François Legault était de passage à Sherbrooke dimanche pour participer au congrès des jeunes caquistes.

Péréquation: Legault riposte à Kenney

Le premier ministre François Legault a riposté dimanche à Sherbrooke à son homologue albertain Jason Kenney sur l’enjeu de la péréquation. Il a rappelé à M. Kenney qu’il ne pourra se retirer unilatéralement du programme fédéral de péréquation, même si l’Alberta est mécontente d’y contribuer massivement au bénéfice de plusieurs provinces, dont le Québec.

Samedi, dans une vidéo diffusée sur Twitter, M. Kenney a notamment reproché au Québec de ne pas exploiter son gaz de schiste, se privant ainsi de revenus, pour ensuite dépendre de l’argent du pétrole des Albertains.

Il a fait savoir que son gouvernement allait tenir un référendum en octobre 2021 s’il n’obtenait pas des changements à la péréquation ainsi que les autorisations pour construire des oléoducs en vue d’exporter son pétrole.

Le Québec a reçu 13,1 milliards $ en péréquation du fédéral en 2019, ce qui représente 11 pour cent de ses revenus.

En mêlée de presse dimanche matin au congrès des jeunes caquistes à Sherbrooke, François Legault a souligné que le principe de la péréquation est inscrit dans la Constitution et que seul le Canada tout entier peut changer la formule.

« Ça revient à l’existence même du Canada. Quand le Québec est embarqué dans le Canada, il était prévu qu’il y aurait de la péréquation. Ça fait partie du deal original, on ne peut pas changer le deal original. »

Le chef caquiste a affirmé que le Québec « a droit à la péréquation » et qu’il n’est pas question de modifier la formule.

Il a admis que son gouvernement ne peut se passer de ces milliards, même s’il nage dans les surplus. Et ses homologues de provinces déficitaires, mais qui contribuent à la péréquation, lui ont manifesté leur mécontentement au Conseil de la fédération en juillet dernier à Saskatoon.

Le premier ministre caquiste a toutefois rappelé en contrepartie que le fédéral a maintes fois favorisé l’Ontario en subventionnant l’industrie automobile, ou favorisé l’Alberta en subventionnant l’industrie pétrolière.

M. Legault a souligné qu’à moyen terme le Québec peut s’affranchir de la péréquation, s’il devient aussi riche que l’Ontario, mais qu’il s’agit du « chantier d’une génération ».

Le programme fédéral de péréquation vise à permettre à toutes les provinces d’offrir des services de qualité équivalente, sans égard à leur richesse. En vertu de la formule de calcul, certaines provinces plus riches, comme l’Alberta et la Saskatchewan, contribuent au programme, tandis que d’autres, comme le Québec et les provinces de l’Atlantique, sont bénéficiaires.

Les jeunes divisés

Si François Legault a abordé la péréquation dimanche, c’est aussi que le sujet avait fait couler beaucoup d’encre la veille alors qu’une proposition amenant l’idée d’un plan pour que le Québec s’affranchisse de la péréquation a été rejetée avec une bonne majorité par l’aile jeunesse de la CAQ.

Dans son discours, le premier ministre a tenu à revenir sur la question.

« On reçoit ce 13 milliards et on ne veut pas le perdre. On y a droit et il n’est pas question d’envoyer un message qu’on pourrait laisser tomber la péréquation. Il n’est pas question de changer ce programme, » a-t-il lancé à sa commission jeunesse.

« Quand j’ai préparé les finances d’un Québec souverain, il n’y a pas si longtemps que ça, le Québec recevait quatre milliards en péréquation, ajoute-t-il. On reçoit 13 milliards parce qu’essentiellement on n’est pas aussi riche que le reste du Canada. Si on regarde le PIB par habitant, on a un retard de 24 % sur le reste du pays et de 16 % sur l’Ontario où il n’y a pas de pétrole. Il n’y a pas de raison pour ça. »

Selon lui, le montant reçu par le Québec affaiblit son rapport de force.

« Lorsqu’on négocie avec Ottawa ou les autres provinces, on n’a pas toujours le gros bout du bâton, résume-t-il. Si on veut un Québec fort, fier, je vous invite à vous donner comme une de vos grandes priorités d’avoir un Québec qui est aussi riche que le reste du Canada. C’est d’abord une question de fierté. »

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Legault va tout faire pour que les journaux GCM continuent de paraître

Le gouvernement caquiste va « tout faire » pour que les journaux du Groupe Capitales Médias (GCM) continuent de paraître après le 26 août. C’est ce qu’a déclaré dimanche matin le premier ministre François Legault. « Je vais tout faire pour que les journaux continuent de publier, a affirmé le premier ministre dans une mêlée de presse. On veut trouver un moyen — et on y travaille actuellement — pour que les journaux continuent de publier. » L’opposition libérale s’inquiète de la concentration de la presse dans l’éventualité où Québecor reprendrait ces journaux. L’empire de Pierre Karl Péladeau a été approché et serait intéressé. Selon le Parti libéral, il faut que les citoyens du Québec, dans chacune des régions, puissent avoir accès à plusieurs sources d’information différentes. Toutefois, François Legault a répondu que cela ne le regardait pas. « C’est le fédéral qui regardera ça », a dit M. Legault. La semaine dernière, le premier ministre a dit être ouvert a une aide ponctuelle d’urgence, en attendant qu’un programme général d’aide aux médias soit mis sur pied et que la question de la propriété de GCM soit réglée.

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Le gouvernement annonce un forum sur la dépendance aux écrans

Le gouvernement caquiste tiendra un forum sur la dépendance aux écrans. Le premier ministre François Legault en a fait l’annonce dimanche au congrès des jeunes caquistes à Sherbrooke. C’est le ministre délégué à la Santé, Lionel Carmant, qui présidera ce forum. Le forum visera à dresser un portrait de la situation. Par la suite, M. Carmant mettra en place un plan d’action avec des campagnes de sensibilisation. La date du forum n’a pas été annoncée.