Le Dr Leduc a été nommé médecin-chef de l’Hôpital Montfort en 2004, poste qu’il a occupé durant la période de métamorphose de l’hôpital dont la superficie a doublé. Les travaux de construction se sont terminés en 2010, année où il a été nommé président-directeur général.

« Je suis content du chemin qu’on a parcouru au chapitre du développement de l’institution qu’est l’Hôpital Montfort, mais ce n’est pas juste moi qui l’ai fait. Je pense que l’Ordre d’Ottawa est un témoignage de ce qui a été accompli, de ce qui a été fait. Il y a toute une équipe derrière », a expliqué le Dr Leduc.

Pour les prochaines années, les priorités de la direction de l’Hôpital Montfort sont notamment de continuer à donner des soins exemplaires centrés sur le patient ainsi qu’améliorer l’accès aux services de santé en français en Ontario pour les professionnels en santé et la population franco-ontarienne.

Le Carrefour santé d’Orléans de l’Hôpital Montfort s’avère d’ailleurs une des pierres angulaires sur lesquelles reposera une nouvelle façon d’offrir des soins ambulatoires pour les patients souffrant de problèmes médicaux complexes.

« Une des aspirations qu’on a pour le futur de Montfort est de devenir un centre d’excellence clinique en multimorbidité, a expliqué le Dr Leduc. Le système de santé a été développé à traiter des organes et non pas des individus. Or, de plus en plus, les gens vivent plus longtemps et accumulent différentes maladies chroniques. Les approches en vase clos par rapport à l’organe, et non pas à l’individu, créent les problèmes qu’on connaît de difficultés d’intégration des services, avec parfois des conseils contradictoires d’une spécialité à l’autre. Alors, je pense qu’il faut changer la façon de faire. C’est l’aspiration que nous avons de développer une nouvelle approche et une nouvelle façon de faire pour être capable de soigner la personne dans son entier, avec toutes ses particularités ».
Diplômé de l’Université de Montréal, le Dr Leduc a entrepris sa carrière en médecine à Val-D’Or. Il a commencé à travailler à Gatineau en 1990 avant de se joindre à l’Hôpital Montfort en 1999.

Montfort est un hôpital universitaire affilié à l’Université d’Ottawa.

Personnalité de la semaine

Engagée dans l’éducation des jeunes

La Ville d’Ottawa a honoré jeudi dernier la directrice de l’éducation au Conseil des écoles publiques de l’Est de l’Ontario (CEPEO), Édith Dumont, en la décorant de l’Ordre d’Ottawa, un prestigieux hommage municipal reconnaissant l’engagement exceptionnel de citoyens de la ville œuvrant dans différentes sphères d’activités. Cette marque de reconnaissance de la Ville vaut à Mme Dumont le titre de Personnalité de la semaine Le Droit/Radio-Canada.

La cuvée 2017 de l’Ordre d’Ottawa comprend quinze autres personnes, dont le directeur général d’Ottawa 2017, Guy Laflamme, le fondateur et chef de la direction de Ginsberg, Gingras et Associés, Claude Gingras, ainsi que le Dr Bernard Leduc, président et chef de la direction de l’Hôpital Montfort.

Impliquée à divers niveaux au CEPEO depuis plus de 25 ans, et auprès d’organisations comme le Réseau d’Ottawa pour l’éducation et Prévention du crime Ottawa, Mme Dumont s’est dite honorée de recevoir la médaille de l’Ordre d’Ottawa des mains du maire Jim Watson.

« C’est une marque de confiance, et une marque de reconnaissance de l’implication citoyenne », a résumé Mme Dumont, qui accorde aussi de son temps à des organisations comme La Nouvelle Scène et le Cercle des Sophie dans la Basse-Ville d’Ottawa.

« Cette implication est une façon pour moi de contribuer au bien-être de toute la communauté à Ottawa », a-t-elle continué.

« Je sais que je reçois le prix dans le cadre de mes fonctions à titre d’éducatrice, de directrice de l’éducation. Mais j’aime penser que le rôle que je joue a une portée communautaire, en enrichissant la ville d’Ottawa avec un conseil scolaire public, laïque, qui valorise la diversité, qui accueille les familles immigrantes, qui accueille les familles réfugiées et qui accueille les enfants des citoyens d’Ottawa », a continué Mme Dumont, qui s’est montrée « profondément touchée » et « émue » par l’honneur qu’elle partage avec ses collègues de travail.

