Le chef Kim Ayotte, le maire Jim Watson et la députée Mona Fortier

Un curriculum 2.0 pour lutter contre le feu

Des pompiers de partout sur le globe pourront bientôt acquérir leurs compétences grâce à un nouveau curriculum international rédigé à l'initiative du Service des incendies d'Ottawa (SIO).
Le projet, baptisé « De la connaissance à la pratique », est une façon de moderniser l'approche du travail des pompiers au 21e siècle dans le but de les aider à accomplir leurs fonctions quotidiennes de la manière la plus sécuritaire qui soit. 
L'initiative, qui a nécessité trois années d'étude et d'analyse, était pilotée par le SIO de concert avec le Conseil national de recherches du Canada, le Département de la Sécurité intérieure des États-Unis, ainsi que les services d'incendie des villes de Montréal, Calgary, Halifax et New York. Des experts en lutte contre les incendies de 13 autres pays ont également participé à l'élaboration de ce nouveau programme de formation. L'Australie, l'Espagne, les États-Unis, la France et la Suède sont entre autres du lot.
Le projet de curriculum version 2.0 a permis de mettre au point une série de techniques qui, une fois déployées, permettront aux pompiers d'être mieux protégés contre des blessures sur les lieux d'un brasier et contre l'exposition à long terme aux contaminants à la suite de l'intervention. Diverses connaissances scientifiques sur les incendies ont été intégrées aux opérations de lutte contre ceux-ci. 
« Ce qui change, concrètement, c'est qu'on présentera de nouvelles méthodes utilisant la science afin de combattre les feux. [...] Avec le matériel de construction d'aujourd'hui, c'est très différent au niveau de la lutte contre les incendies. Dans le passé, on pouvait avoir un délai de 10 minutes entre le début du feu, que la personne sorte des lieux et que les pompiers arrivent pour l'éteindre. Aujourd'hui, nous en sommes rendus à deux minutes. Il y a plus de matériaux combustibles, ça brûle beaucoup plus vite. Ce n'est pas pour rien que l'on dit aux gens d'avoir des détecteurs de fumée, un plan d'évacuation, etc. 
Ces nouveaux outils-là nous permettent de mieux protéger nos pompiers, mais également le public », de dire le chef par intérim du SIO, Kim Ayotte. 
Les services d'incendie d'un bout à l'autre du monde qui souhaiteront avoir recours à ce nouveau curriculum bilingue pourront le faire en le téléchargeant via le web. Certains éléments du programme de formation seront intégrés aux normes de l'Association nationale de protection contre les incendies, lesquelles s'avèrent une référence partout sur la planète. 
La formation sera donnée dès la semaine prochaine aux quelque 1500 pompiers de la capitale fédérale, un processus qui pourrait s'étaler jusqu'en 2019.  
L'initiative a été financée par le biais du Programme canadien pour la sûreté et la sécurité du ministère de la Défense nationale.