La rue Sparks au centre-ville d’Ottawa ressemble plus souvent à des dimanches matin au beau milieu de la semaine qu’à ses traditionnels midis achalandés.
La rue Sparks au centre-ville d’Ottawa ressemble plus souvent à des dimanches matin au beau milieu de la semaine qu’à ses traditionnels midis achalandés.

Une période difficile sur la rue Sparks

Mis à part la présence de quelques travailleurs de la construction, la rue Sparks, normalement très achalandée à cette période-ci de l’année, est pratiquement déserte. Les gens d’affaires demandent à la population d’y venir faire un tour question d’encourager les commerces.

L’absence des fonctionnaires fédéraux, des politiciens, des employés politiques et des travailleurs des immeubles de bureaux du centre-ville d’Ottawa en raison du confinement lié à la COVID-19 fait mal aux commerces, dont plusieurs ont pu récemment rouvrir leurs portes. 

Les pubs sont fermés sauf deux qui offrent des repas pour emporter. Les restaurateurs n’ont toujours pas monté leur terrasse extérieure, sauf pour le resto-pub Les 3 Brasseurs qui a placé ses tables avec distanciation en prévision du feu vert du gouvernement de l’Ontario qu’il espère obtenir rapidement.

Ian Wright est copropriétaire du commerce The Snow Goose, spécialisé dans l’art et l’artisanat inuit et des Premières Nations. Il préside aussi le conseil d’administration de la Zone d’amélioration commerciale (ZAC) de la rue Sparks. Son commerce a récemment rouvert ses portes après une fermeture de deux mois et demi, lui qui n’avait jamais fermé plus de trois jours consécutifs en 58 ans.

«Ceux qui ont un site internet ont peut-être fait quelques ventes, mais essentiellement ce fut une période sans revenu, sans vente au cours des derniers mois. Ça commence à reprendre un peu alors que les gens commencent à sortir et qu’on nous permet d’être ouverts», a partagé M. Wright, tout en anticipant que les prochains mois seront difficiles.

«Il y a tellement de commerces sur cette rue qui dépendent du tourisme. La rue va tenter de créer autant d’événements que possible au cours de l’été, mais avec les nouvelles règles et la distanciation physique, ça va être un été difficile pour tout le monde», a-t-il continué.

Ian Wright, copropriétaire du commerce The Snow Goose et président du conseil d’administration de la ZAC de la rue Sparks, est accompagné de Kevin McHale, directeur général de la ZAC de la rue Sparks.

Les grands événements qui animent la rue Sparks, comme PoutineFest, RibFest et BuskerFest, sont annulés jusqu’à la fin du mois d’août.

Le directeur général de la ZAC de la rue Sparks, Kevin McHale, cherche à voir le verre à moitié plein. Il précise que les bancs publics ont été installés sur la rue, et que des fleurs viendront agrémenter le paysage au courant des prochains jours. 

S’approprier ou se réapproprier Sparks

En raison de la perte du tourisme international et même des touristes régionaux pour les prochains mois, il appelle les gens qui travaillent dans le secteur en temps normal et les personnes qui habitent au centre-ville à venir s’approprier ou se réapproprier les commerces et restaurants au courant de l’été.

«Nous voulons faire de la rue Sparks un endroit sécuritaire et agréable pour venir marcher. Comme Ian a dit, des gens qui sont venus faire un tour se sont arrêtés et ont acheté. Pour ceux qui ne sont jamais entrés, faites-le. Il y a de belles occasions ici», a partagé M. McHale.


« Il faut vraiment préserver les commerces existants sur la rue Sparks. »
Ian Wright

M. McHale rappelle que les commerçants devront lors d’un jour pas si lointain payer leur loyer et leurs taxes municipales, ceux-ci ayant été reportés pour quelques mois en raison du confinement.

«C’est quelque chose d’intimidant puisque ces gens n’ont en réalité fait aucune vente depuis mars et n’auront fort probablement pas de ventes décentes pour les deux prochains mois», a-t-il expliqué.

L’année 2020 était pourtant partie du bon pied pour la rue Sparks, elle qui avait accueilli le Bal de neige, un événement qui a attiré beaucoup de monde dans les commerces et les restaurants, a indiqué M. McHale.

La ZAC de la rue Sparks croit qu’il y aura probablement des occasions cet été pour de petites programmations pour animer l’artère une fois que la règle des groupes d’au plus cinq personnes sera levée.

Si à court terme les commerces existants peuvent probablement survivre à cette traversée du désert, c’est à long terme qu’il y a des inquiétudes.

«Il faut vraiment préserver les commerces existants sur la rue Sparks parce que ce sera difficile de louer ces endroits pour un bout de temps», a fait valoir M. Wright.