Union du Canada est émettrice de quelque 45 000 polices d'assurances vies et d'assurances accident. Elle embauche un total de 25 employés, regroupés dans l'édifice Union du Canada, situé à l'angle des rues George et Dalhousie.

Union du Canada Assurance-vie déclare faillite

Alors qu'elle devait célébrer ses 150 ans l'an prochain, la mutuelle Union du Canada Assurance-vie a déclaré faillite, hier, moins de 24 heures après avoir intenté une poursuite d'un demi-million $ contre son ex-président et chef de la direction, a appris LeDroit.
Abus de pouvoir, intimidation, conflit d'intérêts et violation d'obligations sous la Loi sur les sociétés par actions sont allégués contre Gérard Desjardins, qui a dirigé « d'une main de fer » Union du Canada de 1980 à 2011.
Dans les documents déposés à la Cour, dont LeDroit a obtenu copie, l'entreprise en déroute soutient que le dirigeant déchu s'est approprié 221 000 $ des fonds de l'entreprise de façon illégale, sous forme de boni de performance. Or, le conseil d'administration d'Union du Canada s'était toujours prononcé contre cette mesure.
« Entre 1980 et 2011, (M. Desjardins) détenait le contrôle total de l'administration d'Union du Canada, peut-on lire dans les documents. Il contrôlait l'entreprise d'une main de fer et par intimidation. Il agissait comme si elle était son propre fief et [...] a abusé de ses pouvoirs afin de tirer des avantages personnels au détriment de l'entreprise. Personne n'osait contredire ou contester les décisions et directives de Desjardins [...] craignant le congédiement. »
« Boni irrévocable »
L'homme aurait fait modifier les ordres du jour de rencontres du conseil d'administration d'Union du Canada pour se faire adjuger, depuis 1999, « un boni irrévocable » de 17 500 $ par an.
La résolution était formulée de sorte que M. Desjardins aurait continué à recevoir ces fonds même après avoir quitté l'entreprise. Même sa mort n'aurait pas permis d'y mettre un terme, le texte prévoyant que la prime soit transférée à sa conjointe à son décès.
En poste depuis mars, le président actuel d'Union du Canada, Jean Cloutier, jure que la poursuite intentée contre M. Desjardins mercredi n'« a aucun lien » avec l'ordonnance de mise en liquidation déposée hier. Mais il avoue du même souffle que l'Ottavien prenait depuis 25 ans la plupart des décisions concernant l'entreprise fondée à Bytown en 1863.
En plus du remboursement des 221 000 $, Union du Canada demande des dommages exemplaires et punitifs de 250 000 $.
LeDroit a tenté de joindre à plusieurs reprises M. Desjardins, hier. En vain. L'homme a fait son entrée chez Union du Canada en 1954 comme agent d'assurances, pour ensuite gravir les échelons. En 1976, il devenait membre du c.a. avant d'en devenir président en 1980. Il a été expulsé de ce poste en mars.
Pas de craintes pour les clients
Hier, la Cour supérieure a ordonné la mise en liquidation d'Union du Canada Assurance-vie et nommé un liquidateur.
Plus de détails dans l'édition du 3 février ou sur ledroitsurmonordi.ca