Un cycliste a été happé mortellement sur la rue Laurier le 16 mai dernier, à Ottawa.

Un rapport sur la sécurité des cyclistes à Ottawa d’ici juillet

Trois semaines après qu’un cycliste ait été happé mortellement lors d’un délit de fuite sur la rue Laurier, la sécurité à vélo était au cœur des discussions à l’hôtel de ville d’Ottawa mercredi, comme l’avaient exigé le maire Jim Watson et le président du Comité des transports, Stephen Blais.

L’administration municipale a confirmé aux élus qu’un examen de la sécurité du tronçon de l’avenue Laurier compris entre les rues Elgin et Nicholas sera effectué dans les semaines à venir. Un rapport sera produit d’ici le mois de juillet. 

L’examen approfondi comprendra notamment les conclusions de l’enquête du Service de police d’Ottawa (SPO) au sujet de la collision fatale du 16 mai dernier, l’évaluation des caractéristiques de la circulation automobile et cycliste à cet endroit ainsi qu’une analyse des collisions signalées avec des cyclistes depuis 2014. Une analyse vidéo pour scruter à la loupe les interactions entre les deux types d’usagers de la route le long de ce couloir est aussi envisagée.

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Affirmant être lui-même un utilisateur régulier de cette bande cyclable, le conseiller Mathieu Fleury soutient qu’il est clair que la portion de la rue Laurier entre l’hôtel de ville et la rue Elgin doit être redessinée.

« Ce n’est vraiment pas sécuritaire. Les vélos se retrouvent entre des véhicules qui descendent du pont et accélèrent pour faire un virage à droite sur Elgin. C’est une sorte de zone flottante. Avant ce tronçon, sur le pont, tout va bien, car on circule en bordure de la rue et il y a des poteaux flexibles. Une telle interaction entre le cycliste et les véhicules n’est pas unique à travers la ville, sauf qu’avec l’achalandage, la vitesse et l’angle décroissant du pont, c’est très problématique. Une fois l’examen complété, on aura une meilleure compréhension de l’incident et on pourra prendre les mesures pour ne plus que ça survienne », dit-il. 

À titre d’exemple, le conseiller précise que la reconfiguration de la voie cyclable à la sortie du pont de la rue St-Patrick, dans son quartier, a permis il y a quelques années de régler une problématique semblable. Alors que plusieurs incidents y étaient survenus, il ne reçoit plus de plaintes à ce sujet depuis ce temps, précise-t-il. 

Même s’il juge que la Ville et l’ensemble de la communauté font d’énormes efforts pour faciliter la vie aux cyclistes et aux piétons, M. Fleury soutient que la principale pierre d’achoppement, « c’est que le réseau a été planifié dans les années 60 et 70, quand ces enjeux-là n’étaient pas en place ».

L’administration présentera à l’automne un nouveau Plan d’action stratégique de sécurité routière basé sur les principes de Vision zéro, une approche fondée sur la notion que tous les usagers de la route peuvent commettre des erreurs et que personne ne doit perdre la vie ou être gravement blessé. Le personnel soumettra au début de l’année 2020 ses recommandations concernant les infrastructures cyclables actuelles et futures.