Le conseiller Mathieu Fleury est d'avis qu'un changement aux règles d'urbanisme pourrait régler le problème de la prolifération des immeubles transformés en dortoirs pour étudiants.

Solution prochaine aux dortoirs de la Côte-de-Sable?

Telle une maladie virale pour laquelle les médecins élaborent un vaccin, l'épidémie de nouveaux dortoirs pour étudiants dans le quartier Côte-de-Sable, à Ottawa, est en voie d'être contrôlée, assure le conseiller de Rideau-Vanier, Mathieu Fleury.
Depuis quelques années déjà, les citoyens de la Côte-de-Sable assistent impuissants à la prolifération d'immeubles transformés en dortoirs. Un autre cas s'est retrouvé sous les projecteurs, mardi, alors qu'une demande pour la construction d'un nouvel immeuble au 70, avenue Russell était à l'ordre du jour du comité de l'urbanisme de la Ville d'Ottawa.
L'entreprise TC United souhaite démolir la maison qui se trouve à cette adresse pour construire un immeuble avec quatre unités de logement, pour un total de 21 chambres.
Selon Mathieu Fleury, il s'agit très clairement d'un dortoir dans sa forme classique : plusieurs chambreurs qui partagent une cuisine et une salle de bain. Le conseiller municipal estime que ces aménagements sont bien souvent le théâtre de scènes d'insalubrité ou de fêtes dérangeantes pour le voisinage.
« Qui est responsable des déchets ? De la vaisselle sale ? S'il y a une plainte pour le bruit, qui est responsable ? » demande M. Fleury. « On ne veut pas que les étudiants aient à vivre dans ce type d'environnement. »
Ces dortoirs ne sont pas illégaux en soi, mais sont soumis à une réglementation stricte et sont généralement prévus pour accueillir des personnes vulnérables. Santé publique Ottawa et le Service des incendies d'Ottawa doivent y effectuer des inspections régulières et l'octroi d'un permis doit être approuvé par le conseil municipal.
Au 70, avenue Russell - comme c'est souvent le cas dans les bâtiments semblables de la Côte-de-Sable -, la construction d'un dortoir nécessiterait un changement de zonage, en plus de forcer le promoteur à débourser des milliers de dollars supplémentaires. Mathieu Fleury soutient que les gestionnaires de tels immeubles locatifs préfèrent opérer en catimini de façon à respecter les balises établies par la réglementation municipale.
Pour contrer ce phénomène, M. Fleury affirme qu'une révision des règles pourrait être proposée dès l'automne. On pourrait, par exemple, limiter le nombre de chambres permises par unité pour qu'un bâtiment soit considéré comme un bloc d'appartements, dit-il.
Le comité de l'urbanisme se trouvait devant un important dilemme, mardi, alors qu'un refus de donner l'aval au projet de TC United exposait assurément la Ville à une poursuite, puisqu'il respecte les règles. Mathieu Fleury a toutefois, à la dernière minute, retiré sa requête demandant au comité de se prononcer, laissant ainsi le soin à l'administration de gérer le dossier en fonction des règles établies.
Le conseiller de Rideau-Vanier soutient qu'il s'agissait de son intention depuis le départ. Il souhaitait que le débat soit mis sur la place publique tout en évitant de contraindre ses collègues du conseil municipal à appuyer une résolution difficile à défendre.
« Ça enverrait le mauvais message. En tant que conseil, on ne veut pas donner notre appui à ce type de projet ».