Orthopédagogue de formation, Édith Dumont a enseigné auprès de jeunes aux prises avec diverses difficultés. Elle a aussi fait du bénévolat dans les écoles pour la petite enfance en Afrique du Sud et en France. 

Partenariats

Le CEPEO a développé plusieurs partenariats au cours des dernières années, dont avec le FC Barcelone et le Cosmodôme de Laval, le tout dans le but d’enrichir et de rendre le plus authentique possible l’expérience d’apprentissage des jeunes, a mentionné Mme Dumont.

« Nous avons des écoles qui ont des vocations très scientifiques alors on a des élèves très intéressés par tout ce qui concerne l’astronomie et les sciences de l’espace, ainsi que les sciences environnementales. On a donc développé avec le Cosmodôme des modules d’apprentissage où le Cosmodôme devient la salle de classe. On va au Cosmodôme et eux viennent nous rencontrer avec des expositions itinérantes », a expliqué Mme Dumont, tout en ajoutant qu’un partenariat a été établi avec le nouveau Musée des sciences et de la technologie du Canada.

« Ce sont des partenaires qui rendent vraiment dynamiques les écoles, et qui enrichissent non seulement l’expérience des élèves mais aussi l’expérience de la communauté », a souligné Mme Dumont.

Avec chaque implication dans une organisation, comme Prévention du crime Ottawa, Édith Dumont cherche à voir comment elle peut rapporter les connaissances au CEPEO, dans les écoles, pour s’assurer que soient offertes aux élèves les meilleures expériences afin qu’ils deviennent des citoyens engagés.

« Il y a un intérêt éducatif, même si c’est un comité qui est axé sur la prévention du crime », a précisé Mme Dumont.

Sherbrooke

Controverse vestimentaire dans une école secondaire

Des avertissements vestimentaires à l’école secondaire Mitchell-Montcalm à Sherbrooke ont fait réagir sur Facebook jeudi et vendredi. Une jeune fille vêtue d’un legging et une autre avec une ouverture dans le dos ont dû se changer, car elles ne respectaient pas le code vestimentaire de l’établissement.

Elles estiment toutefois ne pas avoir dépassé les bornes.

Ce n’est pas la première fois qu’une telle situation survient à l’école selon Valéry Martin, mère d’une élève.

« C’est une école super ouverte où il n’y a pas ou presque d’intimidation, mais je ne comprends pas pourquoi on cible particulièrement les filles, explique-t-elle. Ce sont souvent elles qui doivent changer de vêtements. »

La surveillance est très sévère selon Mme Martin.

« Les surveillants avertissent  les jeunes qui mettent leurs tuques avant de sortir dehors. À cet âge-là, c’est déjà difficile de leur faire porter une tuque en plus. »

Les couvre-chefs de toute sorte sont interdits à l’école Mitchell-Montcalm.

« Les gars ne sont pas cons et il ne faut pas culpabiliser les filles d’être à l’aise avec leur corps », résume Valéry Martin.


Personnalité de la semaine

Un chef qui sort de l’ombre

Originaire de Bryson, dans le Pontiac, le cuisinier Yannick LaSalle s’est illustré avec une deuxième position au prestigieux concours culinaire Des chefs en or/Gold Medal Plates, à Ottawa, jeudi. Un tour de force pour une première participation. À 30 ans, il se retrouve chef de cuisine du restaurant Les fougères, à Chelsea, avec l’énorme défi de renouveler un menu et une clientèle depuis longtemps fidèle au chef-propriétaire Charles Part. Pour le brio qui’il a démontré au concours culinaire, Le Droit et Radio-Canada décernent le titre de Personnalité de la semaine à Yannick LaSalle.

Le travail de cuisinier est largement reconnu comme ingrat. Ils sont toujours en arrière-scène, dans un environnement étroit et surchauffé, à vouloir satisfaire les attentes de clients exigeants qui veulent déguster des plats goûteux, imaginatifs... et économiques ! Pas très bien payés non plus...

Pourtant, ils s’en trouvent à toujours vouloir tenter le coup, à vouloir relever le défi malgré ces conditions difficiles : telle est l’histoire de Yannick LaSalle, le chef de cuisine du restaurant Les fougères, à Chelsea. Jeudi, pour la première fois de sa carrière, il est sorti de l’ombre. Avec sa deuxième place au concours culinaire Des chefs en or, il s’est retrouvé sur le podium au Centre des congrès Shaw, à Ottawa, avec 500 convives qui l’applaudissaient. Il affichait alors son plus beau sourire. Comme s’il venait de recevoir le plus beau cadeau de Noël !

