Les rails du train léger resteront déserts jusqu’en novembre prochain.

Six mois de retard pour le train léger

Les citoyens qui espéraient monter à bord de l’une des 34 voitures du train léger d’Ottawa dès la fin du printemps devront visiblement prendre leur mal en patience. Sa mise en service n’aura finalement pas lieu avant la fin du mois de novembre, soit six mois plus tard que le prévoyait l’échéancier initial.

Quant à la date de mise en disponibilité du service payant, c’est-à-dire la date où la Ville d’Ottawa pourra prendre officiellement possession des infrastructures de la Ligne de la Confédération, elle a été fixée au vendredi 2 novembre par le consortium Groupe de transport Rideau (RTG).

La date ciblée dès le départ était le 24 mai, mais les deux parties avaient annoncé lors d’une mise à jour à la mi-décembre qu’un retard était anticipé pour le projet de 2,1 milliards $. La Ville avait alors exigé que RTG lui fournisse un nouveau calendrier détaillé dans les plus brefs délais, question de minimiser les retards de livraison pour ce tracé de 12,5 km de la station Blair, à l’est, jusqu’à la station pré-Tunney, à l’ouest.

Le consortium s’était par la suite engagé à donner un nouvel échéancier le 24 janvier, avant de demander un nouveau sursis de deux semaines. Le nouveau calendrier a été révélé mardi en marge de la réunion du Comité des finances et du développement économique.

Le trou béant qui s’est formé en juin 2016 à la suite d’un affaissement de chaussée sur la rue Rideau est l’une des causes pointées du doigt pour le retard dans les travaux.

Affirmant malgré tout que l’entrepreneur devra « veiller à ce que tout soit parfait » le 2 novembre, le directeur des Services du transport en commun, John Manconi, n’a pas voulu jeter la pierre à RTG pour sa gestion des incidents qui ont perturbé le chantier du tunnel du train léger au centre-ville.

« Le travail qui a été fait pour remettre en état la rue Rideau est vraiment un exploit. Je sais qu’ils ne craignaient pas un retard au moment des faits. Ils ont payé pour les travaux et ont assumé les risques. Vu l’ampleur du cratère, je ne suis pas étonné que ça ait eu des répercussions sur le calendrier », a-t-il dit.

Tous les frais directs engendrés par ce délai supplémentaire de six mois seront absorbés par RTG, ont dit le maire Jim Watson, le directeur général de la Ville, Steve Kanellakos, et M. Manconi. Ils ont maintes fois répété qu’il est hors de question que les contribuables paient la moindre facture que ce soit.

La pénalité d’un million $ prévue au contrat pour tout retard dans la livraison du projet ne sera pas imposée au consortium, l’entente stipulant que l’entrepreneur peut fournir un préavis et demander un changement à l’échéancier. Quelques élus dont Diane Deans et Tobi Nussbaum ont remis en question cette façon de procéder, jugeant que le contrat était à date fixe.

M. Watson, qui affirmait pas plus tard que le mois dernier dans les pages du Droit qu’il ignorait quand les passagers pourraient monter à bord du train léger, mais que « certainement que ce sera avant les élections (prévues le 22 octobre) », a donc dû se raviser.

« La réalité est qu’avec un aussi complexe et imposant projet, vous ne réussirez jamais à respecter une date fixée il y a sept ans. On sait qu’il y a toujours des imprévus. [...] Je suis satisfait, car je pense que la date du 2 novembre est plus réaliste. Elle a été vérifiée et confirmée par des professionnels. Ce sera un moment important dans l’histoire de notre ville », a lancé le maire.

Ce n’est qu’à l’automne que l’on connaîtra la date exacte d’entrée en service pour les usagers, puisque divers tests de sécurité et des systèmes devront être effectués dans les mois à venir. Au final, un vérificateur indépendant devra donner son approbation.

« Si je peux faire un parallèle, c’est un peu comme lorsqu’on obtient les clés d’une maison. Ce n’est pas dans l’heure qui suit qu’on emménage. On vérifie les pièces, on pense à l’endroit où on mettra les meubles, etc. La sécurité est primordiale, nous ne céderons rien là-dessus. Et nous avons été très clairs avec RTG. Nous ne voulons pas un système qui est presque prêt, on en veut un qui est pleinement opérationnel », a indiqué M. Manconi.

Selon ce dernier, rien n’indique pour l’instant que ce retard aura des répercussions directes sur les travaux de construction de la phase 2 du train léger, lesquels doivent s’amorcer en 2019.

À sa mise en service, le O-Train sera le train léger ayant le plus fort achalandage à travers l’Amérique du Nord, avec près de 11 000 passagers par heure dans chaque direction aux heures de pointe.