Le maire d’Ottawa, Jim Watson, a livré son dernier discours de l’état de la ville avant la tenue des élections municipales.

Watson fait le point

Tandis que 2018 sera très importante pour Ottawa avec entre autres la tant attendue mise en service de la Ligne de la Confédération et les élections municipales, le maire Jim Watson a profité mercredi de la première réunion du conseil municipal de l’année pour faire un détaillé discours de plus d’une heure sur l’état de la ville.

Celui qui sollicitera un troisième mandat l’automne prochain a d’abord fait allusion à deux éléments ont fortement marqué la dernière année pour des raisons bien différentes, soit les activités du 150e anniversaire de la Confédération et les inondations historiques du printemps dernier.

« Après des années de planification, notre communauté entière a embrassé les célébrations et fait de 2017 une année inoubliable à Ottawa. Mais notre communauté s’est également réunie à travers de grands défis et a surmonté des difficultés comme nous l’avions rarement vu auparavant », a-t-il lancé.

Énumérant quasi toutes les activités de la programmation d’Ottawa 2017, il a rappelé que les touristes sont venus par centaines de milliers dans la capitale, précisant au passage que le taux d’occupation moyen des hôtels avait bondi de 7 % l’an passé. Selon un rapport publié par Smith Travel Research, la croissance des revenus des hôtels d’Ottawa a surpassé toutes les autres grandes villes du Canada.

Le maire Watson a indiqué que Tourisme Ottawa a déjà prévu une enveloppe budgétaire afin de répéter certaines activités comme Agri 150, une série d’événements culinaires offerts dans les quartiers ruraux, qui sera de retour en 2018.

Applaudissant le fait que la Ville se développe à une vitesse grand V et que plusieurs projets immobiliers et d’infrastructures sont en chantier ou ont été approuvés par le comité de l’urbanisme, il n’a pas caché sa fierté que seulement six dossiers ont été contestés l’an dernier devant la Commission des affaires municipales de l’Ontario (CAMO), comparativement à 19 en 2015.

Le premier magistrat n’a fait aucune allusion au controversé et dossier du déménagement du refuge de l’Armée du Salut dans le secteur Vanier, lequel fera d’ailleurs l’objet d’une contestation à la CAMO.

« Tout semble briller pour le maire. Il est maître illusionniste. Pas grand-chose dans son discours concernant les défis de @ottawaville », a d’ailleurs gazouillé sur Twitter un porte-parole du groupe SOS Vanier, Philippe Denault.

Alors que la date de prise de possession de la Ligne de la Confédération doit être révélée mardi prochain au Comité des finances et du développement économique, M. Watson a réitéré que le projet de train léger changera le visage de la capitale. Une fois mises en œuvre, les étapes 1 et 2 de l’O-Train, rappelle-t-il, permettront de réduire les émissions de gaz à effet de serre de plus de 200 000 tonnes par an d’ici 2048.

Même s’il continue de dire que la capitale est l’une des villes les plus sûres au pays, M. Watson a fait allusion à la hausse fulgurante du nombre de crimes violents en ne niant pas qu’il est temps que le vent tourne.

« Ce qui est clair, c’est que nous devons voir de réels changements en travaillant avec nos partenaires communautaires sur une stratégie agile et réactive qui comprend la promotion de la santé mentale, la prévention de la consommation de drogues, ainsi que des services de retrait et de traitement communautaires. Je crois fermement que nous avons besoin d’une approche holistique pour aborder cette crise », a-t-il affirmé.

L’ACFO déçue du discours de Watson

Dans son discours sur l’état de la ville prononcé mercredi, le maire Jim Watson a abordé de multiples sujets, mais n’a fait mention ni de l’officialisation du statut bilingue d’Ottawa ni des enjeux francophones, une situation que l’Association des communautés francophones d’Ottawa (ACFO) déplore. «C’est très décevant qu’il n’en ait pas parlé, sachant que c’est quelque chose que la communauté demandait depuis autant d’années. En même temps, j’ai envie de dire que si le maire l’a oublié dans son discours, les francophones, eux, n’oublieront pas d’exiger les services auxquels ils ont droit. Avoir une capitale bilingue dans un pays bilingue, il était à peu près temps», de dire la présidente de l’organisme, Soukaina Boutiyeb. De son côté, le maire soutient qu’il ne s’agit pas de mauvaise volonté ni d’un oubli de sa part. «Ce n’est pas possible pour moi d’inclure tous les sujets dans mon discours, déjà que tout le monde pense qu’il est trop long. Sinon, il durerait cinq heures. Mes discours ne sont pas aussi longs que ceux du président des États-Unis. [...] J’ai souvent répété dans les médias que j’étais heureux du projet de loi de Mme Des Rosiers et du gouvernement», a-t-il indiqué.

David Johnston recevra les clés de la Ville d’Ottawa

Le maire Watson remettra cette année les Clés de la ville à l’ex-gouverneur général du Canada, David Johnston, ainsi qu’à son épouse Sharon. Celui qui a habité à Rideau Hall de 2010 à 2017 a auparavant entre autres occupé les fonctions de recteur et vice-chancelier de l’Université McGill. La prestigieuse distinction de la Ville sera également remise au président et chef de la direction du Centre national des arts, Peter Herrndorf, qui quittera ses fonctions en juin prochain après 18 ans à la tête de l’institution culturelle reconnue à travers le pays. Hélène Campbell, militante bien connue pour le don d’organes et conférencière motivatrice, sera également honorée pour ses accomplissements. La jeune femme de 26 ans a elle-même subi une double transplantation de poumons en 2012. L’an dernier, la Clé de la Ville a été décernée entre autres à l’ancienne vérificatrice générale du Canada, Sheila Fraser et à l’animateur à la radio Unique FM et ancien chef d’antenne à Radio-Canada Ottawa-Gatineau, Michel Picard.