À l’instar de plusieurs autres, il est arrivé en cuisine un peu par hasard. « J’étudiais en technique d’usinage, il y avait beaucoup d’informatique et je voyais bien que ce n’était pas pour moi, a-t-il confié, peu après le concours. Comme gagne-pain, je travaillais au Bifthèque (aujourd’hui fermé), le restaurant de l’hôtel Manoir du Casino. J’ai eu une première piqûre…

« Autour de 2007, l’École hôtelière de l’Outaouais a offert son programme de cuisine à Fort-Coulonge. Nos professeurs étaient André Macron et Vanessa Zhivkov. Nous étions une douzaine au départ, cinq à la fin. Ça n’a donc pas duré. Je suis entré à L’Orée du bois, à Chelsea, où j’ai continué mon apprentissage avec les chefs Guy Blain et Jean-Claude Chartrand. Je suis allé passer deux semaines en stage en banlieue de Paris, au restaurant L’Escarbille (une étoile au Guide Michelin), du chef Régis Douysset. Là j’ai vu que la cuisine, c’était à un autre niveau... »

En 2011, il est entré aux Fougères. Comme second d’abord, et quand le tandem de propriétaires Charles Part et son épouse Jennifer Warren ont procédé à des rénovations majeures en 2015, il était temps de moderniser la carte du même coup. Ils ont passé le flambeau à Yannick LaSalle et son collègue Matt Pritchard (qui a quitté depuis). 

« Ils nous ont laissé une très grande liberté. Le chef Part est autour, nous parlons de la carte, mais il n’est pas en cuisine, sur la ligne, avec l’équipe. Il se tient derrière et nous fait confiance. »

Pour le concours, ils ont jonglé avec diverses idées avant d’arrêter leur choix sur l’omble de l’Arctique, un poisson magnifique pêché dans les eaux froides de Pangnirtung, au Nunavut. En pavés rectangulaires, il a opté pour une cuisson sous vide, très populaire chez les chefs, où l’aliment est mis dans un sac hermétique, et cuit dans l’eau à basse température. Cela cuit tout en donnant un moelleux séduisant, mais qui ne plaît pas à tous, surtout avec une protéine d’une telle qualité. Cela lui a peut-être coûté la victoire. Mais sa purée de courge musquée était parfaite et avec quelques décorations, l’assiette de Yannick LaSalle était la plus belle de la soirée. Assez pour lui assurer un podium... qui lui a permis de sortir de l’ombre.

Personnalité de la semaine

Au service de l’environnement

Professeur au Département des sciences naturelles à l’Université du Québec en Outaouais et chercheur à l’Institut des sciences de la forêt tempérée de Ripon, Jérôme Dupras a reçu mercredi dernier des mains de la vice-première ministre du Québec, Dominique Anglade, l’un des Prix finalistes de la relève scientifique accompagné d’une bourse de 2000 $. Cet honneur vise à récompenser les jeunes chercheurs en début de carrière qui sont âgés de moins de 40 ans et dont l’excellence des travaux est reconnue. Pour l’occasion, Le Droit et Radio-Canada décernent le titre de Personnalité de la semaine à M. Dupras.

Le professeur Dupras n’aurait pas pu espérer un meilleur scénario pour souffler ses 38 bougies, lui qui célébrait son anniversaire de naissance le 3 novembre. Les Cowboys Fringants, le groupe musical maintes fois récompensé au fil des ans et dont il est le bassiste et l’un des membres fondateurs, était une fois de plus en nomination cette année au gala de l’ADISQ – dans deux catégories –, à la fin octobre. Ensuite, il y a eu cette remise de prix à l’Assemblée nationale du Québec en milieu de semaine dernière. 

