Jonathan Atwill Morin devant l’édifice historique au coin Mecalfe et Sparks, à Ottawa.

Un visage rafraîchi pour le Canada’s Four Corners

Au terme d’une cure de rajeunissement évaluée à huit millions $, l’un des immeubles iconiques du centre-ville d’Ottawa, le Canada’s Four Corners, est sur le point de se révéler sous un nouveau jour. Des travaux inévitables, car des pans de mur du bâtiment vieux de 147 ans étaient carrément à risque de s’effondrer.

Des dizaines de maçons ont travaillé avec beaucoup de minutie ces 14 derniers mois pour restaurer la structure extérieure en pierre de l’édifice de style Second Empire, qui se dresse à l’angle des rues Metcalfe et Sparks.

La bâtisse, reconnue comme un joyau architectural et étant inscrite au Répertoire canadien des lieux patrimoniaux, a fait l’objet de travaux décrits comme étant « quasi chirurgicaux » par l’entreprise d’Ottawa Groupe Atwill-Morin, qui avait obtenu ce contrat.

« On a démonté l’ensemble de la pierre sur les façades. C’était très méticuleux comme travail, il a fallu défaire chaque pierre, la numéroter et la reposer exactement au même endroit. [...] Dans les années 1920 ou 1930, le niveau de la rue a été changé un peu et ç’a fait en sorte que la structure est devenue instable avec les années. Il y a eu de la protection pour les piétons autour de l’édifice pendant au moins cinq ans. Pas mal de pierres ont été remplacées, mais le bâtiment dans son ensemble va paraître comme avant. C’est l’objectif d’une restauration. On ne veut pas trop faire de changements, on veut qu’il y ait un sentiment historique, une valeur patrimoniale », de dire le président de la Division Ontario du Groupe Atwill-Morin, Jonathan Atwill-Morin.

À certains moments, il a même fallu sculpter de nouveaux éléments de pierre identiques aux pièces d’origine, si celles-ci étaient devenues inutilisables.

« Le plus grand défi avec ce projet-là, c’était vraiment de défaire la masse des murs puis de consolider l’existant. On défaisait de grandes sections de murs, mais il fallait être sûrs que rien ne tombe. Il fallait vraiment y aller étape par étape. On a aussi resculpté et retaillé la corniche à 100 % », affirme M. Atwill-Morin, qui salue au passage la volonté de conserver le patrimoine bâti dans la capitale nationale.

Selon l’entrepreneur, une telle restauration permettra sans problème à l’immeuble situé en face du Parlement d’avoir un autre cycle de vie qui pourrait atteindre les 150 ans.

Nettoyage au laser
Fait à noter, une nouvelle technologie au laser a été utilisée pour le nettoyage des pierres grossièrement équarries, une méthode qui permet de ne pas abîmer la maçonnerie.

Aujourd’hui une propriété de Travaux publics et Services gouvernementaux Canada et abritant des commerces ainsi que des espaces à bureaux, le Canada’s Four Corners a été pendant plusieurs décennies étroitement associé au développement commercial de la rue Sparks.


«  Il a fallu défaire chaque pierre, la numéroter et la reposer exactement au même endroit.  »
le président de la Division Ontario du Groupe Atwill-Morin, Jonathan Atwill-Morin

L’édifice s’appelait autrefois Montreal Telegraph et a d’abord logé la Merchants Bank of Canada. Le Canadien National (CN) a ensuite acquis l’immeuble dans les années 1950.

Le revêtement blanc dissimulant l’édifice depuis l’amorce des travaux sera retiré, prévoit-on, à la fin avril, le temps que des travaux à la toiture soient achevés.