L'ex-ministre libérale, Claudette Bradshaw, en compagnie d'un des des organisateurs du symposium, Denis Labossière

Symposium sur l'itinérance à Ottawa: réfléchir à une avenue gagnante

Tout le monde sans exception a le droit d'avoir un toit au-dessus de la tête. Le message lancé par la centaine de citoyens, élus et acteurs du milieu communautaire réunis mardi à Ottawa pour un symposium sur l'itinérance était unanime. Là où les opinions divergent, c'est au sujet des stratégies à adopter pour y parvenir.
L'événement se déroulait au Centre communautaire Richelieu-Vanier avec comme prémisse, la populaire approche Logement d'abord, adoptée par plusieurs villes du globe et développée dans les années 1990 aux États-Unis. Cette dernière consiste à fournir rapidement un logis permanent aux personnes vivant une situation d'itinérance afin de les aider à sortir de la rue ou des refuges d'urgence.
La porte-parole du NPD en matière de logement, Marjolaine Boutin-Sweet, estime que le début d'une solution passe assurément par l'adoption d'une stratégie globale sur le logement, le Canada étant le seul pays du G7 à ne pas en avoir. 
« Ce qu'on aimerait voir dans une stratégie, c'est premièrement le droit au logement, mais aussi des mesures de prévention. Il ne faut pas juste rapiécer les bobos, il faut les prévenir. Il faut aussi que ce soit assez flexible pour répondre à des besoins différents d'une région à l'autre. Le principe Logement d'abord fonctionne très bien pour certains groupes de la population, mais pour d'autres, ça prend autre chose. De plus, le financement doit être adéquat et stable », a-t-elle noté.
Le député libéral Dan Vandal a quant à lui rappelé qu'un logement convenable n'est pas un luxe, mais une nécessité pour tous, précisant que le gouvernement Trudeau prévoit investir 11 milliards $ sur une période de 11 ans pour la construction et la rénovation de logements sociaux. Du même coup, il a rappelé qu'entre 135 000 et 155 000 personnes séjournent dans des refuges d'urgence bon an mal an au pays.
Un modèle à suivre
L'ancienne ministre fédérale Claudette Bradshaw, qui a créé le projet Chez soi, une étude pancanadienne sur l'itinérance et la maladie mentale déployée simultanément dans plusieurs villes canadiennes y compris son patelin Moncton, a été invitée pour parler du succès incontesté qu'a connu son initiative basée sur le principe Logement d'abord. Les statistiques sont révélatrices : 80 % des participants, soit d'anciens itinérants et des gens aux prises avec des problèmes de santé mentale, habitent toujours dans un logis deux ans après la fin du projet, qui a bénéficié d'un financement de 110 millions $.
« On a développé des logements avec un service de support. De mon côté, j'avais une équipe de dix personnes, dont une économiste familiale, un psychologue, un psychiatre, un travailleur social, un médecin, une infirmière, etc. Une fois que les gens étaient acceptés pour obtenir un appartement, ils devaient nous remettre 30 % de leurs revenus. Et tous les professionnels allaient les visiter à la maison, ils n'avaient pas besoin de se déplacer. Ces gens-là ne se sentaient pas seuls », a lancé Mme Bradshaw, déplorant que l'on dépeigne souvent à tort les sans-abris comme des « drogués ». 
Parmi les autres conférenciers ayant pris la parole lors du colloque, mentionnons le sénateur libéral Art Eggleton, l'économiste et ex-directeur parlementaire du budget, Kevin Page, ainsi que de nombreux professeurs et chercheurs.