« C’est super flatteur pour moi, mais aussi pour mes objets de recherche, lance le chercheur au bout du fil, à propos de la distinction qu’il a reçue. Les sciences sociales, ce ne sont pas toujours les premières à être soulignées. Souvent, ce sont les sciences biomédicales qui obtiennent une résonnance plus rapide et plus forte. Pour nous les géographes, c’est plus difficile de sortir du lot, donc je suis content que le travail que je fais en environnement avec mon équipe de l’ISFORT ait retenu l’attention. »

La feuille de route du jeune chercheur est impressionnante. Détenteur d’un doctorat en géographie obtenu à l’Université de Montréal en 2014 et titulaire d’un postdoctorat de l’Université McGill en biologie, Jérôme Dupras est auteur de plusieurs publications. Il a entre autres signé l’étude publiée en décembre 2016 qui concluait que les 55 000 hectares d’espaces verts et de terres agricoles de la Commission de la capitale nationale représentaient chaque année des bénéfices environnementaux d’une valeur de 332 millions de dollars. M. Dupras a récemment été nommé président de la Société canadienne d’économie écologique. Il a aussi mis son expertise à contribution dans l’élaboration du plan écoresponsable de MosaïCanada 150, l’été dernier à Gatineau.

Deux passions, une priorité

La double carrière de Jérôme Dupras a toujours été bercée par une motivation : la préservation de l’environnement. Avec les Cowboys Fringants, il assouvit son côté revendicateur. Le groupe sert de « tribune » pour faire passer des messages au grand public. Dans le laboratoire, le scientifique s’attarde aux questions de l’évaluation économique des services écosystémiques, à la conservation de la biodiversité, à la gouvernance et à l’aménagement du territoire. 

« Dans le laboratoire, on est au coeur de la ville, de l’agriculture, de la forêt boréale, mais c’est toujours en fonction de l’économie écologique qui est de dire que le développement doit se faire autrement en respectant les liens d’interdépendance entre l’humain et la nature », indique M. Dupras, qui offrira une conférence, le 7 novembre au soir, au pavillon Alexandre-Tâché de l’UQO. Lors de sa présentation, il traitera notamment des inondations du printemps 2017 dans le contexte des changements climatiques et de l’étalement urbain. « On ne doit plus aménager nos villes en se basant sur 2010. Il faut penser à 2030 ou 2050. Les infrastructures, qu’elles soient vertes ou grises, doivent être conçues pour faire face à une plus haute fréquence d’événements perturbateurs », note le professeur.

À travers son horaire bien chargé, Jérôme Dupras est aussi – et surtout – père de deux jeunes garçons âgés d’ un an et demi et trois ans et demi. À cet égard, le combat qu’il mène pour l’environnement a aujourd’hui encore plus de sens.

« Ma motivation, ce sont mes deux garçons. Je suis hautement préoccupé par la planète qu’on va leur laisser. À 38 ans, je vais déjà vivre sur une planète assez stable pour le reste de mes jours. Eux, ce sont leurs enfants qui vont vivre des situations assez problématiques si on n’agit pas maintenant », conclut-il.

Personnalité de la semaine

La mission d’Elsa Lalonde

La Franco-Ontarienne Elsa Lalonde, 21 ans, milite depuis trois ans pour que l’Université d’Ottawa améliore l’accessibilité sur son campus aux personnes handicapées. Ses efforts ont été récompensés cette semaine alors qu’on lui a décerné le prestigieux prix Dr. John Davis Burton qui reconnaît la contribution exceptionnelle d’un étudiant des universités et des collèges d’Ottawa à l’amélioration de la qualité de vie des personnes vivant avec un handicap. Le Droit et Radio-Canada la félicitent à leur tour en lui décernant le titre de Personnalité de la semaine.

« Je suis très contente de recevoir ce prix, a-t-elle dit. Je suis contente de savoir qu’il y a d’autres personnes qui reconnaissent le travail que je fais et qui ont les mêmes valeurs que moi face à l’intégration des étudiants ayant une variété de handicaps. »

Elsa Lalonde se déplace en fauteuil roulant depuis qu’un grave accident de ski survenu en 2009, alors qu’elle était âgée de 12 ans, lui a presque coûté la vie et l’a laissée paraplégique. Et à son arrivée à l’Université d’Ottawa pour poursuivre ses études en sciences sociales, cette diplômée de l’école secondaire publique Gisèle Lalonde a vite constaté plusieurs lacunes sur le campus en ce qui a trait à l’accessibilité pour les personnes handicapées.

« En tant qu’étudiante qui se déplace en fauteuil roulant, dit-elle, j’ai fait face à beaucoup de difficultés pour avoir accès à mes classes dans certains locaux. Je n’ai donc pas le choix de me battre pour que l’université améliore l’accessibilité aux personnes handicapées. Et j’y travaille depuis plusieurs années. Pourrait-on, par exemple, changer un cours de place quand la classe n’est pas accessible aux personnes handicapées ? C’est quelque chose que l’Université a beaucoup de difficultés à faire. Et puisque personne à l’Université n’a pris en charge ces problèmes-là pour y apporter des changements, il a fallu que je me tourne vers le Tribunal des droits de la personne », laisse-t-elle tomber.

