OC Transpo n’a aucun critère préétabli pour juger des capacités de ses nouveaux chauffeurs.
OC Transpo n’a aucun critère préétabli pour juger des capacités de ses nouveaux chauffeurs.

Vérificateur général: OC Transpo doit améliorer le suivi de ses formations

Julien Paquette
Julien Paquette
Le Droit
Même si la formation des chauffeurs d’OC Transpo est jugée «rigoureuse et axée sur les pratiques sécuritaires de la conduite», le Bureau du vérificateur général (VG) de la Ville d’Ottawa identifie des lacunes à corriger.

Selon les données de 2015 à 2019, 56% des chauffeurs d’OC Transport avec moins de trois ans d’expérience ont été mis en cause dans des collisions évitables, a indiqué le VG adjoint, Ed Miner, lors du dépôt d’un rapport mardi matin.

Le directeur général d’OC Transpo, John Manconi, indique toutefois qu’il faut prendre ces données avec un grain de sel puisque le transporteur collige des données sur l’ensemble des incidents impliquant les véhicules de sa flotte, allant de la plus violente collision au dommage des plus mineurs à un rétroviseur.

Le Bureau du VG d’Ottawa estime cependant qu’OC Transpo peut faire mieux afin de s’assurer de la réussite de cette formation.

M. Miner a indiqué au Comité de la vérification mercredi qu’à l’exception des examens du ministère des Transports de l’Ontario (MTO), le transporteur n’a aucun critère préétabli pour juger des capacités de ses recrues. Le Bureau du VG recommande notamment qu’OC Transpo «définisse des indicateurs et des cibles de rendement permettant de mesurer l’efficacité de la formation pour les nouveaux et les anciens chauffeurs d’autobus».

«Bien que le programme de formation soit rigoureux et axé sur les pratiques sécuritaires de la conduite, il faut apporter des améliorations considérables afin de s’assurer que la formation voulue est offerte aux nouveaux et aux anciens chauffeurs d’autobus à la fois. Les compétences des stagiaires appelés à devenir de nouveaux chauffeurs d’autobus ne sont pas évaluées par rapport à des normes de formation clairement définies pour savoir s’ils sont prêts à conduire les autobus d’OC Transpo», écrit le Bureau du VG dans son rapport.

M. Manconi insiste toutefois que la sécurité est l’absolue priorité d’OC Transpo et que tous les conducteurs des autobus rouge et blanc sont dûment formés. Bien qu’il accueille favorablement les 20 recommandations du VG, il ajoute que le transporteur en fait déjà encore plus que ce qui est recommandé par le MTO.

Stade de baseball

Le Bureau du VG a également déposé un rapport sur l’annulation du bail du stade situé au 300, chemin Coventry des propriétaires des défunts Champions d’Ottawa, Independent Baseball of Ottawa (IBO) en juin 2019.

La Ville d’Ottawa est invitée par le Bureau du VG à clarifier ses règlements sur la délégation de pouvoirs par le conseil municipal. Bien que l’administration était dans ses droits de résilier le bail et de négocier une nouvelle entente avec IBO, mais elle se trouvait sur une corde raide.

Le stade de baseball de la rue Coventry, à Ottawa

Le Bureau du VG note également que l’administration aurait pu être plus proactive dans le partage d’informations avec les élus pour expliquer sa décision.

«Le rapport destiné au Comité des finances est muet sur les paiements que devait faire IBO au titre des frais du cycle d’entretien des biens d’équipement. Le bail d’origine obligeait IBO à verser une somme dans un fonds destiné à financer les frais du cycle d’entretien des biens d’équipement du stade», écrit le Bureau du VG dans son rapport.

Ed Miner a indiqué au Comité de la vérification mardi matin que ces détails étaient inclus dans un brouillon de la note de service destinée aux élus, mais qu’ils ont été retirés à la demande de cadres supérieurs de la municipalité.

Rappelons que l’organisation n’arrivait plus à payer son loyer établi dans un bail de 10 ans signé en 2014 et avait accumulé une dette de plus de 400 000$. L’administration de la Ville d’Ottawa avait alors pris la décision d’annuler le bail pour négocier une nouvelle entente avec IBO pour permettre aux Champions de conclure leur saison 2019.

Les nouveaux propriétaires de la franchise, la famille Katz, se sont engagés lors de l’acquisition de l’équipe à assumer la dette d’IBO. La Ville d’Ottawa récupérera donc en majorité les sommes auxquelles elle renonçait en annulant le bail des Champions à l’été 2019.