En date de janvier, 1024 agents actifs sur un effectif total de 1369 possèdent un certain niveau de bilinguisme.

Trois agents sur quatre en mesure de parler français

Le Service de police d’Ottawa (SPO) a beau ne pas être assujetti au projet de loi sur le bilinguisme dans la capitale adopté en décembre à Queen’s Park, le chef Charles Bordeleau assure que tous les efforts sont faits pour que le plus d’agents possible soient en mesure de s’exprimer dans la langue de Molière.

« On continue toujours de regarder la langue quand on fait nos embauches. On s’assure le plus possible que les personnes soient en mesure de parler en français et en anglais. On continue aussi de s’assurer que le service en français soit offert quand quelqu’un en fait la demande, mais il n’y a pas de gros changements au point de vue politique à prévoir au Service de police d’Ottawa », soutient le chef de police en poste depuis six ans.

Les plus récentes données disponibles indiquent que trois policiers sur quatre (74 %) à Ottawa sont en mesure de s’exprimer en français, ne serait-ce que minimalement. En effet, en date de janvier, 1024 agents actifs sur un effectif total de 1369 possèdent un certain niveau de bilinguisme, leur maîtrise de la langue variant du français fondamental au français avancé, selon les chiffres fournis au Droit.


«  On comprend l’importance d’offrir un service francophone dans la communauté.  »
Le chef Charles Bordeleau

Le SPO précise toutefois que ces statistiques sont recueillies à l’embauche et ne sont fournies que sur une base purement volontaire. Le niveau de maîtrise du français des policiers n’est pas évalué par l’employeur.

D’autre part, une proportion de 18 % des agents (251) est unilingue anglophone ou ne s’exprime qu’en anglais ainsi que dans d’autres langues.

Si quelqu’un fait appel à la police et que l’agent déployé sur place ne s’exprime ni ne comprend le français, M. Bordeleau affirme que plusieurs avenues sont possibles, étant donné que les pratiques veulent qu’il n’y ait qu’un seul agent par autopatrouille. Par exemple, on peut demander de l’aide à un autre collègue dans la mesure du possible ou encore un agent du centre d’appels peut faire la traduction.

« On comprend l’importance d’offrir un service francophone dans la communauté. Il y a certaines sections du Service de police d’Ottawa qui sont bilingues. Tous nos postes de répartiteurs au 9-1-1 et au centre d’appels non-urgent sont désignés comme bilingues », de dire M. Bordeleau.

Questionné à savoir si le bilinguisme devrait être un critère d’embauche obligatoire, le chef s’est contenté de dire que c’est un atout « que nous recherchons toujours et qui peut parfois faire la différence avec une personne unilingue », ajoutant que dans certains postes, comme les répartiteurs, il s’agit d’un critère absolu.