Une décision dans cette cause devrait être rendue après les Fêtes.

En plus de ses études universitaires à temps plein, Elsa Lalonde travaille à temps partiel comme analyste au Bureau de la condition des personnes handicapées du Canada où elle contribue à l’élaboration d’une loi pour l’accessibilité dans les édifices et lieux fédéraux.  

Elle est aussi bénévole à Lésions médullaires Ontario, au Centre de réhabilitation d’Ottawa, où elle offre conseils et soutien aux patients qui ont subi un accident grave.

« Ce sont souvent des gens qui seront en fauteuil roulant pour le restant de leurs jours, explique-t-elle. C’est un choc lorsqu’on apprend ça. J’en sais quelque chose. 

« Donc puisque je suis passée à travers ce traumatisme il a plusieurs années, je rencontre ces gens pour leur dire que c’est possible de vivre une belle vie satisfaisante malgré son handicap. J’ai une expérience de vie que je peux partager et que les médecins n’ont pas nécessairement.

« Et je travaille aussi sur un projet personnel, ajoute-t-elle. Soit celui de construire un parc pour enfants totalement accessible aux personnes handicapées dans ma ville natale de Rockland. Ce projet a été approuvé par la Ville. Il faut maintenant recueillir les fonds nécessaires pour sa réalisation. »

Personnalité de la semaine

Le piano dans le sang

Professeure, compositrice et pianiste-récitaliste de renom, Pierrette Froment-Savoie a cumulé durant sa longue carrière quantité de prix et distinctions en plus d’avoir transmis son bagage de connaissances à des générations de musiciens. Afin de souligner sa brillante carrière, Le Droit et Radio-Canada décernent à Mme Froment-Savoie le titre de Personnalité de la semaine.

Quand on demande à Pierrette Froment-Savoie d’où vient son amour pour la musique, la réponse vient tout naturellement. La musique a toujours coulé dans ses veines, tout simplement, lance-t-elle.

« À trois ans, je jouais du piano. Ma mère pensait que c’était ma sœur aînée qui jouait. Elle criait : ‘Tu vas être en retard à l’école.’Elle est descendue au salon et elle s’est aperçue que c’était moi qui jouais des morceaux à l’oreille », se souvient la dame.

À cinq ans, Mme Froment-Savoie a débuté les cours de piano avec les religieuses. Peu de temps après, elle montait déjà sur scène pour un premier concert. Comble du hasard, la prestation en question avait lieu à l’Orphelinat Saint-Thérèse, endroit qui allait devenir plus tard le Conservatoire de musique de Gatineau.

« C’est inné. Je n’ai pas de mérite. Je n’ai pas eu à me demander ce que j’allais faire dans la vie. Je le savais déjà tout jeune. C’est la musique qui m’a choisie », raconte la septuagénaire.

Une vie bien remplie

Le curriculum vitae de Pierrette Froment-Savoie est étoffé. Sa biographie est tout aussi impressionnante.

En plus de détenir une licence en musique de l’Université de Montréal, la principale concernée a décroché en 1964 une maîtrise en interprétation pianistique. Lors de la même année, elle offrait deux prestations avec l’Orchestre symphonique de Montréal en tant qu’artiste invitée. 

À travers les dernières décennies, en plus d’enseigner l’harmonie, le contrepoint, la fugue, l’analyse, la formation auditive ainsi que le piano complémentaire au Conservatoire de musique de Gatineau, elle a été professeure régulière au département de musique de l’Université d’Ottawa et professeure adjointe au département de musique de l’Université de Moncton.

Son engagement pédagogique ne l’a pas empêchée de faire de la scène. Dans le cadre des célébrations du centenaire de la Confédération canadienne, elle a offert plusieurs prestations dans l’ouest du pays pour représenter l’ancienne Ville de Hull. Elle a aussi foulé les planches à plusieurs occasions pour des dîners d’état. 

En 1987, elle a notamment livré un récital devant le président américain Ronald Reagan qui était de passage à la résidence du gouverneur général du Canada. « J’avais joué pendant cinq heures », note la pianiste qui performe toujours sans partition. « Si je jouais avec un cahier, j’interpréterais avec les yeux et la pensée et non avec le cœur », précise-t-elle.

