Ottawa peut compter sur la route L5, une première en Amérique du Nord, permet de tester des voitures autonomes dans diverses conditions et en toute sécurité.

Véhicules autonomes: nouvelle piste d’essais à Ottawa [PHOTOS + VIDÉO]

Les véhicules autonomes et électriques ont un nouveau terrain de jeu dans la capitale fédérale. Investir Ottawa et ses partenaires ont procédé, vendredi, à l’ouverture officielle de la piste d’essais pour les véhicules connectés et automatisés (VAC) située sur le terrain de la ferme de recherche de la Ceinture de verdure dans le secteur Nepean.

Considérée comme la première en son genre en Amérique du Nord, la piste L5 permet aux entreprises spécialisées dans ce domaine de tester des voitures dans des conditions météorologiques diverses et dans un milieu sécuritaire. La piste privée s’étend sur 1866 acres et compte près de 16 km de route asphaltée.

« Ce qu’on a ici c’est quelque chose d’unique au Canada. C’est une chose d’avoir un véhicule qui va opérer de façon autonome quand il fait soleil, mais c’est beaucoup plus difficile d’opérer le véhicule quand il y a de la neige, de la pluie, de la glace ou qu’il fait très froid. Ce sont des défis auxquels notre logiciel doit pouvoir s’adapter », soutient Grant Courville, vice-président de la gestion de produits pour Blackberry QNX.

Encore beaucoup de travail reste à faire avant qu’un véhicule 100 % autonome puisse circuler sur les routes, mais un site comme celui de Nepean permet aux entreprises, mais aussi aux chercheurs de travailler ensemble.

« Vous allez voir des véhicules autonomes avant ça, mais ils seront dans des emplacements contrôlés comme ici. Sur les rues d’Ottawa ou de n’importe quelle autre ville, ça va prendre encore une vingtaine d’années. Il faut prendre notre temps pour s’adapter et offrir un produit sécuritaire », ajoute M. Courville.

Grâce à un contrat avec le gouvernement de l’Ontario, Investir Ottawa peut utiliser la piste du secteur Nepean pour près de trois ans et demi. L’objectif est de bâtir un modèle d’affaires pour mener à un programme autonome. Investir Ottawa aimerait développer une boucle d’essais où les véhicules pourront circuler à une vitesse plus grande.

« Plus d’une trentaine d’entreprises sont venues tester le site au cours des deux derniers mois et l’engouement ne cesse de grandir, » observe Sonya Shorey, vice-présidente stratégie marketing et communications pour Invertir Ottawa.

Investir Ottawa peut utiliser la piste du secteur Nepean pour près de trois ans et demi.
Sylvie Methot, professeur et coordonateur du programme Technologie mécanique, à La Cité.
Plus d’une trentaine d’entreprises sont venues tester le site au cours des deux derniers mois.

Un environnement proche de la réalité

Aurrigo, une entreprise basée au Royaume-Uni, explore le marché canadien et utilise la piste L5 afin de tester son véhicule sans conducteur PodZero. La voiture qui peut transporter quatre personnes à la fois est déjà utilisée sur des campus et dans des aéroports au Royaume-Uni et en Australie, entre autres. La vitesse de croisière est d’environ 16 km/h et les déplacements de courte distance sont privilégiés.

« Ici, il y a des feux de circulation et des routes et nous pouvons faire des tests dans un lieu sécuritaire pour ensuite pouvoir l’essayer dans la «vraie vie». On veut un environnement le plus près de la réalité possible », explique Miles Garner, directeur des ventes et du marketing pour Aurrigo.

Des représentants du collège La Cité ont profité de l’occasion pour venir essayer leur voiture électrique qui a été construite par les élèves en Technologie mécanique. Depuis quatre ans, les élèves améliorent l’engin afin de le rendre plus performant. L’objectif à long terme et de la rendre plus autonome.

« Ça fait longtemps que je suis convaincu que les voitures électriques c’est pour bientôt. On est même 25 ans en retard. Je tenais à fabriquer une voiture électrique parce que je savais que c’est l’avenir. On a été invité ici parce qu’on est le seul collège en Ontario qui a une voiture électrique. Le but est de démontrer les capacités du collège dans l’innovation et la conception », explique Sylvio Méthot, professeur et coordonnateur du programme Technologie mécanique à La Cité.