Marc Bureau : «Ç'a été unanime hier [mardi], il y aura une condition pour le don à la Fondation (de l'UQO), a déclaré M. Bureau. On n'obligera pas nécessairement des nouveaux programmes en santé, mais ce sera pour des nouveaux programmes.»
Marc Bureau : «Ç'a été unanime hier [mardi], il y aura une condition pour le don à la Fondation (de l'UQO), a déclaré M. Bureau. On n'obligera pas nécessairement des nouveaux programmes en santé, mais ce sera pour des nouveaux programmes.»

Pas d'argent sans nouveaux programmes, dit Bureau

Justine Mercier
Justine Mercier
Le Droit
Le maire de Gatineau, Marc Bureau, tient mordicus à ce que l'Université du Québec en Outaouais (UQO) s'engage à créer de nouveaux programmes avant de lui verser le montant de 1,25 million$ offert par la Ville.
Alors que l'UQO aimerait que la Ville lui octroie sans condition ce don de 250 000$ par année pendant cinq ans, le maire Bureau est catégorique à l'effet que certaines volontés du conseil municipal devront être respectées. La municipalité voulait que son argent serve à créer de nouveaux programmes liés à la santé, mais se dit maintenant prête à modifier sa demande.
«Ç'a été unanime hier [mardi], il y aura une condition pour le don à la Fondation (de l'UQO), a déclaré M. Bureau. On n'obligera pas nécessairement des nouveaux programmes en santé, mais ce sera pour des nouveaux programmes.»
Le hic, c'est que l'université ne peut pas décider unilatéralement de mettre sur pieds de nouveaux programmes. Chaque projet doit être soumis au ministère de l'Éducation, à qui revient le droit d'autoriser ou non la création de programmes.
«On ne peut pas prendre des engagements qui relèvent de l'autorité du ministère de l'Éducation», a expliqué le recteur de l'UQO, Jean Vaillancourt.
Ce dernier souligne que l'université veut bien accueillir des programmes supplémentaires, mais que le conseil d'administration ne peut pas «s'engager juridiquement sur un terrain où il n'est pas en contrôle».
Annonce annulée
Une conférence de presse devait avoir lieu mercredi pour annoncer la conclusion d'une entente entre les deux parties, mais tout a été annulé à la dernière minute, mardi après-midi.
«C'était très positif quand j'ai parlé avec le maire hier midi [mardi], soutient M. Vaillancourt. Maintenant, il semble que le conseil municipal ait besoin d'informations additionnelles. C'est simplement une question de contretemps.»
M. Vaillancourt se dit donc confiant d'en arriver rapidement à un accord avec la Ville.
«Dans le protocole d'entente, on peut mettre les mots qui, juridiquement, vont satisfaire à la fois le conseil d'administration de l'université et le conseil municipal.»
Le ministre responsable de l'Outaouais, Benoît Pelletier, affirme pour sa part qu'il comprend le point de vue de chaque partie.
«Je ne peux pas dire que la Ville a des demandes qui sont illégitimes, mais en même temps, on se doit de respecter l'autonomie universitaire, alors il y a un point d'équilibre qu'il va falloir trouver entre les deux», croit M. Pelletier.
La Ville de Gatineau a été critiquée au cours des derniers mois, puisque les autres établissements du réseau de l'Université du Québec reçoivent tous du financement de leur ville respective.
En plus du don de 1,25 million$ sur cinq ans, Gatineau offre notamment à l'UQO de lui accorder des crédits de taxes pour les nouveaux édifices dédiés à des fins éducatives qui y seront construits au cours des dix prochaines années.
AVEC CHARLES THÉRIAULT