Aux côtés de sa mère Peggy et de son grand-père « Jackrabbit » Johannsen, Karin Austin (à droite) a participé au Marathon canadien de ski avec son fils Michael sur son dos, en 1982. Ce dernier n’avait que neuf mois. Le grand « Jackrabbit », bien installé sur ses skis, était âgé de 106 ans.

Perpétuer l’héritage de «Jackrabbit» Johannsen

Quand l’organisation du 53e Marathon canadien de ski (MCS) a tendu la main à Karin Austin pour être présidente d’honneur de l’événement, la femme de 73 ans n’a pas eu besoin de réfléchir très longtemps avant d’accepter l’offre. Petite-fille du légendaire fondeur norvégien canadien Herman «Jackrabbit» Smith-Johannsen, elle perpétue ainsi une longue tradition familiale.

«J’ai accepté avec trépidation. Quand les gens me rencontrent, ils pensent souvent que je suis comme mon grand-père. J’ai beaucoup de son esprit. Je suis chanceuse d’être sa petite-fille. Nous sommes d’ailleurs nés à la même date d’anniversaire, le 15 juin», lance avec fierté Mme Austin au bout du fil.

Plus de 1451 skieurs en provenance de la région, mais aussi de partout au pays, aux États-Unis et même de l’autre côté de l’océan, ont noirci cette année la feuille d’inscription de la plus longue et vieille randonnée de ski de fond en Amérique du nord.

Le départ de cet événement récréatif non chronométré se fera tôt ce matin (samedi), en direct de Mont-Tremblant. Les participants, en quête d’un défi personnel, peuvent modeler leur parcours selon leurs aptitudes. À travers les terres publiques et privées, les montagnes, les lacs et les rivières, les plus chevronnés et courageux vont parcourir aujourd’hui une première tranche d’un peu plus de 80 kilomètres pour se rendre jusqu’à Montebello. Les fondeurs amateurs prendront ensuite le départ de la deuxième moitié du parcours dimanche matin en direction de Lachute pour franchir 80 autres kilomètres.

Le legs de «Jackrabbit»

C’est par amour pour le ski de fond et le sport en nature que Karin Austin a accepté de se joindre à l’équipe du MCS pour cette 53e édition, mais c’est aussi et surtout pour perpétuer l’héritage de son grand-père, cet homme assoiffé d’un désir d’aventure et de persévérance.

«Je veux souligner ce en quoi croyait “Jackrabbit”. Il disait qu’il fallait maximiser ses aptitudes en faisant du mieux qu’on peut avec ce qu’on a», confie Mme Austin à propos de son rôle de présidente d’honneur.

Il faut dire que cette dernière a quelque peu marché dans les pas de son grand-père. À preuve, la septuagénaire a enfilé sa première paire de skis quand elle n’était âgée que d’un an et demi. Physiothérapeute de carrière, elle a participé à son premier MCS en 1968. Le goût du dépassement de soi a toujours coulé dans ses veines.

Aux côtés de sa mère Peggy et de son grand-père, elle a notamment pris part en 1982 au marathon avec son fils Michael sur son dos. Celui-ci avait à peine neuf mois. Le grand «Jackrabbit», alors âgé de 106 ans, avait encore la ferme volonté de skier, aime se rappeler Mme Austin. Herman «Jackrabbit» Smith-Johannsen est décédé en 1987 à l’âge de 111 ans.

Selon elle, ce dernier serait très fier de voir ce qu’est devenu le MCS aujourd’hui. L’événement attire non seulement un lot important de participants année après année, mais depuis les récentes éditions, l’organisation implique davantage la jeunesse. Plus de 560 élèves provenant de 19 écoles de la région ont eu le privilège vendredi de réaliser un mini-marathon à Montebello. Cette activité sert de lever de rideau au MCS depuis cinq ans.

«Si les enfants sont actifs physiquement, ils vont apprendre mieux, ils vont avoir une vie ouverte aux possibilités et ils ne seront pas toujours sur leur téléphone en train de jouer avec leurs doigts. Ça permet aux jeunes de sortir dans le bois, d’apprécier la nature et de jouer dans la neige. C’est aussi une façon de préparer la relève du marathon», de conclure Mme Austin.