L’un des moments les plus marquants de sa vie fut d’avoir composé le requiem pour son fils Mathieu – dont la Maison Mathieu-Froment-Savoie porte le nom en son honneur –, décédé en 1991, à l’âge de 13 ans. « Le requiem a été joué un an presque jour pour jour après sa mort à la Maison de la culture. C’était le premier concert classique présenté à la salle. Toute l’année, j’ai composé ça. J’ai dû me mettre dans l’esprit. Ç’a été comme ma thérapie », confie l’artiste.

Décorée de l’Ordre de Gatineau en 2016, la dame de 75 ans a toujours la flamme malgré son âge. D’ailleurs, ne lui parlez pas de retraite. « La passion du travail est toujours là. Je pense que de continuer à enseigner et être en présence des élèves me garde jeune », dit-elle.

Personnalité de la semaine

Le succès de MosaïCanada 150

L’exposition MosaïCanada 150 / Gatineau 2017 présentée au parc Jacques-Cartier à Gatineau cet été a connu un succès extraordinaire et a été un événement marquant du 150e anniversaire de la Confédération. Cette reconnaissance souligne le grand talent de ses artisans exprimé magnifiquement dans des chefs-d’œuvre horticoles. Pour le dynamisme de son équipe et des 600 bénévoles qui ont travaillé d’arrache-pied pour sa réussite, Le Droit et Radio-Canada lui décernent le titre de Personnalité de la semaine.

L’exposition MosaïCanada 150 a attiré plus de 1 300 000 visiteurs cet été au parc Jacques-Cartier, une réussite remarquable qui a dépassé toutes les prévisions parmi tous les événements marquant le 150e anniversaire de la Confédération.

Derrière cette grande aventure historique, toute une équipe a travaillé d’arrache-pied pour que les œuvres horticoles préparées avec soin par ses artisans nous transportent dans un kaléidoscope riche et surprenant par ses formes et ses couleurs.

Pendant les 107 jours de l’exposition, 600 bénévoles ont donné de leur temps pour accueillir les visiteurs. Des jeunes, des adultes, mais surtout des aînés venus de tous les milieux ont été de vrais ambassadeurs parce qu’ils voulaient contribuer au succès de l’événement.

Magali Lewis et Christine Bacon, toutes deux de Gatineau, ont été les architectes et responsables de cette équipe de bénévoles généreux. Elles ont travaillé ensemble pour réunir l’équipe et maintenir « la flamme », un défi auquel les bénévoles ont répondu par leur présence continue, beau temps, mauvais temps.

« En moyenne, il y avait toujours entre 25 et 40 bénévoles. La majorité était composée de personnes à la retraite qui étaient très dévouées. Ils ont été extraordinaires. Ils ont tissé de liens entre eux. Je suis certaine qu’ils vont continuer à se revoir » a raconté Magali Lewis, directrice des opérations et de la coordination, qui a initié les démarches pour l’équipe des bénévoles qu’a ensuite dirigée Christine Bacon, gestionnaire des bénévoles, jusqu’à la fin de l’exposition.  

« Au début, je suis venue moi-même avec l’idée d’être bénévole. Mais je trouvais le projet tellement emballant que je suis allée voir la direction pour dire que je voulais faire partie de cette équipe », a raconté Christine Bacon. 

Certains sont venus plus de 50 fois donner de leur temps, soit une journée sur deux, alors qu’un d’entre eux, Denis Gaudreau, est venu prêter main-forte plus de 100 fois, soit presque tous les jours. 

« Les bénévoles ont été formidables. Les jeunes, les adultes, les aînés. On se parlait des rencontres avec des gens venus du monde entier, avec les yeux pétillants. Il y avait beaucoup de joie qui rayonnait à travers tout cela. Ce fut une expérience extraordinaire » a témoigné Christine Bacon, en parlant des centaines de bénévoles qui étaient sous son aile.

De nombreux visiteurs ont déjà pris la peine d’envoyer un courriel à l’équipe pour souligner qu’ils avaient aimé l’exposition et leur visite. « Quand les gens étaient sur le site, ils étaient heureux. Et quand ils quittaient, ils avaient encore le sourire, encore éblouis par l’exposition. C’était remarquable », a raconté Magali Lewis.