La tornade a causé d'importants dégâts à Orléans.

Tornade à Ottawa: «Tout volait dans les airs»

Louise et Maurice Tremblay pensaient déguster paisiblement dans le confort de leur maison des mets chinois préparés par l’un de leurs restaurants favoris du quartier Orléans, dimanche soir. Or, l’imprévisible dame Nature en a décidé autrement pour le couple qui réside depuis 40 ans sur la rue Rosemary Gardens.

La tornade qui a frappé le secteur est passée dans le parc derrière leur demeure et tout balayé sur son passage, arrachant arbres matures, faisant tomber des clôtures et arrachant des portions de toitures, par exemple.

«Ma femme a tout juste eu le temps de revenir du restaurant et de mettre le sac sur le comptoir, on était dans la cuisine. Tout d’un coup, ç’a commencé et ça n’a pas de saint bon sens à quel point c’était vite. Je n’ai même pas eu le temps d’essayer de placer des choses sur le patio. Tout volait dans les airs, ça frappait les murs. C’est le genre d’affaires qu’on ne voit qu’aux États-Unis. C’était comme un aspirateur, tout tournait à l’envers», a raconté d’emblée M. Tremblay, âgé de 79 ans.

Maurice Tremblay constate les dégâts après le passage de la tornade à Orléans.

Non seulement leur maison a subi des dommages en raison de l’intensité des vents et des débris, mais leur véhicule aussi. C’est sans compter leur terrasse extérieure, le BBQ qui a été projeté à plusieurs mètres et un auvent qui a été brisé. Les gros arbres qui trônent dans la cour arrière ont quant à eux résisté, à leur grand soulagement, car la situation aurait pu s’avérer plus dramatique. Mais ils ont pendant un moment cru qu’ils ne résisteraient pas aux aléas de la météo.

«Moi, je n’ai pas eu peur, mais ma femme, oui. Elle tremblait comme une feuille», s’est exclamé l’homme.

Son épouse avoue ne pas avoir dormi de la nuit.

Louise Tremblay constate les dégâts sur son terrain.

«Tu as pitié pour les gens qui vivent cela, quand tu le vois à la télé. Mais tu ne réalises pas ce que c’est jusqu’à ce que ce soit toi-même qui sois dans une telle situation. Je ne savais pas comment je réagirais devant une chose comme celle-ci, même si j’ai été habituée à régler des situations d’urgence dans ma vie», de dire l’infirmière à la retraite, avant d’essuyer quelques larmes sur ses joues.

Quelques rues plus loin, sur la voie Singleton, la tornade n’a épargné à peu près aucune résidence.

Mara Elford, résidente de l’endroit depuis le début des années 80, est encore stupéfaite.

«Je regardais par la fenêtre et j’ai dit à mon conjoint : je vais commencer à préparer le souper. Et j’ai alors vu un trampoline voler dans les airs. Personne ne savait même d’où ça venait. C’est alors que ma fille, qui était au deuxième étage, a ensuite crié : c’est une tornade. Nous avons couru pour nous réfugier au sous-sol. Trois ou quatre minutes plus tard, on était de retour au rez-de-chaussée. Notre cour arrière est un désastre. En sortant à l’extérieur, tout le voisinage était sous le choc», affirme-t-elle.

Préoccupée par les changements climatiques, citant en exemple le maximum de huit degrés atteint lundi, l’Ottavienne raconte s’être demandé pendant deux secondes si elle était dans le bon pays, comparant le bruit produit par la tornade à celle d’un train.

«C’était vraiment épeurant», conclut-elle.