Six personnes, dont le chauffeur de l'autobus d'OC Transpo, avaient perdu la vie dans cet accident impliquant un train de passagers de VIA Rail, à un passage à niveau d'Ottawa, le 18 septembre 2013.

Un projet de 430 M$ pour dévier les trains

Près de quatre ans après la collision mortelle entre un autobus d'OC Transpo et un train de VIA Rail, la Ville d'Ottawa veut faire appel aux autres paliers de gouvernement afin de financer la construction de ponts d'étagement ou de passages souterrains à cinq endroits différents où la route croise un passage à niveau. La facture du projet est estimée à 430 millions $.
C'est ce qui ressort d'une étude de la municipalité présentée mercredi et réalisée à la suite du rapport du Bureau de la sécurité des transports (BST) au sujet de l'accident qui a coûté la vie à six personnes le 18 septembre 2013 à un passage à niveau à la hauteur de l'avenue Woodroffe et du chemin Fallowfield, dans le secteur Barrhaven. 
Si ses partenaires comme VIA Rail et les gouvernements provincial et fédéral acceptent d'aller de l'avant en allongeant des sommes d'argent, la Ville souhaite ériger des viaducs au-dessus des passages à niveau de l'avenue Woodroffe, du chemin Fallowfield et du corridor du Transitway, trois sites situés dans un rayon d'à peine quelques centaines de mètres. Uniquement pour ces endroits, le coût de construction est évalué à 275 millions $. Des passages souterrains sont privilégiés pour les passages à niveau des chemins Jockvale et Merivale, puisque les conditions du sol ne sont pas les mêmes, soutient le gestionnaire principal de projet et planification des transports, Steven Boyle. 
Un projet semblable a vu le jour au sud de la capitale, l'automne dernier, lorsque se sont achevés les travaux d'élargissement du chemin Greenbank. 
Pour déterminer à quels endroits une telle construction était nécessaire pour que les trains ne croisent plus les autres véhicules, l'administration municipale a procédé au calcul du taux de risque de chaque passage à niveau. Il s'agit de multiplier le débit journalier moyen annuel par le nombre quotidien de passages de trains. 
« Si on arrive à un résultat supérieur à 200 000, c'est un outil de référence pour nous dire qu'il est temps de penser à une solution, de ne plus avoir de passage à niveau », explique M. Boyle.
Or, pour tous les endroits ciblés, ce seuil était surpassé et de loin en 2016. Dans le cas de l'avenue Woodroffe (796 094), on parlait même du quadruple du seuil, alors qu'on parlait de près du triple pour Fallowfield (560 000). Ces chiffres sont appelés à hausser sans arrêt dans le futur avec l'augmentation du flot de circulation. En 15 ans, l'accroissement atteindra 154 % pour le passage à niveau Woodroffe.
La prochaine étape pour la Ville serait la réalisation d'une étude environnementale, pour laquelle une somme d'argent devrait être débloquée dans le budget 2018. Les phases de conception du design et de construction pourraient ensuite s'enclencher, mais impossible d'établir un quelconque échéancier à l'heure actuelle, M. Boyle rappelant que le nerf de la guerre pour la concrétisation du projet sera l'octroi de financement.