Grâce à un entraînement intensif, Geneviève Morel a récupéré 50 % de l’utilisation de son bras gauche et 80 % de sa jambe gauche.

Paralysée du côté gauche, elle parcourra 576 km en tricycle

MATANE — Six ans après une hémorragie cérébrale qui l’a laissée paralysée du côté gauche, et au terme de sept mois d’entraînement intensif, Geneviève Morel enfourchera son tricycle, le 30 mai, pour franchir la distance Laval-Rimouski. Ayant mis cinq mois avant de pouvoir marcher cinq mètres dans le corridor de l’hôpital en 2013, elle promet maintenant de parcourir 576 km en neuf jours.

Ce défi de la Lavalloise de 32 ans consiste à amasser 20 000 $ pour la fondation Cœur + AVC. À ce jour, elle a déjà récolté plus de 7000 $. 

Après avoir traversé les 30 à 40 kilomètres d’est en ouest de la ville de Laval plusieurs fois par semaine depuis la mi-avril, la mère de trois enfants, qui était condamnée au fauteuil roulant, se dit prête à relever le défi. Le 30 mai, le coup d’envoi sera donné à l’école Jean-XXIII de Laval, fréquentée par son fils de six ans, Nathan, qui accompagnera sa maman à vélo pour le premier kilomètre. Les élèves de la maternelle les suivront à pied. Le 7 juin, le maire de Rimouski, Marc Parent, participera au défi en parcourant les 22 derniers kilomètres précédant le fil d’arrivée situé au centre-ville de Rimouski.

À cause de son hémiparésie, Geneviève Morel ne peut pas faire de bicyclette. «On m’a commandité un tricycle, mentionne-t-elle. Je pédale au moins deux fois plus qu’un cycliste pour la même distance parce que les roues sont petites. Je roule moins vite, mais je vais me rendre, un coup de pédale à la fois.»

Dans la nuit du 31 mars 2013, Geneviève Morel a été victime d’une rupture d’anévrisme qui a provoqué une hémorragie cérébrale. Âgée de seulement 26 ans, elle était enceinte de six mois.

Il s’est écoulé six heures entre la rupture de l’artère et l’extraction de l’os pariétal droit de son crâne. Ce délai a causé d’importantes séquelles cognitives et la paralysie totale du côté gauche. «Ils ont réparé l’artère», raconte tout bonnement Geneviève Morel. «Puis, pendant deux mois, je n’ai pas eu d’os parce que ça enflait beaucoup. Ils ont refermé la peau par-dessus le cerveau. Après 60 jours, ils ont été obligés de me mettre un crâne en téflon.» Après 40 semaines de grossesse, elle a accouché de son fils qui, lui aussi, a survécu à la terrible épreuve.

«J’ai passé deux ans à l’Hôpital juif de réadaptation, poursuit-elle. Après, j’ai commencé à m’entraîner cinq jours par semaine au gym et je n’ai jamais arrêté.» Aujourd’hui, la jeune femme a récupéré 50 % de l’utilisation de son bras gauche et 80 % de sa jambe gauche.

«Les docteurs sont surpris parce qu’ils m’avaient dit qu’après six mois, il n’y avait plus de progrès dans une paralysie, dit-elle. C’est vraiment minime, les pourcentages de progrès que je fais par année, mais ils sont là.»

Pour faire un don ou pour suivre le périple de Geneviève Morel : www.facebook.com/genevieve.morel.7