«Tout le monde le sait, les deux maires s’entendent bien et oeuvrent sur des dossiers ensemble», affirme la directrice du Secrétariat au développement économique à la Ville de Gatineau, Isabelle Veilleux.

Un rapprochement «spontané»

La candidature conjointe d’Ottawa et de Gatineau pour accueillir le deuxième siège social du géant Amazon a beau avoir été rejetée le mois dernier, les liens entre les hautes instances du développement économique des deux villes ne sont pas rompus. Bien au contraire.

Après avoir collaboré comme jamais auparavant dans les derniers mois, des représentants d’Investir Ottawa et d’ID Gatineau vont se réunir ce mois-ci pour discuter de stratégies à adopter dans le but de favoriser l’attraction d’entreprises dans la région de la capitale nationale.

«Chacun a ses programmes, mais le dossier d’Amazon nous a permis de réaliser qu’il fallait explorer les opportunités de travailler ensemble. Quand on se présente et qu’on se vante comme région, et non pas juste comme une ville, on a l’air plus gros, d’avoir une plus grande empreinte», affirme le directeur général Investissement et commerce d’Investir Ottawa, Blair Patacairk.

Le son de cloche est le même pour la directrice du Secrétariat au développement économique à la Ville de Gatineau, Isabelle Veilleux, qui précise que toute une réflexion à cet égard s’était entamée lorsque la structure a été changée au sein de l’appareil municipal en 2016.

«La première priorité qui avait alors été identifiée, c’est de travailler sur le contexte frontalier. C’était dans notre plan d’action. Nous sommes la quatrième plus grosse ville au Québec, avec une réalité assez unique, à titre de voisine de la capitale fédérale. On avait dès lors déterminé qu’il fallait faire un rapprochement et travailler sur les forces d’Ottawa dont on peut nous-même bénéficier. Dans cet esprit-là, on avait fait quelques approches puis quelques rencontres avaient permis d’établir des ponts. Ça s’est fait de façon assez spontanée», lance-t-elle.

Le levier

La rencontre en février sera la toute première depuis que la décision d’Amazon est tombée le 18 janvier.

«Nous nous étions déjà dit qu’il fallait se rasseoir ensemble une fois la poussière retombée. Ce dossier-là, ç’a été six semaines très intenses, où l’on se côtoyait tous presque quotidiennement, même les fins de semaine. Qu’on le veuille ou non, on a développé énormément de liens professionnels, même une camaraderie. [...] Avec tout le travail accompli, il faut bâtir sur cette opportunité-là. Il faut définitivement tabler là-dessus et voir comment on peut utiliser ces liens comme levier pour attirer d’autres entreprises», ajoute Mme Veilleux.

Et pourquoi donc un tel esprit de collaboration avait-il été peu développé dans le passé ?

«Plusieurs raisons peuvent l’expliquer. Il y a entre autres le contexte politique qui est favorable. Tout le monde le sait, les deux maires s’entendent bien et oeuvrent sur des dossiers ensemble. Et quand Amazon est arrivé sur la table, c’est comme si toutes les étoiles étaient alignées. C’était clair que les deux villes et les deux provinces devaient collaborer. Les prochaines réunions vont maintenant servir à cibler des actions communes», conclut-elle.