Le maire Jim Watson trouve normal que deux politiciens ne soient pas sur la même longueur d'ondes.

Watson trouve normal de prendre position

Au lendemain du dévoilement d’un échange de courriels entre le conseiller Fleury et lui au sujet du refuge de l’Armée du Salut, le maire Jim Watson trouve que le groupe SOS Vanier exagère en affirmant qu’il a usé de son pouvoir en coulisses dans ce controversé dossier.

Selon lui, il n’y a rien de plus normal que deux politiciens ne soient pas sur la même longueur d’ondes dans une démocratie comme la nôtre.

«C’est certainement leur droit de ne pas aimer notre décision, mais je pense que c’est un peu bizarre, car c’est la responsabilité d’un politicien est de donner son opinion et de la défendre. [...] Je pense que ce groupe ne comprend pas qu’il est important pour les élus de prendre des positions et non de rester sur la clôture, à mi-chemin entre deux opinions», affirme le premier magistrat, ajoutant que paradoxalement, on reproche habituellement plutôt aux politiciens d’avoir la langue de bois.

Affirmant que les citoyens sont en droit de connaître sa position avant la tenue d’un vote, ce dernier ne croit pas que le courriel qu’il a envoyé au conseiller de Rideau-Vanier le 22 juin dernier est compromettant.

Le maire a indiqué mardi que dans toutes les rencontres tenues à l’hôtel de ville, jamais M. Fleury n’a clairement exprimé son opposition au sujet du site convoité. Ce n’est que lorsque la population a exprimé sa grogne que le conseiller aurait levé le drapeau rouge, prétend M. Watson.

Quant à Mathieu Fleury, il soutient qu’il faut remettre les choses dans leur contexte et que s’il n’a pas soulevé d’insatisfaction lors de ses visites du site actuel de la rue George avec le maire, c’est qu’aucun endroit précis n’avait alors été identifié quand on faisait allusion au déménagement.

«Il y a eu des présentations et des discussions avec le bureau du maire, s’il n’a pas été bien informé de mon opposition, c’est sa responsabilité. Ce n’est pas parce que le maire était absent à une rencontre qu’il n’a pas été informé. Son chef de cabinet et certains de ses employés étaient là. C’était clair que la communauté et moi n’appuyions pas ça», dit-il.

L’élu persiste à dire que malgré le profond désaccord dans ce dossier, il entretient une bonne relation avec le maire au quotidien.

«C’est ça, la politique. Il ne faut pas être rancunier. Mais c’est sûr qu’on ne verra jamais ce dossier du même oeil. Mais on travaille ensemble sur plein d’autres dossiers. Les gens ne veulent pas de dictature, alors c’est justement la démocratie qui est à l’oeuvre», lance-t-il, se disant encore confiant que le groupe SOS Vanier remportera sa cause devant les tribunaux car les «politiques de la Ville n’ont pas été suivies».

Rappelons qu’une plainte a été déposée à la Commission des affaires municipales de l’Ontario, qui pourrait bien ne pas entendre la cause avant deux ans.