Pedneaud-Jobin ne tient rien pour acquis

Le maire sortant, Maxime Pedneaud-Jobin, a beau trôner en tête des intentions de vote des Gatinois, il reconnaît que rien n’est joué et que tout peut encore changer à trois semaines de l’élection.

« C’est clair qu’on est content, lance-t-il, attablé au Tim Horton’s du Plateau en compagnie de sa candidate dans le quartier, Maude Marquis-Bissonnette. On mène une campagne d’idée, une campagne positive, et je pense que c’est ce que les gens veulent, qu’on parle de Gatineau. »

Le sondage Segma Recherche réalisé pour le compte du Droit et du 104,7 Outaouais donne à M. Pedneaud-Jobin 53 % des intentions de vote, après répartition des indécis. Il se trouve loin devant ses plus proches rivaux, Denis Tassé (23,9 %) et Sylvie Goneau (13,7 %). La proportion d’indécis est encore importante. Plus de 21 % des répondants affirment ne pas avoir fait leur choix et plus de deux répondants sur trois affirment qu’ils peuvent encore changer d’idée. 

« On ne peut rien tenir pour acquis, affirme le chef d’Action Gatineau. À tous les paliers, les dernières campagnes électorales l’ont démontré. En 2013, j’étais en retard dans les intentions de vote à 15 jours de l’élection. C’est vers la fin de la campagne que les gens prennent leur décision. »

Goneau exclut un retrait

Malgré sa troisième position dans les intentions de vote, la candidate indépendante Sylvie Goneau exclut totalement un retrait de la course à la mairie. « Je vais continuer ma campagne jusqu’à la fin, dit-elle. Je vais maintenir la cadence. Je ne vais pas me retirer. Les gens sont heureux d’avoir une première femme candidate à la mairie. Je vais tracer le chemin pour d’autres femmes dans le futur. »

Mme Goneau voit dans ce sondage la preuve de « l’insatisfaction grandissante » à l’égard de l’administration Pedneaud-Jobin. « C’est un maire qui manque de leadership et qui est incapable de livrer la marchandise », dit-elle.

Quant aux intentions de vote qui la concerne directement, Mme Goneau admet qu’il y a là un message à son endroit. « Je dois clarifier mon message et apporter des précisions, dit-elle. La propagande a fait croire aux gens que je voulais couper des postes clés dans la fonction publique, ce qui est faux. »

Le candidat indépendant Denis Tassé a convoqué les médias à son bureau de campagne à 11h45 pour offrir ses réactions. 

Hausse des taxes

Le sondage Segma Recherche démontre que près de 80 % des répondants souhaitent des hausses de taxes moindres que ce que propose le maire sortant. Toutefois, cet écart entre les attentes des électeurs et la proposition d’Action Gatineau ne semble pas avoir d’impact sur les intentions de vote. 

« C’est un débat traditionnel lors des élections municipales, rappelle M. Pedneaud-Jobin. Nous proposons une hausse qui est dans la zone du raisonnable et de la prudence. Il n’y a pas d’exagération. Les gens reconnaissent qu’on a contribué à limiter la hausse des dépenses. Nous ne sommes pas dépensiers. »

Sylvie Goneau estime que sa proposition sur la hausse des taxes n’a pas été bien comprise par les électeurs. Mme Goneau propose une augmentation qui se collera sur le taux d’inflation qui selon la Banque du Canada peut varier entre 1 % et 3 %. « L’inflation se situe à environ 1,4 % cette année, dit-elle. Les gens peuvent s’attendre à une hausse semblable l’an prochain. Je propose donc la plus faible hausse parmi tous mes adversaires. » 

Rémi Bergeron

Le candidat Rémi Bergeron qui obtient 4,7 % des intentions de vote après répartition des indécis n’est « pas du tout » surpris des résultats du sondage, mais il croit qu’« il va y avoir des revirements » d’ici l’élection. « Il reste deux semaines et demie à la campagne, et c’est le 5 novembre qu’on va vraiment savoir, a-t-il réagi. Sur le terrain, ce n’est pas comme ce que le sondage dit. Les gens sont beaucoup plus insatisfaits [du maire sortant]. »

Clément Bélanger

Quant à Clément Bélanger pour qui les intentions de vote se situent également à 4,7 % après répartition des indécis, il souligne qu’il partait « de plus loin » que les candidats qui étaient déjà en politique active. « Quand je vais mon porte-à-porte, on sent qu’il y a encore une volatilité au niveau des intentions de vote », a-t-il mentionné. Je poursuis ma campagne, je veux continuer de parler de ma vision. Moi j’y crois, et quand on croit en notre vision, on continue. »

Avec Justine Mercier