France Bélisle, directrice générale de Tourisme Outaouais, espère la mise en place d’un plan B pour la démolition du pont Alexandra.

Pas de cri d’alarme chez Tourisme Outaouais

Tourisme Outaouais ne croit pas que la démolition d’ici dix ans du pont Alexandra, qui relie le marché By d’Ottawa au centre-ville de Gatineau, aura nécessairement des impacts négatifs sur le nombre de visiteurs. L’organisation prévient cependant qu’une fois le temps venu, le plan B devra avoir été mûrement réfléchi, en collaboration avec les partenaires.

« Côté touristique, les conséquences, il n’y en aura pas tant que cela. Ça dépend quel point de vue on prend. Quand les gens viennent dans la région, on leur suggère fortement de stationner leur véhicule et de marcher la capitale, au même titre qu’un visiteur se déplacerait en métro ou à pied à Montréal. Et on entend dire qu’il serait démoli par parcelles, qu’il n’y aurait pas de fermeture du jour au lendemain et un bris de service du lien routier et piétonnier pendant trois ans. Il reste des éclaircissements à avoir, nous n’avons pas encore toutes les réponses. [...] Oui, c’est un pont névralgique, mais l’autre élément à considérer, c’est que ce n’est pas un pont à proximité d’une embouchure d’autoroute comme c’est le cas pour Cartier-MacDonald ou encore du Portage », note la directrice générale de Tourisme Outaouais, France Bélisle.

Le remplacement du pont érigé il y a près de 120 ans, annoncé en primeur lundi par LeDroit puis confirmé dans le budget fédéral, priverait la population d’un lien interprovincial pendant au moins trois ans, selon les informations obtenues.

Environ 9 % des mouvements automobiles interprovinciaux quotidiens se font par le pont Alexandra, sans compter que sa traverse piétonnière et cyclable est cruciale pour le tourisme, car elle permet de relier facilement le parlement à l’institution culturelle la plus visitée au pays, le Musée canadien de l’histoire.

Mme Bélisle tient par ailleurs à remettre les pendules à l’heure par rapport à une affirmation de l’ex-présidente de Tourisme Outaouais et actuelle conseillère municipale Louise Boudrias, selon laquelle 60 % de la clientèle touristique traverse ce pont pour visiter Gatineau.

Cette dernière ajoutait que « la perte de cette infrastructure, même pendant quelques années, pourrait faire très mal à l’industrie touristique ».

« Cet élément me chatouillait un peu. C’est faux. En fait, selon les statistiques pour Gatineau, 79 % de nos visiteurs proviennent du Québec, alors que 21 % de la clientèle est hors Québec. Je trouvais important que ce soit corrigé », dit-elle.

La directrice générale de Tourisme Outaouais est d’avis qu’il ne faut pas dramatiser la situation.

« À Montréal, c’est toujours compliqué, car il y a toujours des travaux, mais on y va pareil. Je ne crois pas qu’on doive s’inquiéter qu’à un moment donné le monde arrête de visiter la région sous prétexte qu’il y a des travaux de réfection sur des ponts. Par contre, c’est clair que si c’est fait de manière irréfléchie et sans signalisation adéquate, ça aura un gros impact sur la qualité de l’expérience du visiteur. C’est important qu’on soit informé pour que l’on puisse renseigner nos membres lorsqu’ils nous poseront des questions. Comme la Chambre de commerce, on est favorable à ce qu’un comité soit formé pour étudier la situation », lance France Bélisle.

L’organisation juge cependant « dommage » d’avoir appris cette importante nouvelle par l’entremise des médias.

« Nous n’en avions jamais entendu parler. Quand il y a des annonces majeures qui affectent différents secteurs, on devrait avoir la courtoisie de nous informer. Peut-être pas de nous donner tous les détails, mais minimalement de nous dire que le projet est dans les cartons », explique-t-elle.

Mme Bélisle soutient que si un tel projet est connu à l’avance, « il peut même devenir une opportunité d’affaires pour certains entrepreneurs », citant l’exemple le service de navette aqua-taxi qui relie les deux rives.

À Ottawa

Tourisme Ottawa, pour sa part, est fait avare de commentaires, ne s’avançant pas sur les répercussions possibles de la fermeture du pont.

« Les visiteurs qui viennent dans notre région, que cela soit pour des vacances, des voyages d’affaires, des visites de groupes, ou des congrès, voient la région comme une seule destination et le transport efficace entre les deux côtés de la rivière est important pour Tourisme Ottawa. Ceci dit, nous laissons le processus de prise de décision à ce sujet aux experts », a indiqué l’organisme par écrit.