La Ville d’Ottawa espère réduire de 20 % les collisions causant des blessures graves ou mortelles sur son territoire.

Un pas vers «zéro décès» sur les routes d’Ottawa

Malgré les nombreuses critiques qui affirment que la Ville d’Ottawa ne va pas assez loin, le Plan d’action 2020-2024 en matière de sécurité routière (PAMSR) a été approuvé par le Comité des transports mercredi.

Le PAMSR prévoit une réduction de 20 % des collisions causant des blessures graves ou mortelles. Le directeur général d’Écologie Ottawa, Robb Barnes, n’a pas manqué de souligner que cet objectif, s’il est atteint, signifie qu’il y aurait théoriquement 110 morts au cours des quatre prochaines années, dont 26 piétons et 6 cyclistes.

Miranda Gray de l’Association communautaire Convent Glen-Orléans Wood — quartier où un adolescent a été happé mortellement sur son vélo en juillet dernier — a résumé l’essentiel des critiques exprimées face à ce rapport durant son intervention au comité. Rappelant aux élus que la Ville a adopté une vision « Zéro décès » en 2012, elle estime que le nouveau PAMSR manque d’ambition et leur demande de rêver davantage.

« Les fondations pour la recherche sur le cancer ne parlent pas de réduire le nombre de décès quand ils sollicitent les dons, ils nous parlent d’un avenir où le cancer ne tuera plus, tout simplement », a lancé Mme Gray.

Grain de sel des élus

Bien qu’il ait été adopté, le PAMSR soumis par l’administration municipale a été quelque peu modifié par les conseillers siégeant au comité des Transports.

Une motion du conseiller du quartier Capitale, Shawn Menard, précise par exemple que la Ville se donne l’objectif d’atteindre sa cible du « Zéro décès » d’ici 2030.

Avec l’appui de ses collègues, le conseiller de Kitchissippi, Jeff Leiper, renvoie l’administration faire ses devoirs afin de présenter un plan pour l’implantation d’une limite de vitesse de 30 km/h dans la plupart des rues des zones urbaines de la ville.

Rappelons que la Ville d’Ottawa investira 31,5 millions $ dans la réalisation du PAMSR en 2020, une augmentation de 4 millions $ de son budget annuel dédié aux initiatives de sécurité routière et qu’on y prévoit déjà que toute nouvelle rue résidentielle et celles qui font l’objet de travaux verront leur limite de vitesse réduite à 30 km/h, dans un effort pour lutter contre les comportements imprudents d’automobilistes.

Le directeur de la circulation à Ottawa, Phil Landry, a par ailleurs indiqué mercredi que la réduction de la vitesse est d’abord et avant tout une question de design des artères. « Installer uniquement un panneau indiquant une nouvelle limite de vitesse ne fera pas une différence significative », a-t-il indiqué au Comité.

Les initiatives pour protéger les usagers de la route vulnérables — les motocyclistes, les cyclistes et les piétons, notamment — seront priorisées dans le cadre du PAMSR, tout comme l’amélioration de la signalisation sur les routes des secteurs ruraux où on observe un taux plus important d’accidents avec morts ou blessés graves.