Le collège La Cité s’est réjoui des termes de la nouvelle entente, affirmant que le tout correspond aux propositions que l’employeur avait faites avant le déclenchement de la grève.

Un contrat de travail en vigueur jusqu’en 2021

Un mois après le retour au travail forcé du personnel scolaire des 24 collèges publics ontariens, qui a débrayé durant cinq semaines, la décision arbitrale qui servira de nouvelle convention collective est tombée mercredi.

Dans un document de 18 pages préparé à la suite de séances de médiation et d’arbitrage qui ont eu lieu dans les derniers jours en présence du Conseil des employeurs des collèges et du Syndicat des employés de la fonction publique de l’Ontario (SEFPO), l’arbitre William Kaplan a tranché dans le différend qui opposait les deux parties depuis plusieurs mois. 

Le nouveau contrat de travail des 12 000 employés, dont ceux de La Cité et du Collège Algonquin, sera d’une durée de quatre ans et s’échelonnera jusqu’au 30 septembre 2021. 

Hausse de salaire

L’entente prévoit entre autres une hausse salariale de 7,75 %, soit 1,75 % pour la prochaine année (rétroactif au 1er octobre dernier) ainsi que 2 % pour chaque année subséquente. 

L’arbitre a aussi annoncé la suppression de tous les griefs, les plaintes et les réclamations du personnel scolaire qui ont été déposés relativement au retour au travail. En échange, un montant forfaitaire de 900 $ sera versé au personnel scolaire à temps plein alors que le personnel à charge partielle recevra une somme de 450 $. 

Le collège La Cité s’est réjoui des termes de la nouvelle entente, affirmant que le tout correspond aux propositions que l’employeur avait faites avant le déclenchement de la grève.

« Nous avons obtenu une décision raisonnable qui répond aux intérêts de toutes les parties. La décision de l’arbitre préserve la capacité des collèges de tenir compte des besoins économiques locaux de façon opportune et souple. [...] La grève a été une expérience difficile pour les étudiants et toutes les personnes touchées », de dire la présidente de l’établissement, Lise Bourgeois, qui espère que les relations de travail seront plus cordiales dans le futur.  

« Un petit effort »

Pour sa part, le syndicat affirme qu’un tel contrat de travail aurait pu être négocié il y a longtemps si les collèges avaient fait preuve « d’un minimum de considération » pour les étudiants et les employés durant les négociations. 

« Si les collèges avaient fait un tout petit effort pour coopérer, on aurait évité la grève, les étudiants n’auraient jamais eu à craindre de perdre leur semestre et les membres du personnel scolaire n’auraient pas perdu cinq semaines de rémunération », a indiqué la présidente de l’équipe de négociation, JP Hornick.

Le SEFPO ajoute que l’employeur aurait pu négocier un accord dès l’été dernier, mais qu’il a plutôt choisi de « laisser la grève se produire, puis l’a prolongée de deux semaines en organisant un scrutin inutile sur son offre finale, qui n’avait aucune chance de mener à un règlement. »

Malgré tout, le syndicat est heureux de voir que la décision comprend un libellé sur la liberté académique, lequel permettra maintenant au personnel scolaire « de s’exprimer librement sur les questions scolaires sans crainte de représailles ». 

La sécurité d’emploi sera aussi améliorée pour le personnel à charge partielle, précise-t-il. 

La grève, qui s’est étalée du 16 octobre au 19 novembre dernier, a été la plus longue de l’histoire des collèges ontariens. 

Le conflit a pris la fin après l’adoption d’une loi spéciale.