Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
Quatre parcs à chiens où il était permis de promener son animal sans laisse devront être clôturés à moyen terme pour se conformer à la règlementation provinciale.
Quatre parcs à chiens où il était permis de promener son animal sans laisse devront être clôturés à moyen terme pour se conformer à la règlementation provinciale.

Parcs à chiens: des clôtures et un plus grand nombre de sites à Gatineau

Daniel LeBlanc
Daniel LeBlanc
Le Droit
Article réservé aux abonnés
La question a fait jaser ces dernières semaines mais Gatineau croit avoir trouvé un compromis: quatre parcs à chiens où il était permis de promener son animal sans laisse devront être clôturés à moyen terme pour se conformer à la règlementation provinciale. La Ville ouvre cependant la porte à l'aménagement futur d'autres aires d'exercice canin et de parcs à chiens de proximité, d'une superficie moindre.

Dans le but que la municipalité ne contrevienne plus au Règlement d’application de la Loi visant à favoriser la protection des personnes par la mise en place d’un encadrement concernant les chiens, adopté au printemps 2020, les élus ont entériné en comité plénier mardi des recommandations de la Commission des loisirs, des sports et du développement communautaire ainsi que du comité exécutif

Ce feu vert à une révision du niveau de service pour les gardiens de chiens à Gatineau se traduira, entre autres, par l'installation d'une clôture de ferme autour du bassin de rétention du parc Jardins-Lavigne, tandis qu'il est prévu de ne clôturer que partiellement les sites du parc du Lac-Beauchamp (chiens autorisés seulement dans la portion nord) et du parc de la Technologie. Quant au parc Lamarche, dans le secteur Limbour, il est prévu qu'on le délaisse éventuellement le site pour procéder à l'aménagement une nouvelle aire d'exercice canin dans un parc à proximité. 

Toutes ces mesures engendreront des dépenses totales de 300 000$, incluant entre autres une campagne de sensibilisation et de communication. 

«On a eu plusieurs consultations, on a deux rencontres de débats. Avec le nombre de courriels que nous avons eu (les élus) cette fin de semaine, je pense que les gens voulaient qu'on agisse. Pour moi, on vient de prendre la décision d'agir», s'est exclamé le président de la Commission des loisirs, des sports et du développement communautaire, Martin Lajeunesse.

Si certains conseillers dont Louise Boudrias et Audrey Bureau ont indiqué que la Ville aurait pu consulter davantage les citoyens et les associations dont les parcs canins au sujet des recommandations présentées au conseil municipal, M. Lajeunesse estime qu'il fallait aller de l'avant.

«Moi, ce que je vois, c'est que les citoyens veulent qu'on change le niveau de service pour les propriétaires de chiens pour avoir plus de parcs. Mon inquiétude, c'est que si on va en consultation, est-ce qu'on retarde encore la possibilité d'avoir des parcs de proximité? On a consulté, on a de bons barèmes, une fois que la mobilisation des citoyens va être faite», affirme-t-il. 

À LIRE AUSSI: Les parcs à chiens causent des remous à Gatineau

Si la nouvelle avenue qu'empruntera Gatineau consiste au statu quo pour les 250 parcs de quartier désignés (72% des parcs) où il est permis de promener son chien en laisse sur les sentiers, on propose par contre que de nouveaux parcs canins de proximité, où il serait permis de détacher son chien, puissent être aménagés sur le territoire. D'ouest en est, 30 sites potentiels ont été ciblés. Il s'agirait de parcs canins d'une superficie de 500 à 1000 mètres carrés avec clôture de 1,5 mètre de hauteur et un sas d'entrée aménagés à même des parcs de quartier déjà existants. Parmi les règles proposées, il faudrait entre autres que ces parcs soient à une distance minimale de 50 mètres des résidences. Aucune limite de nombre de sites ne serait établie puisque la concrétisation de tels projets serait basée sur la mobilisation citoyenne. Un minimum de 50 résidents du quartier ayant une licence pour chiens de la SPCA de l'Outaouais serait nécessaire pour déposer une demande, avec l'appui d'une association de quartier ou un club canin.

D'autre part, alors qu'on en compte deux sur tout le territoire actuellement (secteurs Aylmer et Buckingham), la Ville propose un autre compromis en proposant qu'on puisse retrouver jusqu'à deux aires d'exercice canin par secteur, soit 10 au total. Une troisième est déjà planifiée au Domaine Fairview, dans le secteur Hull.


