Vote imminent sur le design du Château Laurier

Tous les yeux sont tournés vers l'hôtel de ville d'Ottawa mercredi après-midi alors que le conseil municipal, à la veille de la pause estivale, doit se prononcer sur la motion du conseiller Mathieu Fleury visant à renvoyer l'entreprise Larco Investments à la table à dessin au sujet de l'agrandissement du Château Laurier.

Quelques heures avant le vote, le maire Jim Watson n'a pas voulu dévoiler dans quel camp il se rangera au sujet de ce controversé dossier, affirmant simplement qu'il détaillerait sa position lors d'une allocution lors de la séance du conseil.

Chose certaine, reconnaît-il, c'est un jour crucial pour la capitale fédérale.

«Ce sera une discussion animée, c’est un débat émotif et les gens sont passionnés par cet enjeu. Il y a plusieurs opinions qui ont été exprimées, j’espère que nous pourrons prendre une décision et passer à l’étape suivante, peu importe quel est le résultat du vote», a-t-il lancé.

M. Watson ne sent pas une pression supplémentaire même si bon nombre de médias nationaux s'intéressent à ce que les élus de la capitale décideront.

«Ça ne m’inquiète pas, mon principal souci c’est de faire ce qui est le mieux pour la Ville d’Ottawa. C’est important de donner une opportunité au propriétaire de commencer la construction ou, si on révoque le permis, d’entreprendre ses démarches pour contester la décision», a-t-il dit.

La motion de M. Fleury, si elle est approuvée, aurait pour conséquence de retirer le permis en matière de patrimoine accordé l'été dernier par la Ville à Larco Investments. 

La plus récente mouture du projet hôtelier, la cinquième proposée en deux ans et demi par le propriétaire, comprend un bâtiment de sept étages construit à l'arrière de l'immeuble avec une cour intérieure, 147 chambres et un stationnement intérieur de quatre étages.

M. Fleury prétend que la compagnie n'a pas respecté les critères patrimoniaux «très spécifiques» énoncés par la Ville dans le permis qui lui a été octroyé en juin 2018. Il cite notamment le non-respect d'usage de matériaux spéciaux et l'utilisation de formes compatibles avec l'actuel immeuble historique érigé il y a 107 ans.

Dans un dernier effort pour freiner la construction d'une annexe - au design controversé - pour le Château Laurier, Patrimoine Ottawa a récemment créé un groupe de pression national, appelé «Les Amis du Château Laurier», qui regroupe des politiciens, des universitaires et la réputée architecte montréalaise Phyllis Lambert.

Le sénateur Serge Joyal a aussi écrit une lettre mardi au ministre du Patrimoine canadien, Pablo Rodriguez, pour l'inviter à intervenir dans le dossier.