Nathalie Normandeau perd son micro à la station de radio BLVD 102,1.

Pas de radio pour Nathalie Normandeau cet automne

Nathalie Normandeau ne sera pas de retour à la radio cet automne. L’ex-politicienne devenue animatrice veut maintenant «concentrer ses énergies» à sa défense devant la cour et à la rédaction d’un livre sur son histoire.

La décision de retirer l’émission «Nathalie le midi» des ondes de la station BLVD 102,1 a été prise d’un commun accord, indiquent la station et l’animatrice.

Dans un communiqué publié jeudi, le directeur de la programmation Claude-Éric Girard explique que la fin de cette émission d’affaires publiques «nous permet de compléter à 100 % notre virage musical». BLVD 102,1 confie la barre de son émission du midi à Martin Dalair, qui animera le Rock Show. 

De son côté, Nathalie Normandeau indique qu’elle quitte son poste en «excellents termes» avec ses patrons de Leclerc Communication et que c’est une décision «gagnant-gagnant». «Ils m’ont embauchée à un moment où c’était très difficile, six mois après mon arrestation. Ça prenait beaucoup d’audace de la part d’un employeur», juge-t-elle. 

Les derniers sondages Numeris, en mai, n’ont pas été des plus réjouissants pour BLVD. L’émission de Nathalie Normandeau n’a pas réussi à se hisser parmi les cinq émissions du midi les plus écoutées à Québec. Mais Mme Normandeau affirme qu’il ne s’agit pas d’un facteur déterminant. «Mon objectif, c’est de prendre un pas de recul, pour mieux rebondir. J’ai besoin de toute mon énergie. Les sondages, c’est relatif dans la balance. J’ai quelque chose de plus important que ça à régler», raconte-t-elle. 

L’important, explique la femme de 51 ans, c’est de «réhabiliter la personne que je suis». Depuis qu’elle a été arrêtée en mars 2016 par l’Unité permanente anticorruption (UPAC) et accusée de corruption, Mme Normandeau n’a jamais pu livrer sa version des faits.

«J’ai besoin de coucher sur papier toute mon histoire. C’est important que les gens sachent ce qui s’est passé. C’est mon intégrité qui a été frappée de plein fouet», fait-elle valoir. Mme Normandeau souhaite livrer les détails de son arrestation et défendre la façon dont elle a pris ses décisions comme ministre. 

Aucune date de parution n’est prévue pour ce livre, car Mme Normandeau attend toujours la fin des procédures judiciaires. 

L’animatrice fait face à des accusations de complot, de corruption, de fraude et d’abus de confiance. Son procès est pour le moment suspendu, le temps que la Cour suprême statue sur la nécessité ou non pour la journaliste de Radio-Canada Marie-Maude Denis de dévoiler ses sources dans cette affaire. Cette décision devrait être rendue à l’automne. 

Mme Normandeau n’en peut plus des délais qui s’accumulent. «C’est lourd. Ma vie est en sursis.» Ses avocats envisagent de formuler une autre requête en arrêt du processus en vertu de l’arrêt Jordan, mais l’ex-politicienne préférerait aller au fond des choses. «Je veux pouvoir m’exprimer devant un juge.»

Nathalie Normandeau, qui a été vice-première ministre du Québec sous les libéraux de Jean Charest, a quitté la politique en 2011. Elle a commencé sa carrière d’animatrice radio en 2015 au FM93, mais cette station l’a remerciée immédiatement après son arrestation en 2016.

Elle a par la suite retrouvé un micro à BLVD. «J’ai adoré la radio. J’ai eu la chance de progresser à la vitesse grand V. Et l’objectif ultime, ce serait de retrouver un micro, quelque part au début 2020.»

Mais pas question toutefois de retourner en politique. Surtout que tous ses anciens collègues ont décidé de boycotter son émission de radio après son arrestation. «Je me suis sentie trahie. J’ai encore un goût amer dans la bouche par rapport à ça.»

Selon elle, les députés ont choisi de la condamner, comme l’a fait le «tribunal populaire», au lieu de respecter le principe de présomption d’innocence. «C’est lâche. C’est indigne de notre démocratie.» Depuis un an toutefois, certains députés avaient accepté de lui accorder des entrevues.