Il sera possible dès l’été 2019 de déposer dans les bacs de compostage des sacs de plastique contenant des résidus alimentaires ou encore des excréments de chiens.

Un contrat modifié avec Orgaworld

Malgré les réticences exprimées par certains élus et citoyens, la Ville d’Ottawa ira de l’avant avec la signature d’un nouveau contrat avec Orgaworld. En vertu de celui-ci, il sera possible dès l’été 2019 de déposer dans les bacs de compostage des sacs de plastique contenant des résidus alimentaires ou encore des excréments de chiens.

Avec une telle mesure, la Ville se dit confiante de faire augmenter le niveau de participation des citoyens au Programme des bacs verts, lequel est somme toute assez faible à l’heure actuelle, se chiffrant autour de 40 %. On prédit que le taux de réacheminement des matières organiques bondira à 63 % d’ici cinq ans.

Cet assouplissement au programme de compostage se traduira, rappelons-le, par une facture supplémentaire de 625 000 $, soit 0,15 $ par mois pour chaque foyer, estime la Ville.

Celle-ci soutient que le réacheminement d’une plus grande quantité de déchets organiques permettra, au bout du compte, de prolonger la durée de vie du site d’enfouissement du chemin Trail, dont la fermeture est projetée en 2043.

Ces modifications au contrat qui viendra à échéance dans 12 ans sont satisfaisantes même si rien n’est parfait, ont estimé la majorité des élus du conseil mercredi. La résolution a été adoptée à 19 voix contre 3.

Selon le président du Comité de l’environnement, David Chernushenko, il s’agit d’un très bon compromis, lui qui rappelle que ce n’est pas demain la veille que l’on règlera la question de l’utilisation des sacs de plastique.

« On a beau penser que si les gens sont assez sensibilisés, ils deviendront de parfaits citoyens écologiques, on doit reconnaître qu’il y a parfois des obstacles à la participation. Et je pense que de se retrancher dans une position trop rigide ne nous mènera nulle part. Il n’y a rien dans cette nouvelle approche qui va inciter les gens à utiliser et jeter plus de plastique qu’auparavant », a-t-il dit, ajoutant que les contribuables récalcitrants n’auront plus d’excuses.

De son côté, Jeff Leiper s’est opposé à ce nouveau contrat, persistant à dire que les sacs de plastique n’ont pas leur place dans les bacs verts.

« J’espère que nous aurons très bientôt une discussion sérieuse sur notre stratégie, il y a peut-être des mesures plus efficaces pour augmenter notre taux de détournement. Nous voulons nous débarrasser des sacs de plastique dans nos déchets, c’est un but ultime », a-t-il commenté.

Quant au maire Jim Watson, il a indiqué que le statu quo était loin d’être souhaitable et que les citoyens en auront pour leur argent avec ce nouveau contrat, qui permet du même coup à Ottawa et Orgaworld d’enterrer la hache de guerre.

Depuis son instauration en 2010, le Programme de bacs verts a permis de réorienter environ 533 000 tonnes de matières organiques.

Le contrat renégocié avec Orgaworld doit être signé en mai.