OC Transpo indique que les problèmes du train léger depuis son lancement touchent principalement quatre aspects de l’O-Train. Lors des auditions de la commission du transport de la Ville d’Ottawa, le directeur général de la Ville, Steve Kanellakos, n’a pas mâché ses mots envers le responsable de l’entretien du système de transport en commun.

Train léger: le directeur général d’Ottawa blâme RTG

Le directeur général de la Ville d’Ottawa, Steve Kanellakos, a exceptionnellement pris la parole dans le dossier de l’O-Train pour dénoncer le service rendu par les responsables de l’entretien du système de transport en commun.

«On n’a pas reçu ce pour quoi on a payé», a indiqué candidement M. Kanellakos devant la Commission des transports en commun.

Le directeur général d’OC Transport, John Manconi, est généralement le porte-parole dans ce dossier. M. Kanellakos a insisté sur les pénalités imposées la semaine dernière à Rideau Transit Maintenance (RTM), une filiale du consortium Groupe de transport Rideau (RTG).

Un montant de 2,8 millions $ a été retenu du paiement mensuel — entre 4 et 5 millions $ — effectué à RTM pour l’entretien de l’O-Train en septembre, puis 4 millions $ en octobre. Steve Kanellakos soutient que RTM a «mal planifié» son service en plus d’avoir déployé un nombre insuffisant d’employés sur le terrain.

M. Manconi a renchéri sur les propos du directeur général de la Ville en affirmant que «le système n’est tout simplement pas à la hauteur» et en invitant les dirigeants de RTG à «prendre leurs responsabilités immédiatement».

RTM est responsable de l’entretien de l’O-Train pour une durée de 30 ans, un «contrat lucratif», souligne John Manconi. Un montant total entre 1,44 et 1,8 milliard $ au bout de ces trois décennies, si aucun montant n’est retenu comme ce fût le cas pour le mois d’octobre 2019.

Questionné par le conseiller de Rideau-Rockcliffe, Rawlson King, M. Manconi a reconnu que RTG n’a pas été en mesure de dire combien de temps il faudra avant de corriger l’ensemble des pépins du train léger.

Steve Kanellakos, directeur général de la Ville d'Ottawa

Problèmes récurrents

OC Transpo indique que les problèmes du train léger depuis son lancement touchent principalement quatre aspects de l’O-Train.

On retrouve évidemment dans cette liste les désormais célèbres problèmes de portes, mais aussi deux enjeux informatiques. L’ordinateur qui surveille tous les systèmes du train — du système de chauffage à l’éclairage, en passant par les freins — et qui alerte le chauffeur lorsqu’un problème survient est le premier à connaître des difficultés.

Le second est l’ordinateur de bord qui assure la communication entre le train et le système de signalisation qui permet, par exemple, au train de freiner au bon moment à l’approche d’une station.

«Alstom [le fournisseur de train] utilise cette technologie ailleurs dans le monde et ça fonctionne très bien. Je suis convaincu qu’ils vont régler ces problèmes informatiques bientôt», affirme John Manconi.

Le système d’aiguillage — qui permet au train de passer d’une voie à l’autre — fonctionne aussi mal. Il doit être verrouillé pour permettre la circulation des wagons et le verrouillage doit être confirmé électroniquement au centre d’opérations d’OC Transpo.

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Gel des tarifs pour les plus démunis

Le souhait de certains élus et usagers du transport en commun de geler les tarifs d’OC Transpo en 2020 en raison des problèmes de l’O-Train a été partiellement exaucé mercredi.

Les tarifs d’OC Transpo vont augmenter en moyenne de 2,5 % à compter du 1er janvier à l’exception des forfaits destinés aux plus démunis — le rabais communautaire par trajet et l’EquiPass — dont les coûts demeureront inchangés.

«La priorité est d’aider les gens en situation de pauvreté, mais on ne peut pas geler l’ensemble des tarifs. On a besoin d’argent pour améliorer le service», indique le maire d’Ottawa, Jim Watson.

La hausse des tarifs entraînera des revenus supplémentaires de 5,1 millions $, si les prévisions de la Ville pour le nombre d’usagers du transport en commun pour l’an prochain sont exactes.

Dans son budget provisoire, la Ville d’Ottawa octroierait 7,5 millions $ supplémentaires en 2020 pour financer les ajouts au service d’autobus, tel qu’annoncé par M. Watson la semaine dernière.

Le directeur général d’OC Transpo, John Manconi, a indiqué durant la réunion de la Commission du transport en commun que la réussite de cet investissement est toutefois directement lié au travail de RTG et de RTM sur l’O-Train.

«C’est plutôt simple, si le train ne fonctionne pas, ça provoque des retards sur notre réseau d’autobus. C’est un système intégré, multimodal», résume M. Manconi.