Les météorologues ne se sont pas trompés: un cocktail de neige, de grésil et de pluie verglaçante est bien tombé sur le Québec vendredi.

Une tempête qui coûte cher à Ottawa

La Ville d'Ottawa doit éponger un déficit de 21,5 millions $ à son budget d'entretien des rues après les nombreuses sautes d'humeur de dame Nature l'an dernier.
C'est ce qu'ont exposé le gestionnaire de l'entretien des routes, Kevin Wylie et la trésorière de la municipalité, Marian Simulik, aux membres du comité des transports mercredi matin.
« Ce n'est jamais une bonne nouvelle quand vous devez envoyer la trésorière présenter le bilan... », a d'ailleurs lancé Mme Simulik.
Le cocktail météorologique qui est tombé sur la capitale nationale du 20 au 22 décembre dernier a particulièrement été dispendieux pour la Ville d'Ottawa. À elle seule, la tempête de neige et de pluie verglaçante a coûté près de 12 millions $.
Pendant ces trois journées, il y a eu 41,4 cm de neige, 18 mm de pluie verglaçante et 4,6 mm de pluie.
« La température pendant cette période a été un véritable tourbillon », a évoqué M. Wylie.
Au-delà de cette « irrégularité météorologique », c'est le montant de neige qui a compliqué la vie des cols bleus. L'an dernier, 272 cm de neige sont tombés alors que la moyenne annuelle est de 236 cm. Le nombre de sorties pour déblayer ou enlever la neige a aussi bondi de 95 jours (moyenne depuis 20 ans) à 130 jours. Souvent le week-end aussi, ce qui a occasionné des coûts pour payer les heures supplémentaires des employés.
« Nous avons beaucoup de défis, surtout en banlieue. La densification et la présence de plusieurs maisons en rangée où il n'y a pas de garage ou d'allée, fait en sorte qu'il y a très peu de place pour entreposer la neige. Normalement, nous avons un budget de 9,7 millions $ pour enlever l'excès de neige à Ottawa. En 2013, nous l'avons doublé. C'est le nerf de la guerre », a soutenu M. Wylie.
Malgré l'important déficit - qui aurait pu se chiffrer à 24,4 millions s'il n'y avait pas eu d'économie lors de l'entretien estival - les dirigeants municipaux ne semblaient pas inquiets.
« Les surplus accumulés dans d'autres départements de la Ville devraient nous permettre d'éponger en grande partie ce déficit. Si jamais, il nous manque de fonds, nous pigerons dans les réserves », a expliqué la trésorière.
« Si les prévisions des météorologues étaient toujours exactes à 100 %, notre budget tomberait pile à 100 % », a relativisé de son côté Tim Tierney, conseiller du quartier Beacon Hill-Cyrville.
Trouver des solutions
Néanmoins, Ottawa espère trouver des solutions pour mieux coordonner ses opérations de déneigement et ainsi limiter les coûts.
« L'interdiction de stationner dans les rues le soir des tempêtes ne fonctionne pas très bien. Chaque fois qu'il y a une auto dans la rue, c'est un casse-tête, a souligné M. Wylie. Par exemple, si une ou deux autos restent stationnées dans la rue, on ne peut la déblayer. Il faut donc repasser une deuxième fois et donc, ça coûte deux fois plus cher. Le tout est très mal coordonné avec nos efforts. Nous espérons rencontrer les agents de réglementation et notre équipe juridique afin de trouver la meilleure solution. »
Le conseiller du quartier Capitale, David Chernushenko, a suggéré d'utiliser, gratuitement, des stationnements publics lors de soirs de tempête.
D'autres ont même proposé d'arrêter de déblayer certains trottoirs.
Chose certaine, la solution devra attendre à la prochaine saison hivernale, ont-ils conclu.