Raoul Delcorde, ambassadeur du Royaume de Belgique au Canada, a rencontré la presse afin de dévoiler les détails de la visite royale. Le roi et la reine de Belgique seront au Canada la semaine prochaine.

Une première visite depuis 1977

Alors que près de 41 ans se sont écoulés depuis la dernière visite royale belge au Canada, voilà que le Roi Philippe et la Reine Mathilde seront de passage au pays la semaine prochaine en compagnie d’une délégation de 200 personnes.

La visite d’État, organisée à l’invitation de la gouverneure générale du Canada, Julie Payette, survient non sans hasard un siècle après la fin de la Première Guerre mondiale, lors de laquelle un lien intime s’est créé entre les deux pays. Les soldats canadiens ont à l’époque payé un lourd tribut à la libération de la Belgique, environ 15 000 d’entre eux ayant perdu la vie au champ d’honneur dans ce pays de l’ouest de l’Europe.

La commémoration des guerres, les relations économiques et les échanges culturels entre les deux pays seront les principaux thèmes derrière les activités à l’agenda au cours de leur séjour de cinq jours. Une visite qui, selon les dires de l’ambassadeur de Belgique au Canada, Raoul Delcorde, aura des liens avec « à la fois le passé, aujourd’hui et le futur ».

Questionné par Le Droit, ce dernier n’a pas hésité à dire que d’innombrables points en commun unissent les deux pays.

« Il y a d’abord la langue française, mais au-delà de ça le souci de respecter les langues, de les traiter de manière égale. Je dirais aussi que nous avons en commun la défense de certaines valeurs. Ce n’est pas un secret de dire qu’avec le premier ministre Trudeau, nous retrouvons le Canada que nous connaissions, c’est-à-dire un pays défenseur notamment du multilatéralisme. Un pays qui croit au libre-échange, qui veut soutenir les classes moyennes et aussi qui souhaite en arriver à une certaine égalité des genres, par exemple en réduisant le fossé entre femmes et hommes au plan salarial. On a un peu les mêmes préoccupations », de dire M. Delcorde.

Alors que le concept de la monarchie constitutionnelle ne fait pas l’unanimité au Canada, particulièrement chez les Québécois, l’ambassadeur belge estime que de telles visites d’État, dont les coûts sont assumés par les contribuables du pays hôte, sont toujours pertinentes de nos jours. Beaucoup de travail se fait en coulisses, précise-t-il.

« La monarchie, c’est un élément symbolique. Il faut voir qui vient avec le Roi. Il sera accompagné, entre autres, de tous les recteurs d’universités, de chefs de grandes entreprises, etc. Il y a là une dynamique qui est propre à ce genre de visite. C’est plus difficile pour un ministre ou un premier ministre d’en faire autant. Notre souverain a la capacité d’entraîner dans son sillage un échantillon très représentatif de la Belgique. Je pense qu’il y a du mérite à ça. [...] On va signer quand même 46 accords commerciaux entre les deux pays, ça ne s’est pas fait en un claquement de doigts », d’ajouter M. Delcorde.

Le couple royal, qui fera son arrivée en sol canadien dimanche en fin d’après-midi à l’aéroport d’Ottawa, sera accueilli par la gouverneure générale lundi à Rideau Hall. Ils participeront entre autres à un dîner d’État en leur honneur et à des rencontres au Parlement, en plus de visiter une cabane à sucre pour la première fois de leur vie. Le lendemain, ils seront de passage à un séminaire à l’Université d’Ottawa avant de faire une escale au Musée des beaux-arts du Canada. Des visites aux musées canadiens de la Guerre, de la Nature et de l’Histoire sont aussi à leur agenda.

Le Roi Philippe et la Reine Mathilde se rendront ensuite à Toronto mercredi, avant de conclure leur voyage à Montréal jeudi et vendredi.

Diverses activités sont au programme, tels qu’une visite à l’hôpital pour enfants SickKids, une rencontre avec le premier ministre Philippe Couillard et une visite de l’usine de Mirabel de la société belge Sonaca, spécialisée en aéronautique et aérospatiale.