« Moi, je vous assure que chaque fois que je vais prendre des marches [...] où les chiens ne sont pas permis et que je vais voir un chien sans laisse, je vais déposer une plainte au 311 et j'incite tous les citoyens à le faire. »
Daniel Champagne

Selon ce qui a été proposé par l'administration municipale, il s'agirait d'espaces d'une superficie de 3000 à 4000 mètres carrés, aussi clôturés et où les chiens pourraient se promener sans laisse. Ces aires devraient se retrouver à un minimum de 100 mètres de maisons et à 25 mètres d'aires de jeux. Leur gestion devrait être assumée par «un organisme à but non lucratif reconnu ayant un minimum de 100 membres».

Selon la conseillère Myriam Nadeau, qui avait proposé l'an dernier que les parcs à chiens fassent l'objet de discussions, la Ville chemine dans la bonne direction avec «des gestes concrets» dans ce dossier, qui a fait l'objet à son avis «de discussions rigoureuses et sérieuses».  

«Je pense que le diable sera dans les détails (pour le produit final). Les services ont été à l'écoute de certains ajustements ou clarifications qu'on cherche à obtenir, notamment sur la notion des 25 ou 50 mètres. Comment arrive-t-on à déterminer la distance minimale des résidences et comment peut-on concilier ça avec le fait que dans une ville il y a une multitude de besoins, que tous doivent trouver une façon qu'on y réponde? [...] Pour moi, il y a encore peut-être un peaufinement à faire pour atteindre un équilibre mais je suis aussi consciente qu'il va falloir faire l'expérience, de donner la chance à au moins une aire d'exercice canin de se mettre en branle», dit-elle. 

De son côté, le président du conseil, Daniel Champagne, appuie les recommandations pour élargir l'offre de services mais sert un avertissement aux propriétaires de chiens.

«Moi, le message que j'envoie aux citoyens, c'est: maintenant qu'on va vous offrir ces espaces-là et qu'on va formaliser cette approche-là, on tient à ce que vous respectiez la réglementation en cours. Moi, je vous assure que chaque fois que je vais prendre des marches dans la forêt Boucher ou ailleurs où les chiens ne sont pas permis et que je vais voir un chien sans laisse, je vais déposer une plainte au 311 et j'incite tous les citoyens à le faire. C'est comme ça qu'on atteindra nos objectifs», a-t-il lancé, rappelant que c'est aussi une question de respect envers les autres citoyens qui n'ont pas de chien.

Le conseil municipal statuera sur toutes ces questions le 13 avril. 

À titre comparatif avec Gatineau, plusieurs grandes villes de la province n'offrent aucun endroit public où ces compagnons à quatre pattes peuvent déambuler sans laisse, notamment Longueuil, Québec et Saguenay. À Laval, on offre six aires d'exercice canin où il est possible de détacher son chien, alors que Montréal permet cette pratique dans des parcs canins ainsi que certains espaces non clôturés, selon des horaires précis.

La règlementation provinciale stipule entre autres, dans l'article 20, que «dans un endroit public, un chien doit en tout temps être sous le contrôle d’une personne capable de le maîtriser, sauf dans une aire d’exercice canin ou lors de sa participation à une activité canine [...]». 

La Ville de Gatineau a reçu 98 requêtes au 311 en lien avec les parcs à chiens et les aires d’exercices canins entre le 1er janvier et le 22 mars, alors qu'on en avait cumulé 112 pour toute l'année 2020. La majorité des requêtes (85%) concernent la présence de chiens sans laisse et visent surtout la Forêt Boucher, dans le secteur Aylmer.

Les agents du contrôle animalier ont remis deux constats d'infraction depuis le début de l'année, une statistique qui tient compte de tous les endroits y compris les parcs à chiens, les rues et les trottoirs, par exemple. En 2020, 53 contraventions avaient été distribuées.

À noter également que depuis l'entrée en vigueur de la nouvelle loi provinciale obligeant le port de la laisse pour les chiens, plusieurs avertissements verbaux ont été donnés aux citoyens lors de patrouilles de surveillance. Au total, 163 ont été donnés depuis le début de l'année 2021.